‹ La Seine (volume 2)Chapitre 32 sur 74 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Quoique les sablières de Paris soient les plus riches du bassin de la Seine, ou plutôt quoiqu'on y ait trouvé beaucoup plus d'objets qu'ailleurs, parce qu'elles ont été beaucoup plus exploitées, cependant on a vu, dans la quatrième partie du texte, que tous les grands mammifères de l'époque quaternaire n'y sont pas représentés. Je citerai notamment l'ovibos musqué, l'éléphant méridional, l'ours des cavernes, etc. J'ai donc dû compléter le volume des planches, en ce qui concerne l'époque quaternaire, en ajoutant à la faune parisienne les figures des pièces les plus intéressantes trouvées en d'autres points du bassin de la Seine.

OVIBOS MOSCHATUS (de Blainville). — OVIBOS MUSQUÉ, vulgairement Boeuf musqué.

Précy ; vallée de l'Oise : bas niveaux.

(Planche 29.)

Ce fragment de tête d'ovibos musqué est une des pièces les plus intéressantes de la collection de la Ville. J'ai dit (86) qu'il avait été découvert par M. le docteur Robert, dans les anciens graviers de l'Oise, à Précy, à 2 mètres de profondeur; le dépôt caillouteux est recouvert, en cet endroit, par 3 ou k mètres de limon argilo-sableux. On a recueilli, dans la même sablière, une défense d'éléphant.

On a longtemps hésité sur le groupe auquel appartient ce ruminant, qui est encore désigné sous le nom impropre de bœuf musqué. Nous empruntons les renseignement qui suivent à un excellent travail de M. Ed. Lartet (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 27 juin 18G/1).

L'ovibos musqué est plus connu sous le nom de bœuf musqué de l'Amérique du Nord, et a d'abord été désigné sous le nom de Bos moschatus; Cuvier l'a nommé parfois buffle musqué; Blainville, se basant sur la petitesse des oreilles et des yeux, la position reculée de ces derniers, la forme allongée du chanfrin busqué et l'absence de mufle, a pensé qu'il ressemblait [tins à un gros mouton qu'à un bœuf, et a proposé la désignation générique d'ovibos. Richard Owen protesta contre cette nouvelle dénomination, et, se basant sur l'analogie de l'expansion basilaire des cornes d'ovibos avec celle que l'on observe sur le buffle du Cap, il le désigna sous le nom de Bubalus moschatus. M. Lartet a fait remarquer que c'était un caractère superficiel; que le noyau osseux des cornes de l'ovibos, au lieu d'être relluleux dans toute son étendue comme chez les bœufs, présentait au contraire, à l'in-

La Skine. — Paléontologie. y

teneur, un (issu spongieux avec simple cavité à la base comme chez les moutons. En outre, les vraies molaires de l'ovibos ressemblent plus à celles des moutons qu'aux molaires des bœufs; elles n'ont pas, comme chez ces derniers, cette colonnette d'émail qui existe constamment entre leurs doubles lobes. M. Lartct a su interpréter si habilement ces caractères de dentition, qu'il a pu annoncer, dès i85c), la présence de YOvibos moschatus dans nos terrains quaternaires, d'après l'étude d'une seule molaire trouvée à Viry-Noureuil.prèsChauny, par M. l'abbé Lambert. Cette annonce a été bientôt confirmée par la découverte de la tète que nous reproduisons ici.

L'ovibos est encore séparé du bœuf par l'extrême brièveté de la queue et la réduction des mamelles à une seule paire. On n'a trouvé en Europe qu'un petit nombre de débris appartenant à ce ruminant, qui est maintenant retiré dans l'Amérique du Nord au delà du Go degré de latitude. Sa présence, avec la marmotte et le renne, dans les anciens graviers de nos rivières, est donc un des indices les plus intéressants du climat de cette époque.

Pour ce qui concerne le crâne en question, voici la description de M. Lartet :

«On verra sur ce beau morceau. . . qu'une fracture transverse entre les cornes restées «en place et les orbites en a détaché la partie antérieure de la face. En arrière des cornes, «la pièce est simplement désarticulée sur la ligne de suture qui unit l'occipital aux parié- Maux. Ceux-ci se trouvent, dans l'ovibos comme chez le mouton, reportés tout entiers en «avant de la crête occipitale et sur le plan coronal de la tête. Au milieu de la ceinture «pariétale supérieure se montre une dépression arrondie et assez profonde qui, jusqu'à «présent, n'avait pas été signalée, cette partie étant le plus souvent recouverte par la «grande dilatation basilaire des cornes. Celles-ci, dans le cas présent, témoignent, par le «grand écartement de leurs bases, que ce crâne a appartenu à un individu femelle non • complètement adulte, à en juger aussi par la persistance très manifeste des sutures. Dans «les deux sections opposées de ce morceau, on peut vérifier la grande épaisseur et la soli- «dité de la voûte crânienne, caractéristique pour ce genre de ruminants, chez lesquels les " luttes individuelles se font peut-être à la manière des moutons. Sur les côtés et en dessous, «il n'y a de conservés que les prolongements des pariétaux, les temporaux et le sphénoïde «postérieur déjà soudé au basilaire. La cassure qui s'est produite vers la pointe des corne-; «laisse apercevoir leur texture spongieuse, et, par un sondage fait à travers les sinus fronrctaux, on peut s'assurer qu'il existe à la base des cornes une cavité simple comme dans le «mouton. »

L'état incomplet du crâne qui vient d'être décrit s'oppose à ce que l'on puisse prendre plusieurs mesures importantes.

Distance minimum de la base d'un noyau osseux d'une corne à l'autre, mesurée à la partie supérieure du frontal. o'",oG8

Longueur des pariétaux o"\o5o

Épaisseur du frontal en avant et près de la suture bifrontale om,oin

Epaisseur maximum des pariétaux près de la suture lambdoïde o"',o-3o.

Distance du point le plus voisin de la base du noyau osseux à la suture bifrontale o'°,o3-2

Circonférence du noyau de la corne à 1 centimètre environ de la partie inférieure de son insertion sur le frontal om,i a5

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