SCÈNE IL
LA COMTESSE, en toilette; CHRISTINE, en négligé. LA COMTESSE, à Sa fille.
Comment, Christine, pas encore habillée!
CBBisTinE, avec humeur.
Je n'en ai pas le courage, maman.
LA COMTESSE
Quand je viens de l'envoyer la toilette la plus délicieuse.
CHRISTINE
A quoi bon? et pourquoi me donnerais-je la peine d'êtrejolie? Tenez, maman, je ne croyais pas aimer mou cousin à ee point-là; mais mon oncle est bien injuste!
LA COMTESSE
Pas la moindre sensibilité... comme il nous a reçues l
CHRISTINE
Refuser de venir au bal !
LA COMTESSE
M'empêcher d'être dame d'honneur! car voilà à quoi il m'expose. Le prince, en me promettant cette place, m'avait témoigné le désir de voir ce baron d'Hildburghausen , qui avait tant amusé la cour de son père. Je n'ai pas osé lui dire que j'étais brouillée avec lui,.. Mais, qu'est-ce qu'il va penser?... ça peut me faire le plus grand tort... et je n'aurai pas de place.
CHRISTINE
Et moi, pas de mari.
LA COMTESSE
Ah ! pour cela, ton cousin n'est pas le seul qui te convienne, et dès ce soir je t'en trouverai un dix fois plus riche.
CHRISTINE
Et moins aimable... je n'en veux pas.
Air : f^aude^'ille de Partie el Revanche.
Quand je serais ou baronne ou duchesse, Voyez un peu le bel honneur!
V^ous courez après la ricliesse, Moi, je n'attends que le bonheur !
Je n'espère que le bonheur.
De la cour vous briguez les grâces , Vous Toudrie/: pour gendre un lavori j
Aimez, maman, les faveurs et les places, Moi, je Yeux aimer mon mari, Oui, je veax aimer mon mari.
LA COMTESSE, à part.
Ces petites filles sont d'un romanesque... (haut.) Enfin, mademoiselle, après la conduite du baron, vous ne pouvez plus songer à son fils... je vous défends de le revoir, d'y penser... Allez à votre toilette.
CHEisTiBE , d'un ion boudeur.
Pour plaire à quelqu'un de vos protégés ?... du tout, je reste comme je suis.
LA COMTESSE
Et le prince ?
CBRISTIKE.
Ça m'est égal.
LA COMTESSE
Ah! mon Dieu, quel affront!