SCENE Vî
JACINTHE, BELSAMINE, accourant.
BELSAMINE.
onsieur Jacinthe ! monsieur Jacinthe !
M JACINTHE
Ah! c'est toi! qu'as-t« donc?
BELSAMINE.
Savez-vous qu'est-ce qui sonnait à Va porte?
JACINTHE
Qu'est-ce que ça me fait ?
BELSAMINE.
La comtesse de Riga..,
JACINTHE
Ma tante !
BELSAMINE.
Et sa fille.
JACINTHE
Ma cousine ?
BELSAMINE.
Elle-même.
JACINTHE
Mon père les a reçues?
BELSAMINE.
H les a reçues drôlement, en leur jetant la porte au nez.
JACINTHE
La porte au nez ! quel coup potir moi !
BELSAMINE.
Et je vous demande s'il faut avoir un mauvais caractère.., elles venaient l'inviter au bal.
JACINTHE
Au bal ?
BELSAMIKE.
Oui ; il paraît que notre jeune archiduc, , (|ui doit se marier, s'arrête quelques jours à la résidence, et qu'il accepte une fête chez voire tante; elle voulait réunir toute sa famille... c'était une manière de se raccotniuoder, mais au seul mot de bal... aACI^THE.
Mon père a sauté en l'air, j'en suis sûr.
BELSAMINE.
11 s'est mis dans une fureur... Eh! tenez... entendez-vous la voiture qui s'en va ?
JACINTHE," monté sur un banc.
Comment! elles repartent!... ô ciel! ma cousine! je la vois .. Ah! je la vois... soutiens-moi, Belsamine! un chapeau jonquille, eldes larmes dans les yeux... Dieux! je ne la vois plus... si, je la revois, elle me fait signe... ah ! ah! ah! c'est fini, il n'y a plus personne. (// descend et casse un pot.) Infortuné Jacinthe !
CELSAMINE.
Prenez donc garde !
.lACllSTHE.
B.r.r.r. j'en casserai bien d'autres! quand on est victime... (// court çà et là en donnant des coups de pieds dans (es pots. ) Ah ! c'est comme cela!., tiens, voilà pour tes boutons d'or! liens, voilà pour tes tulipes ! voilà pour tes oignons!... Oh ! (//.<<? frappe le pied.) Pauvre cousine! et elle ne t'a rien dit pour moi ?
BELSAMINE.
Si fait : qu'elle vous aimail toujours ; qu'elle aurait bien voulu danser la première contredanse avec vous, el...
JACINTHE
Si c'est vrai! ma tête se monte, je n'écoute plus rien. (// reut s'élancer.)
Air: Pnrilon, parila.
Avec moi, lorsqu'elle pense '
Qu'elle dansera ce soir La première contredanse , Je trahirais son espoir...
Non, non, non plus d'obéissance, Je deviens un fils révolté.
Plus d'autorité, De paternité ; Je sens là Que l'amour me lutine.. . Tu la danseras, ma cousine, r-
Tu la danseras, larira.
Je te suivrai, Christine.