SCÈNE lï
AUBRY, BELPHINP , en toilette de hal
DELPHINE
C'est vous, monsieur!
AUBRY , posant son chapeau.
Je n'en puis plus !
DELPHINE
Comme VOUS rentrez tard... Qu'êtes-vous donc devenu?,. Je vous ai attendu pour dîner!
ARBRY.
Ah ! bien oui... ces provinciaux ne sont pas faciles à attraper et votre M. d'Hervilly m'a donné plus de mal!
DELPHINE
Yous l'avez vu?
AUBRY
Quand je suis arrivé au café de Paris , il venait d'en sortir.
Ahi mon Dieul.. il fallait demander son adresse.
AUBRY. '
Je n'y ai pas manqué.
DELPHINE , respirant.
A la bonne heure I
AUBRY
On ne la savait pas au comptoir... mais un jeune homme qui le connaît un peu , m'a dit qu'il croyait qu'il logeait hôtel du Nord.
d'elphiwe.
C'était une indication'...
AtlBRY.
Paibîeu !... malheureusement , il paraît qu'il y a vingtdeux hôtels du Nord à Paris.
DELPHINE , haussant les épaules.
Quelle patience •'
AUBRY
Comme tu dis , il en fallait de la patience... car je les ai tous visités... et, fort heureusement, au dernier, je suis tombé juste ehez lui.
DELPHINE
Eh bien?
AUBRY
Eh bien ! il venait de partir tout habillé.
De mieux en mieux I
AUBRY
Sois donc tranquille! je n'ai pas perdu la tête... Comme son domestique m'a assuré qu'avant d'aller en soirée , il faisait toujours un tour à l'Opéra , je lui ai écrit un mot trèspressé que ce garçon s'est chargé de lui porter sur-le-champ , ainsi, il ne viendra pas...
DELPHINE
C'est bienlieureuxl
AUBRY
D'autant plus heureux que , dans la rue Vivienne , j'ai rencontré notre président du mbunal, que j'avais invité pour la forme, comptant bien que sou atlune nous en priverait.
DELPHINE
Eh! bien...
AUBRY
Il s'est ravisé ; il viendra , et lui qui est sévère , qui est la délicatesse même , s'il voyait les deux époux chez moi... s'il pouvait penser que je leur donne des conseils, en même temps, je serais perdu.
DELPHINE
Vous voyez donc qu'il était essentiel que monsieur d'Hervilly ne parût pas chez vous !
AUBRY
Dieu aierci I nous voilà hors d'embarras !