M. J.-L. DE LANESSAN
Ancien Ministre de la Marine, député de Lyon compte parmi ses collaborateurs politiques :
MM. Raouz ALLIER ; PIERRE BAUDIN, ancien Ministre, député de l'Ain; HENRI BRrissow, ancien président du Conseil, député des Bouches-du-Rhône ; FERDINAND Buisson, député de la Seine ; Josepur CarzLAux, député, ancien Ministre des finances ; A. DEcRAïS, ancien Ministre, sénateur de la Gironde ; F. Dugier, député de Saône-et-Loire ; CHARLES Dumont, député du Jura ; GARREAU- DomBasce ; Yves GuyoT, ancien Ministre; ALFRED MaAssé, député de la Nièvre ; Lours Mixx, député du Pas-de-Calais ; FRÉDÉRIG PASSY, de l’Institut; FRANK Puaux ; G. THomson, député de l’Algérie; etc.
‘ LE SIÈCLE ” publie tous les jours un article de M. J. CORNÉLY
Dans son feuilleton quotidien de 2° page, et dans ses variétés littéraires et scientifiques, “ LE SIECLE” donne des études de MM. A.-H. Becker, docteur es lettres ; D' BLATIN, ancien professeur à l'Ecole de Médecine de Clermont; ARMAND BRETTE ; Micuez Deznes ; Durarzzy, docteur es sciences, ancien professeur à la Faculté des Sciences de Lyon; HENRY EoN; CAMILLE LEMONNIER ; CAMILLE Le SENNe ; Louis MATTE ; MARCELLIN PELLET, ministre
lénipotentiaire; ALBERT Révicze, professeur au Collège de Hnce: PauLz RogiQuer, docteur es lettres; etc.
Prix de l’'Abonnement
Trois mois Six mois Un an PARIS, SEINE, SEINE-ET-OISE ..…. 8 francs 16 francs 32 francs DÉPARTEMENTS, ALGÉRIE ...... 9 » 18 » 36 »
LUNION POSPALE 22210 24000, T2 ARD) 24 » 48 »
Adresse télégraphique : PARIS-SIÈCLE
CAHIERS DE LA QUINZAINE, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement.
Nos Cahiers sont édités par des souscriptions mensuelles régulières et par des souscriptions extraordinaires ; la souscription ne confère aucune autorité sur la rédaction ni sur l'administration ; ces fonctions demeurent libres.
Nos Cahiers paraissent par séries; une série parait dans le temps d’une année scolaire, d’une année ouvrière, d’octobre-novembre à juin-juillet ; l’abonnement se prend pour une série.
On peut souscrire cet abonnement à tout moment de l’année, mais l'abonnement ainsi souscrit est, de droit, valable pour la série en cours, et pour toute cette série.
Prix de l'abonnement, pour chaque série annuelle pendant le cours de cette série :
Paris, départements, Alsace-Lorraine,
Abonnement ordi- Algérie, Tunisie.... vingt francs naire ......... %. Autres pays de l’Union postale univérselle 272% vingt-cinq francs
Abonnement sur whatman... cent francs pour tous pays
Les exemplaires sur whatman, tirage non réimposé, sont numérotés à la presse et imprimés au nom du souscripteur ; le tirage à part sur whatman commencera de fonctionner au premier janvier 1906 ; les inscriptions pour cet abonnement particulier sont reçues dès à présent et reçoivent un numéro d'ordre déterminé automatiquement par le rang même qu’elles occupent dans l’ordre de l’arrivée, les numéros les plus bas venant naturellement aux premières inscriptions; c’est ce numéro d'inscription qui deviendra automatiquement le numéro du tirage réservé à chacun des souscripteurs ; l'édition sur whatman sera strictement limitée au
NS
nombre d'exemplaires souscrit à chaque instant.
Pour tout changement d'adresse envoyer soixante centimes, quatre timbres de quinze centimes.
Nous engageons nos abonnés de certains pays à nous demander un abonnement recommandé ; tous les cahiers de l'abonnement recommandé sont empaquetés à part et recommandés à la poste ; la recommandation postale, comportant une transmission de signature, garantit le destinataire contre certains abus; pour cette recommandation, pour tous pays, en sus, cinq francs.
Automatiquement et sans augmentation de prix les exemplaires sur whatman sont tous recommandés et envoyés aux souscripteurs dans des enveloppes-sacs.
L'abonnement ordinaire cesse de fonctionner pour chaque série au plus tard le 31 décembre qui suit l'achèvement de cette série; ainsi du premier octobre au 31 décembre 1905, et sauf épuisement de la sixième série, on peut encore avoir pour vingt francs les dix-sept cahiers de cette sixième série complète.
A partir du premier janvier qui suit l’achèvement d’une série, le prix de cette série est porté au moins au total des prix marqués; ainsi à dater du premier janvier 1906 la sixième série complète, s’il en reste encore à cette date, se vendra soixante-treize francs.
Adresser à M. André Bourgeois, administrateur des cahiers, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement, toute la correspondance sans aucune exception. N'oublier pas d'indiquer dans la correspondance le numéro de l’abonnement, comme il est inscrit sur l'étiquette, avant le nom. Nous ne répon- .dons pas des manuscrits qui nous sont envoyés; nous n’accordons aucun tour de faveur pour la lecture des manuscrits; nous ne lisons les manuscrits qu’à mesure que nous en avons besoïn ; les œuvres que nous publions appartiennent aux cahiers, du seul fait de cette publication, en toute propriété littéraire, sans aucune réserve, et sans autre signification ni contrat; les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.
Cuarzes Pécuy
CAHIERS DE LA QUINZAINE
Robert Dreyfus. — La vie et les prophéties du comte de Gobineau. — Je suis heureux d’annoncer à nos abonnés que l’on doit considérer comme épuisé le seizième et avant-dernier cahier de notre sixième et récente série, Robert Dreyfus, la vie et les prophéties du comte de Gobineau. Nous avons retiré du commerce les exemplaires qui nous restaient. Nous les avons trans-
férés, sous la réserve suivante, à la maison Calmann Lévy, éditeurs. Nous n’en avons gardé qu’un nombre très restreint, que nous avons réservés pour le nombre de collections de la sixième série qui nous restaient complètes à la même date. Ces exemplaires de la première édition, dite édition des cahiers, ne sont plus et ne seront plus jamais mis en vente. Ils sont et demeurent inséparables des sixièmes séries complètes, dont ils font partie intégrante. Ce que nous mettons et ce que nous pouvons seulement mettre en vente, ce sont, pour vingt francs, des sixièmes séries complètes, où figure, à son rang et à sa date, ce seizième cahier.
Vient donc de paraître, chez Calmann Lévy, éditeurs, et en vente, seul en vente, à la librairie des cahiers :
Rogert DREYFUS. — La vie et les prophéties du
quatrième cahier de la septième série
comte de Gobineau, — un volume in-18 de VIII + 344 pages, avec le portrait du comte de Gobineau ........ : trois francs cinquante
Il va de soi que nous demandons à nos abonnés de commander de cette deuxième édition, quand ils auront besoin d'exemplaires de cette édition, comme nous leur demandons de commander tous leurs livres, à la librairie des cahiers. Adresser toutes les commandes à M. André Bourgeois, administrateur de cette librairie, 8, rue de la Sorbonne, rez-de-chaussée, Paris, cinquième arrondissement. Toute commande adressée à M. André Bourgeois reçoit satisfaction par le retour du courrier.
Sixièmes séries complètes. — Je saisis cette occasion pour rappeler à nos abonnés nouveaux, dont l'attention pourrait ne pas se porter sur ce point, que jusqu’au 31 décembre 1905 inclus, et seulement jusqu’à cette date, nos sixièmes séries complètes, à moins qu'avant cette date elles ne viennent en voie d’épuisement, continuent à se vendre au prix de l’abonnement ordinaire des séries en cours, qui est de vingt francs pour Paris, les départements, l’Alsace-Lorraine, l'Algérie et la Tunisie, et de vingt-cinq francs pour les autres pays de l’Union postale universelle. C'est-à-dire que,‘tonformément à une règle d'administration qui n’a point cessé de fonctionner depuis le commencement de notre institution, toute personne qui jusqu’au 31 décembre 1905, inclus, fin de la même année civile, commande à M. André Bourgeois une collection complète de notre sixième série, année 1904-1905, est censée souscrire un abonnement rétrospectif ordinaire à cette sixième série. Elle bénéficie
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donc de la réduction énorme que nos tarifs confèrent à l'abonnement sur la vente fragmentée.
À partir du premier janvier 1906, et suivant cette règle d'administration constante, nos sixièmes séries complèêtes, s’il nous en reste encore des collections à cette date, seront vendues un prix sensiblement égal au total des prix marqués, c’est-à-dire soixante-treize francs l’une.
Cette élévation du prix, ou, pour parler exactement, cette remise au prix normal, qui est le prix marqué, nous nous réservons de l’opérer même avant le premier janvier 1906, date réglementaire, si avant cette date les collections complètes que nous avons de la sixième série viennent en voie d’épuisement.
Gaston Raphaël. — Le Rhin allemand. — Il faut naturellement avoir lu tous nos anciens cahiers : ce n’est pas moi qui dirai le contraire. Maïs tout de même il ya un de nos anciens cahiers qu’il faut relire, ou lire, dans les événements du temps présent. C’est le cahier de notre collaborateur M. Gaston Raphaël, intitulé le Rhin allemand.
Sije veux bien me reporter, comme on dit, au petit index alphabétique provisoire que nous venons de publier du catalogue analytique sommaire de nos cinq premières séries, à l’article Raphaël je trouve que le cahier de Raphaël, intitulé le Rhin allemand, vaut un franc, et que pour tous autres renseignements je n'ai qu'à m'adresser à la page 239 du gros catalogue. À cette page 239 je trouve tous les renseignements voulus, notamment que ce cahier est le dix-neuvième cahier de la quatrième série. Mais je pense qu'ayant en mains le catalogue vous les pourrez trouver aussi bien que moi.
PRE ol
quatrième cahier à de la septième série
Abonnement sur whatman. — Et je rappelle aussi qu’à dater du même premier janvier 1906 commencera de fonctionner notre nouvel abonnement sur whatman. Abonnement sur whatman, cent francs pour tous pays.
Les exemplaires sur whatman, tirage non réimposé,
seront numérotés à la presse et imprimés au nom du souscripteur. Les inscriptions pour cet abonnement
particulier sont reçues dès à présent et reçoivent un.
numéro d'ordre déterminé automatiquement par le rang même qu’elles occupent dans l’ordre de leur arrivée, les numéros les plus bas venant naturellement aux premières inscriptions. C’est ce numéro d'inscription qui deviendra automatiquement le numéro du tirage réservé à chacun des souscripteurs. Je dois dire toutefois, pour qu’il n’y ait aucune surprise, que le numéro 1, correspondant pour chaque tirage à l’exemplaire numéro premier, a été retenu dès le principe. Il y a toujours, dans ces sortes d'opérations, quelqu'un qui s’est levé de bonne heure.
L'édition sur whatman sera strictement limitée au nombre d’exemplaires souscrit à chaque instant. Il ne sera fait sur whatman aucune réserve, aucune réimpression, aucune collection sous aucune forme. Ces sortes d'opérations ne sont sérieuses que si la limitation, qui en fait en partie le prix, est d’ang rigueur absolue.
L'introduction de cet abonnement nouveau dans l’institution de nos cahiers répond à deux fins, d’ailleurs concourantes. Cet abonnement est en un certain sens un abonnement de souscription. Il est en plein sens un abonnement pour tirage limité, identifié, certifié, attribué.
Un certain nombre de nos abonnés manifestaient depuis un certain temps l'intention de subvenir aux
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besoïins des cahiers pour un prix annuel, pour une rente supérieure au prix de l’abonnement ordinaire. Tel était le sens, telle était la destination de notre ancien abonnement de souscription. Nous avions officiellement laissé tomber cet ancien, ce vieux et tout premier, tout perdu abonnement de souscription, qui nous avait rendu les plus grands services dans les temps les plus difficiles de nos enfances. Mais officieusement plusieurs de nos anciens abonnés avaient continué, quelques-uns de nos abonnés nouveaux s'étaient mis à payer leur abonnement cent francs par an. Il fallait régulariser cette situation. Il fallait étendre, autant que nos abonnés le voudront bien, l’usage, l'exercice de cette excellente idée.
Il faut toujours, autant qu’on le peut, régulariser les situations, surtout les situations administratives. Le socialisme, la révolution sociale ne consiste point, comme nos intellectuels, révolutionnaires de haute et de basse bourgeoisie, voudraient nous lé faire croire, à introduire dans les relations économiques des désordres là où il n’y en a pas encore tout à fait, là où il y a encore quelque peu d’ordre. Le socialisme, au contraire, la révolution sociale, au contraire, consiste au contraire à étendre autant que nous le pouvons le pauvre peu d'ordre économique et social qui soit demeuré dans le désordre économique bourgeois, à introduire autant que nous le pouvons des ordres économiques et sociaux dans le désordre capitaliste bourgeois. Car ce sont les désordres économiques, bourgeoïs, qui font les servitudes, bourgeoises, et au contraire ce sont les ordres économiques et sociaux étendus ou introduits qui font les
libérations économiques. Une révolution, bien entendue,
quatrième cahier de la septième série | | EE est essentiellement une opération de mise ou de remise en
ordre. Une révolution sociale, bien entendue, est essentiellement une opération de mise ou de remise en ordre, en un certain ordre, social. Tout désordre, comme tel, et considéré comme une fin, est une opération de réaction, une opération de servitude. Et cette révolution sociale, dont on nous parle toujours, que l’on ne fait jamais, ne peut donc point consister à trahir. Particulièrement elle ne peut point consister à introduire dans une mobilisation de défense nationale, dans un ordre de mobilisation nationale, quelques ou plusieurs désordres de lâcheté. Mais elle ne peut consister que essentiellement à étendre au contraire et à introduire des ordres; elle ne peut que consister essentiellement à étendre, autañt que nous le pouvons, le peu d’ordres économiques existants, institués ou sauvés, et surtout à introduire, autant que nous le pouvons, des ordres économiques nouveaux dans le désordre capitaliste bourgeois, désordre économique. Autant que moral. Toute Révolution, bien entendue, est une opération d’ordre. Toute opération de désordre, bien entendue, est une opération de réaction. L'ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. Les seuls démagogues ont intérêt à essayer de nous faire croire le contraire. ee
Nous régularisons notre situation administrative envers nos anciens et, on me permettra de l’espérer, envers nos nouveaux souscripteurs en réinstituant, en réinstallant officiellement notre ancien, et notre nouvel abonnement de souscription, sous la figure d’un abonnement sur whatman.
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Ainsi entendu, notrenouvel abonnement sur whatman est un abonnement de souscription. Nous demandons à nos anciens abonnés de souscription de vouloir bien continuer leurs abonnements au même titre, et au même taux, sous la forme nouvelle d'abonnements sur whatman. Je n’insiste pas. Nous avons trouvé parmi nos abonnés des amitiés, des fidélités d’une si admirable constance qu'il serait grossier d’insister.
Nous demandons à toutes les personnes qui le peuvent de souscrire, au lieu d’un abonnement ordinaire, un abonnement sur whatman. Je le demande, et je n’insiste pas non plus. Depuis le tout premier commencement de ces cahiers, nous nous sommes toujours gardés rigoureusement d'exercer aucune influence, aucune action qui ressemblât, si peu que ce fût, de si loin que ce fût, à de l’entraînement. Et en matière financière moins qu’en toute autre matière. Nos anciens abonnés peuvent ici me servir de témoins. Toutes les fois que j'ai demandé dans ces cahiers des souscriptions, pour ces cahiers, j'ai toujours demandé en demandant qu’on donnât ou qu’on ne donnât pas, selon les budgets, selon les ressources. On m’a répondu comme on a voulu, en toute liberté. Cette nouvelle manière de demander de l'argent m’a couvert de ridicule, parce que tout le monde sait bien que celui qui demande de l’argent, ce n’est pas à lui à faire sa contre-partie, son propre frein. Il y a là comme un effet physique.
Je continuerai pourtant. Je continuerai à demander que l’on souscrive en insistant pour que ceux-là seulement souscrivent, qui le peuvent réellement, pour que ceux qui ne le peuvent réellement pas, ne souscrivent pas. Cette méthode, et cette réserve indigénétique, nous
quatrième cahier de la septième série
a valu quelques années de misère de plus. Mais aujourd’hui, après sept années d'exercice de ces cahiers, après tant de crises de croissance, — et encore je ne compte pas les années des éditions antérieures, et les innombrables années d'apprentissage, — après plus de quinze années je suis en situation de me rendre cette justice qu’il n’est pas entré dans nos successives souscriptions un sou qui aujourd’hui manquant au budget des familles ait fait la misère d’aucun souscripteur. Peu de souscriptions en pourraient dire autant.
Nous demandons à ceux de nos abonnés quile peuvent, à tous ceux-là, et à ceux-là seulement, de nous souscrire des abonnements sur whatman. L'abonnement extra-
ordinaire ainsi souscrit entrera automatiquement, et de | toute sa pleine force de nourriture, dans l’alimentation de nos cahiers ; notre administration est aussi sévère qu'aux premiers jours ; notre utilisation industrielle est aussi rigoureuse qu'aux temps héroïques. Toute souscription contribuée à notre institution y reçoit toujours cette ancienne utilisation maxima bien connue.
Nous régularisons industriellement notre situation envers nos anciens et nos nouveaux souscripteurs en leur servant, pour le prix de cet abonnement extraordinaire ou de souscription, un papier qui n’est pas ordinaire. Notre ancienne idée, de donner des produits apparemment et réellement identiques pour des prix très sensiblement différents, était une idée de mysticisme communiste à laquelle je reste personnellement attaché pour tout ce qui tient à la consommation de ma propre vie. Attaché même plus que jamais, à mesure que les
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incommunistes apparaissent creux. Mais nos cahiers vivant et se mouvant dans un milieu économique et social qui ne paraît point uniquement soumis aux profondes aspirations du mysticisme communiste, nos cahiers ayant des ennemis, quelques ennemis, et, ce qui est pire que tout, un assez grand nombre de camarades, nos cahiers ayant un volume social, et ainsi une vulnérabilité que n’ont point de simples individus, .je n’avais sans doute pas le droit de les désarmer autant que je me suis désarmé moi-même.
Simplement, et industriellement, nos cahiers ont des fournisseurs ; ils ont des employés ; ils ont un bureau; ils ont un atelier ; ils sont composés, tirés dans un atelier ; ils ont des ouvriers; ces ouvriers travaillent au tarif des ouvriers syndiqués; ces cahiers fournissent des traitements, des salaires ; ils paient un loyer; ils paient les communs impôts. Et il est indispensable que ces traitements et que ces salaires, indispensable et inévitable, comme il est inévitable que ce loyer et que ces impôts soient maintenus dans un certain équilibre économique, baignent dans un certain prix de revient qui est comme par hasard, qui est proprement l’équilibre économique présent, actuel, qui est le prix de revient actuellement réalisé. Il y aurait une sorte d’injustice particulière à ce qu’une institution particulière baignât dans le milieu et dans le temps économique où elle est née, où elle se meut, par l'extrémité où elle a des besoins, des dépenses, par l’extrémité où elle achète, par l’extrémité où elle paie, et que l’on se proposât de la soustraire entièrement à ce milieu et à ce temps par l'extrémité où elle a des recettes, par l’extrémité où elle vend, par l'extrémité où elle est payée. Une
quatrième cahier de la septième série
institution vivant et se mouvant en ce milieu et dans ce temps ne peut indéfiniment avoir un budget ainsi constitué : que les dépenses pour la plupart seraient tenues à un certain niveau économique, à une certaine tension économique, laquelle est par définition le niveau économique présent, la tension économique donnée présente, et que les recettes au contraire seraient maintenues artificiellement à un tout autre niveau, à une tout autre tension économique.
Non seulement injuste; mais ce qui pour nous est devenu sans doute plus grave, à cet égard au moins, monstrueux : c’est-à-dire contraire, profondément contraire aux lois naturelles. Je ne veux point ici, pour introduire un abonnement nouveau, pour introduire une invention administrative, refaire tout un examen, toute une critique, toute une analyse des situations économiques présentes, une théorétique des mouvements économiques anciens et nouveaux. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, et il y aurait beaucoup à dire. Je ne veux point, et je ne peux pas, sur un cas particulier, entrer dans tout l’ordre de ces immenses recherches. Particulièrement je ne puis ni je ne veux conter quels enseignements nous avons reçus des métiers que nous avons faits, enseignements que nuls maîtres, que nulles bibliothèques n’avaient pu nous ‘donner pendant les années de nos apprentissages. À chaque jour son travail, plus heureusement que à chaque jour sa peine. Ce serait une entreprise énorme que d'essayer seulement de se débrouiller un peu dans la justification économique et morale de son budget. Budget d’entreprise, et budget de famille. Mais en attendant que cette justification vienne, si jamais elle vient, les personnes qui
elles-mêmes se proposent d'étudier aux réalités des mouvements économiques, méprisant les théories, les fictions et les imaginations scolaires, en sont venues
comme nous, avec nous, avant nous ou plus justement
nous en sommes venus délibérément et profondément
et irrévocablement parmi elles à considérer ensemble
comme le plus dangereux et le plus immoral tout ce
qui était factice. Artificiel. Fait contre la nature. Ou
hors de la nature, c’est-à-dire, encore, contre la nature.
C'est-à-dire, et en définitive, — provisoirement, — ce
que les Latins disaient monstrueux. Je n’ai pas ici
l’espace de m'en expliquer plus outre. Mais ce qui est
certain, ce qui est acquis, c’est que ce que nous re-
doutons le plus, aujourd’hui, c’est tout ce qui prétend
rien fonder sur des données ou sur des valeurs imagi-
naires. Ensemble et inséparablement nous y voyons le monstrueux et l’immoral. Tel est un résultat des rudes avertissements que depuis plus de sept ans nous avons reçus de la réalité.
Nous entendons aujourd’hui que le juste soit réel et sorte du vivant. Et nous ne serons pas satisfaits à moins que cela.
Au fond, et si nous avions le courage de dire le fond de notre. pensée, nous avons une telle nausée du livresque, de l'imaginaire et du factice que, si nous disions tout notre cœur, nous aimons mieux un vivant, un réel qui risquerait d’être injuste qu’un juste qui serait garanti d’être imaginaire. Ou, pour parler exactement, nous risquons d’aimer un réel qui risquerait d’être injuste ; nous ne risquons pas d'aimer un juste qui ne risquerait pas d’être réel.