SCENE X
GOBERGEOT, ÉLOI.
ÉLOi , sautant.
Oh! quel bonheur!... quel bonheur!...
GOBERGEOT, le regardant.
Comment j ce serait toi?...
ELOI
Pourquoi pas ?...
GOBERGEOT.
Silence idiot !
ÉlOI.
J'peux bien comate un autre...
GOBERGEOT.
Paix, pâtre !
2fi
KLOI.
Ah! je vous crains plus, maintenant c'est à mon tour de faire jabot... Je suis t'aimé!...
GOBERGEOT.
Pas pour long-temps, et si je voulais m'en donner la peine...
ÉLOI
Parce que vous avez des sorts ;, des charmes... mais j'ai des philtes... hein!
GOBERGEOT.
Bah !
ÉLOI
Et des fameux philtes... Vous voyez comme ça prend... comme ça rend aimable!...
GOBERGEOT, d part.
Il serait possible que cette brute eût découvert... (haut.) Voyons, viens donc ici.
ÉLOI , le narguant.
Ah! VOUS voudriez ben le savoir... mais je vous l'dirai pas... la mère Michelin me l'a défendu... c'est chez elle... c'est en bouteille... C'est cher... ça coûte cent sous!... GOBERGEOT, à part.
Comment... cette vieille sorcière!... Je ne puis pas croire... Cependant, il y a des receltes de bonne femme... et, puisque ça fait aimer un imbécile... je ne vois pas pourquoi je ne m'en servirais pas.
ÉLOI
Ah ! ça vous vexe !
GOBERGEOT, (l'an air dégagé.
Moi, je n'y pense plus! une de perdue, cent de retrouvées !... Je m'en vais faire une barbe, [à part., pendant qu'Éloi regarde la croisée de Catherine.) Tu n'en es pas ou tu crois; j'ai de l'argent... je me ferai r'aimer ! ou j'y perdrai le nom de Gobergeot. (// se glisse citez la mère Michelin.) ÉLOI, regardant toujours la croisée.
Vas faire ta barbe, vas faire ta barbe, mon garçon!... Moi, je vais inviter mon monde... (// va pour sortir et rencontre Georsette.)
SCEJNIC XI.
r.EORGETTE, ÊLOl.
GEORGETTE, en pleurant.
Ali! ah ! c'est vous, mon cousin?...
ÉLor.
V'ià l'autre à celte heure...
GEORGETTE
Vous n'êtes pas venu chez le père Gervais?
ÉLoi, d'un ail- affairé.
.l'ai pas pu... j'ai pas pu...
GEORGETTE, pleurant.
On a lu le testanient de notre oncle.
ÉLOI
Eh bien ! c'est bon...
GEORGETTE , pleurant plus fort.
Il nous laisse toute sa fortune à nous deux. Six cents livres de rentes !...
ÉLOi, s'arrêtant.
Eh bien! faut pas pleurer pour ça.
GEORGETTE
Oui, mais à condition que nous nous marierons.
ÉLOI
Ensemble?...
GEORGETTE
Dans les vingt-quatre heures!
Éloi, à part.
Là! voilà les femmes qui me pleuvent ù présent... C'est ce diable de philte.
GEORGETTE, hésitant.
Et je venais vous dire mon cousin...
Éloi, à part.
Ah! mon Dieu! elle veut m'épouser!...
GEORGETTE , pleurant.
Que j'en aime un autre, et que je serais malheureuse comme tout avec vous.
ÉLOI , avec joie.
Vous en aimez un autre?...
GEORGETTE
Oui, le petit Maclou, que mon tuteur ne veut pas me donner, parce qu'il n'a rien.
Ér.oi.
Ah I Maclou ! ce petit blond qu'est un peu roux. . . El vous n'avez pas d'amour pour moi?
GEOBGETTE.
Non , mon cousin.
ÉLOI
C'est une preuve d'amitié que je n'oublierai jamais ?
GEORGETTE
Et j'aime mieux renoncer à la succession... ÉLOI , avec joie.
Du tout... c'est moi qui y renonce, je suis trop content! j'donne ma part à Maclou , à condition qu'il vous épousera dans les vingt-quatre heures.
GEORGETTE
Est-il possible !. .. Ah ! mon cousin !
[Elle lui saute au cou.)
ÉLOI, à part.
Pouf! encore le philte !