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de limon assez épaisse, vers la rive du fleuve s moderne.
Il ri) a pas trace de tourbe.
Cette coupe justifie complètement ma classification des terrains de transport (23). Lorsque le fleuve coulait dans la partie AB de cet ancien lit, une couche de gravier en tapissait, le fond; c'est ce que j'ai appelé le gravier de fond. Puis, le fleuve ayant abaissé son niveau sur la rive gauche, alluvionna sur la rive droite, comblant la partie du lit qu'il abandonnait, de telle sorte que la berge, qui était d'abord au point A de la coupe, s'est rapprochée progressivement de la berge B de la rivière moderne; le gravier qui a rempli ainsi le lit abandonné est l'alluvion.
Au-dessus de l'ail uvion s'étend la couche de sables gras, puis la petite zone de cailloux non roulés, puis enfin la couche de limon rouge. Ces deux derniers dépôts se sont faits lorsque les graviers qu'ils recouvrent n'appartenaient plus au lit du fleuve; la coupe générale du lit ne permet pas d'en douter; ils sont donc les relais des eaux de débordement.
Toutes les sablières de Sablonville, Levallois et Clichy, sont ouvertes dans l'ancien lit des bas niveaux que représente cette coupe.
Aucun de ces dépôts n'a été formé par une invasion d'eau diluvienne qui aurait surmonté les plateaux du bassin de la Seine , ainsi que beaucoup de géologues l'admettent encore. Un tel phénomène n'aurait pu s'accomplir sans violence; le premier effet de cette violence se serait fait sentir au fond de la vallée, et aurait complètement détruit cet ancien lit fluviatile, si parfaitement conservé.
Si, par la pensée, on rétablit le fleuve de lâge de pierre dans son ancien lit, on voit, par la disposition de la ligne AGHCDE, qu'il a toujours été plus profond sur la rive concave (rive gauche) que sur la rive convexe. La rivière a donc toujours serré de près le coteau de la rive gauche, c'est-à-dire le coteau concave du grand tournant du bois de Boulogne, et le courant réfléchi a toujours apporté les alluvions sur la rive droite, c'est-à-dire au pied du coteau convexe. Le lit du fleuve moderne longe encore le coteau de la rive gauche, au lieu de se trouver au milieu de la coupe, comme cela a lieu habituellement lorsque la vallée est rectiligne.
La présence des ossements et des silex taillés, dans la couche de fond de la rive droite, prouve aussi que le fleuve s'est toujours porté vers la rive gauche. 11 est certain, en effet, que, si le fleuve avait divagué dans ce grand lit, il aurait bouleversé le gravier de fond et Fallu vion; les ossements et les silex ne se trouveraient plus, comme aujourd'hui, si régulièrement déposés dans le gravier de fond.
Le grand nombre des silex taillés, leur état de conservation, prouvent aussi
qu'ils n'ont pas été apportés par les eaux à la place qu'ils occupent aujourd'hui.
Nous reviendrons, dans la quatrième partie, sur celte question importante.
Les dispositions de cette coupe s'appliquent exactement à tous les tournants
dont j'ai donné rémunération (-1), et notamment à celui du Champ de Mars. La
coupe des graviers de la plaine de Grenelle est identiquement la même que celle de Levallois, en changeant les noms des rives et les altitudes.
Dans la basse Seine, à partir de Meulan, on trouve une couche de tourbe dans le dernier des grands lits, CDE (56).
Les mêmes faits se constatent dans la plupart des anciens graviers fluviatiles, où l'on trouve des silex taillés et des ossements, non seulement en France, mais encore en Angleterre, en Espagne, en Italie (1). Dans la plupart des cas, ces objets se trouvent dans les graviers de fond. L'alluvion qui recouvre ces graviers en est habituellement tout à fait dépourvue. Je dis habituellement, car, d'après la définition même de l'alluvion (2 3), il n'est pas impossible qu'elle renferme des ossements et des silex taillés; mais ces objets y sont raies.
C'est ce qui dislingue les terrains de transport des terrains stratifiés. Dans ces derniers, il y a réellement des fossiles caractéristiques des diverses couches, qu'on ne trouve jamais ni au-dessus ni au-dessous de ces ccuches.
Quoiqu'on trouve quelques ossements et quelques silex taillés jusque dans la partie supérieure des graviers, il n'en est pas moins certain que les restes des animaux et du travail de l'homme, dans les cours d'eau de l'âge de pierre, se rencontrent, comme cela doit être, surtout dans le gravier qui formait le fond du lit de ces rivières, et non dans l'alluvion qui a comblé ce lit lorsque le niveau de l'eau s'est abaissé.
A Sainl-Acheul, par exemple, l'examen des lieux ne laisse aucun doute. Les graviers ont été déposés au fond d'une petite anse, à une assez grande hauteur au-dessus du cours actuel de la Somme. Le cours d'eau a donc abaissé son lit, et, par conséquent, a dû combler avec des alluvions les parties qu'il abandonnait. On voit, en effet, dans les sablières que j'ai visitées, une couche de gravier de fond très déférente de l'alluvion qui la recouvre, et c'est dans cette couche de gravier de fond qu'on trouve ces haches en silex, répandues dans tous les graviers de la Picardie, que les travaux de M. Boucher de Perthes ont rendues si célèbres.
Cette ligne de séparation de l'alluvion, à Saint-Acheul, est un fait purement local; à Paris, il est absolument impossible de la trouver dans le plus grand nombre des sablières.
coupes 38. La coupe d'ensemble des graviers de Levallois ne donne pas le détail
des zones de sable et de gravier. Ouverte au milieu d'une rue étroite, encombrée d'étais, la tranchée de l'égout de la Bièvre n'était pas d'un accès commode. On s'est donc contenté de relever les limites supérieure et inférieure du terrain de transport, et de constater que tous les ossements et silex taillés qui ont été recueillis provenaient des graviers de fond.
1 M. Preslwich a constaté co fait dans la plupart des sablières d'Angleterre; M. de Verneuil. à Rome et à Madrid.
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Je dois donc donner, comme complément, les coupes de détail les plus intéressantes.
Le diagramme n° ai estime coupe de la sablière Tarsieux à Levallois, une des plus riches en ossements.
Cette coupe fait voir que ce point du lit du lleuve était le centre d'un tourbillon, lorsque se sont déposés les amas de sable et de gravier EFD. Ces bancs sont, en ellet, disposés en amandes; ils ont donc été amenés en masse, et dans une seule crue, par des eaux qui tourbillonnaient autour d'un axe vertical. La disposition des autres zones BCG prouve aussi qu'ils ont été transportés en masse. Les petites zones de gros sable G font très bien voir que ces sables n'ont pas voyagé par couches horizontales, mais par rides. (Expériences de Dubuat, 24.)
Le limon rouge A et la petite zone de gravier non roulé sur laquelle il repose ont été déposés par les eaux des débordements, lorsque la sablière ne faisait plus partie du lit (23-37).
La couche de sable gras C était trop imperméable pour que le limon rouge ait pu la traverser, après le retrait des crues; ce limon n'est donc pas disposé en dentelures, comme celui de l'avenue Daumesnil (28). 11 s'est étendu enlongues bandes, disposition que j'ai déjà fait remarquer dans les sablières de Montreuil (30), et qui est générale dans les anses et les tournants de la Seine, à Paris, ainsi que dans beaucoup d'autres rivières (36).
Cette sablière est une des plus riches en ossements; il est à remarquer que c'est souvent au centre des tourbillons qu'on fait les plus nombreuses découvertes.
La coupe suivante a été relevée également à Levallois, dans la carrière appartenant à M. Dehaynin.
On y trouve les mêmes faits caractéristiques que dans la coupe précédente; les graviers et les sables sont irrégulièrement disposés, tantôt en zones continues, tantôt en amas ayant la forme d'une amande; les sables gras forment la partie supérieure de l'alluvion, et ont empêché le limon rouge des débordements de pénétrer dans les couches de sable et de gravier déposées en dessous.
La petite couche de gravier des débordements manque dans cette coupe; fait sans importance.
La carrière Dehaynin présente une particularité qui doit appeler notre attention. Plusieurs zones ou amas de graviers du fond de la sablière sont imprégnés d'une poudre noirâtre. M. Reboux a reconnu que cette poussière était du peroxyde de manganèse. J'ai fait constater moi-même la présence du manganèse dans ces sables, au laboratoire de chimie de l'Ecole des ponts et chaussées.
M. le docteur Robert a constaté le premier, je crois, la présence du peroxyde de maganèse dans les terrains de transport de Paris; il en a découvert des traces dans les sablières de la rue de Charonne, et a trouvé une couche assez puissante de ce minerai sur le plateau de Bellevue, près de Sèvres.
Depuis, j'ai souvent reconnu cet oxyde métallique dans le terrain de transport, dans les graviers des hauts niveaux de la rue Monge, dans la sablière des bas niveaux de Saint-Maur, vallée de la Marne, et dans la carrière de cailloux de Malay-le-Vicomte, vallée de la Vanne, en amont de Sens.
Sablière Dehaynin, route de la Révolte, 221, village Levallois.
Echelle : 0,01.
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l&ûi^iii) -i
Limou | des débordements
Terrain végétal , aititnde34,9i.
'.^ Limon lin rouge
'. Sable grossier impur
( sable gras).
Gravier blanc.
ô, Sable grossier mêlé ii d'un peu de gra\ îer.
"• Sable lin blanc.
p% Gravier noirâtre nianganesifére Gravier très fin.
Sable Lu.
Z*^.\%îl Gravier et poudre noire, peroxyde de maoga nese.
— J Nappe d'eau.
Sur tous ces points, le peroxyde de manganèse se trouve dans le gravier de fond, excepté à Malay-le-Vicomte.
La coupe ci-dessous a été relevée dans la sablière de la rue Dupleix, à Grenelle.
DIAGRAMME NJ 2 3.
Sablière Heudebert, rue Dupleix, à Grenelle.
Echelle : 0,01.
vllitudc : 35"y>3.
Altitude >V",i>ï.
Sable et cailloux
Sable et gra* ier.
Sable rODgC Urr >ui
M. Martin y a trouvé de nombreux ossements et des silex taillés, notamment un beau métatarsien et d'autres débris de grands cerfs (Megaceros probablement). Cette sablière présente une disposition qu'on rencontre assez fréquemment et qui bouleverse toutes les théories de ceux qui n'admettent pas ralluvionnemenl rationnel décrit ci-dessus. Les zones de sable fin, de gravier et de gros cailloux alternent du haut en bas de la carrière; il est absolument impossible d'établir stratigraphiquement la limite du gravier de fond et de l'alluvion , limite qui, il faut bien le dire, est presque toujours incertaine dans les sablières de Paris.
11 me paraît superflu de multiplier ces coupes. Les mêmes dispositions caractéristiques se retrouvent partout, dans les hauts comme dans les bas niveaux. Il est impossible, après les explications qui précèdent, de nier l'origine lluviatile de ces graviers et des limons qui les recouvrent.
dans les lils
s cours d'eau .