‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 262 sur 300 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

ÉLOI, CATHERINE, enmariée, GOBERGEOT.

GOBERGEOT, baS.

Vous avez tort de lui parler. *•

CATHERINE , de même. Non, je ne veux pas qu'il me croje sa dupe, [haut et avec émotion. ) Ah! c'est vous, monsieur Eloi. ÉLOI , galment.

Oui vraiment, et j'ai déjà fait de la bonne besogne, ma petite femme !

CATHERINE , d'un ton froid.

Hein? qu'est-ce que c'est?

ÉLOI

J'ai dit, ma petite femme. Je viens de commander la noce.

CATHERINE, regardant Gobergeât.

Une noce !...

GOBERGEOT.

Est-il effronté!

CATHERINE

Ah! vous vous mariez?

ÉtOI.

Pardine !

CATHERINE

Et avec qui ?

ÉLOI

Tiens, c'te question 1... avec vous.

CATHERINE

Avec moi ?

ÉLOI, étonné.

• Sans doute.

Qui est-ce qui vous a fait ce conte-là ?

ÉLOI, j)lus étonné.

Riais c'e^t vous... Vous m'avez dit...

CATHERINE

Je ne vous ai jamais parlé de ça.

GOBERGEOT , Imitant Eloi.

Oui, oui, quelquefois on dit: « Monsieur chose, nous nous marierons dimanche» , et on ne se maiie pas. Éloi, ému et montrant la toilette de Catherine. Mais, vous v'ià toute habillée !

CATHERINE, vivemvent et montrant Gobergeât. Parce que j'épouse monsieur.

ËLOI.

Gobergeot !...

CATHERINE

Un homme charmant, fidèle, délicat, qui n'épouserait pas trente-six femmes à la fois, lui. [lui tapant les joues. ) Aussi, je l'aime, ce pauvre petit Gobergeot... ÉLOI , indigné.

Eh bien ! ne vous gênez pas , sautez-lui au cou devant moi.

CATHERINE

Pourquoi pas. ( Elle feint de vouloir C embrasser. ) ÉLOI, passant entre eux, et donnant un coup de poing à Gobergeot qui l'empêche de recevoir le baiser. Ah ! c'est trop fort.

GOBERGEOT, criant.

Certainement c'est trop fort!... Ce malheureux abuse de son infortune pour m'assommer.

CATHERINE

Voulez-vous Ijien ne p;is frapper mon mari, monsieur...

ÉLOI

Son mari! [étouffant et pouvant à peine parler.) Adieu , marne Catherine, vous me reverrez plus!

CATHERINE

C'est tout ce que je demande.

ÉLOl.

Vous vous repentirez, mai? il sera trop tard... parce qu'il ne faut pas croire... qu'avec votre petit air. Ah!... ah!.-, c'est que... [sanf^lottani, à part.) C'est fini, il n'y a plus de philte qui tienne mon étoile l'a emporté. ( Il sort.)

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