SCÈNE PREMIERE
LEFEVRE , assis au bureau et écrivant. AUBRY , entrant par
la droite y son chapeau à la main.
AUBRY, regardant la pendule.
Déjà dix heures !. . et je n'ai encore rien fait!., comme les matinées passent vite !..
LEFÈVRE
Voici vos journaux , monsieur.
AUBRY
Je les lirai en chemin...
LEFÈVRE
Vos lettres...
AUBRY
Je n'ai pas le temps !
LEFÈVRE
V oilà trois jours que vous dites la même chose, et les clients se fâchent !..
AUBRY , prenant les lettres.
Quel ennui !.. ces geus-là s'imaginent qu'un avoue' n'a qu'à s'occuper de leurs affaires I {En ouvrant plusieurs et les parcourant à la hâte.) « Mon cher monsieur Aubry , je vous préviens « que l'adjudication définitive... (La jetant sur le bureau.) C'est bon ! {En lisant une autre.) « En votre qualité d.'avoué « des héritiers Verneuil... un coïiseil de famille... » ( La jetant.) Oh ! les mineurs sont jeunos ; ils ont le temps d'atterx-
dre!.. ^En menant une autre.) « De la maison des révérends « pères de b«Mc... fj^nace Faustin... » Qu'est-ce que c'est?., n'ai-je pas occupe pour ce« révérends pères?
LEFEVHE.
Une affaire de champ communal, qu'ils re'clamaient depuis Louis XIV.
AIJBRY.
Oui , oui... ils sont tenaces!..
LEFEVIVE.
A telles enseignes qu'ils ne vous ont pas paye', maigre' quatre ou cinq letties...
AU BUY , parcourant la lettre.
Et ils m'envoient un client. . . manière jésuitique des'acquitter... « M. d'Arboise... » Je ne connais pas... «Un de mes amis <« que je vous adresse pour une cause délicate, difficile à ex- « pliquer. .. » {S' interrompant.) kh.\ parbleu, leurs affaires ne sont jamais claires !
LEFEVUE , écrà'ant.
A présent moins que jamais !
AUBRY , mettant la lettre dans sa poche. Je lirai cela plus tard... Que faites-vous donc dans mon cabinet , Lefèvre ?.. Pourquoi n'étes-vous pas resté à l'étude ?
LEFEVRE
On m'en a chassé , monsieur , à cause du bal. On y place des numéros pour les pelisses et les manteaux,
ÀTJBRY.
Ah! oui... le vestiaire... mais vous vous amusez là,..
LEFEVRE
Je ne m'amuse pas du tout... j'achève ces conclusions que le maître-clerc a laissées pour l'affaire de demain.
AUBRY
L'affaire de demain , ne viendra que demain... et mon bal vient aujourd'hxii... c'est plus pressé I je ne peux pas le faire remettre à huitaine comme une cause. Laissez tout cela , et dites à André de mettre le cheval.
LEFEVRE , Je levant.
Vous sortez? Ah ! mon Dieu , et pour l'orchestre , il n'y a pas de pupitres... si je prenais les deux bureaux de l'étude r
AUBRY
TrèSfVien... ce sera la première fois qu'ils auront servi à établir l'harmonie i allez , et soyez prêt de bonne heure ce
soir, pour donner la main aux daines... cela regarde es jeunes clercs.
LEFEVRE
Oui, monsieur... (^ part.) Quel plaisir !.. je pourrai ouvrir le bal avec mademoiselle Lolotte , la petite fille de notre doyen !
(Il sort en sautant.)