SCENE VIL
ÉLOI , seul.
C'est unique!... allons, allons, faut montrer qu'on est un homme!... [il lit l'étiquelle.) A... i... ahi... aye... ail mousseux... [regardant la bouteille.) ils ont mis de l'ail làdedans? ça doit faire un joli ragoût... Ah! faut couper ça... [prenant le couteau.) je peux pourtant pas croire... mais elle ne peut pas me tromper , elle a vu les pyramides!... [Il coupe la ficelle.^ le bouchon part, il manque de tombera larenverse.) Oh! là, là... à la garde!... qui est-ce qui lire des pétards?... tenez ! ça fume cncoï^,. [regardant la bouteille.) C'est égal... je ne reculerai pas d'une semelle. [Ilverse dans le verre.) Oh ! comme ça bout, comme ça bouillonne ! et de dire que quand j'aurai bu ça... C'est unique qu'on soye parvenu à mettre comme ça l'amour en bouteille. (// prend le verre.) Dieu! je suis sûr que ça a un goût... rien que l'odeur seulement... pouah!... allons... faut avaler la douleur! [Il se bouche tenez et fait la grimace en buvant.) Tienè. .. [souriant.) ce n'est pas si méchant... (// boit.) c'est singulier, on croirait à la première vue... (// boit.) mais pas du tout!. . c'est même assez coulant... le passage n'a rien de pénible. (// se verse encore.)
* Madame Michelin , É!oi.
Air de la Feie du l'illage voisin.
Ce phillre-là , ma fin', n'esl pas si bête, Et j'crois, vraiment, qu'à la longue on s'y f'rail. (// boit.)
Ça vous picot', ça vous rend tout guill'rel. Et ça vous r'touru' comme un' girouette. Ah ! je sens qu'ça fait Déjà son effet, Quelle tape, on dirait, Qu'ça vous donn' dans la tête!
Encore un p' lit coup, Faut voir jusqu'au bout ; C'est une chaleur Qui vous réjouit l'cœur .' C'est un je n'sais quoi Qui me met hors de moi...
Quel pliillre divin !
Comme 'A vous met en train !
Si j'avais d'I'argenl, j'en boirais jusqu'à d'main. {regardant la bouteille J)
Il y en a encore... tout y passera. (// se verse.) Elle m'a dit de ne pas en laisser une miette, [se prenant le nez.) Oh ! oh! lâche-moi donc, satané philtre... Ça vous pince le nez!... Veux-tu me lâcher ?
DEUXIÈME COUPLET
L'jour est plus beau, la rivièr' m'sembl' plus claire, Tout me parait plus frais et plus joli ; J'crois qu'je vois des étoil's en plein midi , Tout's les fois que j'Icve mon verre.
( / / boit. )
j'sens dans mon gosier
Ma langu' se délier ,
Vnez donc babiller
Avec moi la fermière...
[Il boit à même la bouteille.)
Allons! l'dernier coup, Faut avaler tout, V'ià ma tel' qui part,
J'suis l'un égrillard...
Si Jeaiin'ton passait.
Ou Fanchelte, ou Babet!...
Quel philtre divin!
Comme il vous met en train !
Si j'avais d'I'argent, j'en boirais jusqu'à d'main.
Ahais!... ahais!... (Il jette la bouteille.) rsuisfaimahle, j'vas plaire... Gare les femmes!... Oh! v'ià marne Catherine, ne disons rien.