‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 234 sur 300 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

EDOUARD, très agité, ARMAND.

ARMAND

Te voilà déjà de retour?

EDOUARD

Ah ! mon ami , je suis au désespoir '•

ARMAND

Qu'est-il donc arrivé?

EDOUARD

Pauvre Cécile I

ARMAND

Eh bien ?

EDOUARD

Son tuteur vient de lui faire une scène affreuse ; ne pouvant expliquer ses refus , il a décidé que le contrat serait signé aujourd'hui même.

Il veut l'épouser?

EDOUARD

Quand je suis arrivé, il était allé chercher le notaire.

ARMAND

Diable ! le colonel est expéditif.

EDOUARD

Cécile se désole , moi je perds la tête.

ARMAND

Allons, allons... je vois qu'il faut que je m'en mêle. Vous sentez-vous le courage de lui résister?

EDOUARD

Cécile ne peut s'y résoudre. ^.

ARMAND

Alors... vite , un enlèvement !

EDOUARD

Un enlèvement ?

ARMAND

Parbleu ! on ne peut te blâmer : un mari qui enlève sa femme... c'est d'un très bon exemple.

EDOUARD

Eh ! mon Dieu! mon ami , c'est déjà fait.

En vérité ?

EDOUARD

Cécile m'attend dans une voiture , à quelques pak d'ici.^Mais je ne sais où la conduire.

AR5IAND.

Chez ta sœur.

ÉDOUAKD.

Tu sais bien que je ne le puis pas.

ARMAND

Eh bien... chez moi.

ÉDOtJA.RD.

Chez toi?

ARMAND

C'est le plus sage. Je t'offre ce petit salon , ( montrant la porte à gauche. ) qui me sert d'atelier ; on ne viendra pas la chercher chez un garçon.

EDOUARD

A merveille, je te l'amène sur-le-champ ! ( lui serrant la main.) Ah! que j'avais raison décompter sur ton amitié !

ARMAND

Ne dis rien à mon portier ; il est si bavard , si curieux !

C'est entendu... Je cours chercher Cécile!... ah! mon cher Armand , tu me sauves la vie.

( Il sort. )

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