‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 288 sur 300 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

CHRISTINE, JACINTHE, tout essoufflé.

JACINTHE

Est-il malhonnête ce concierge!... me refuser, sous prétexte que ma mise n'est pas décente!

CHRISTINE

Jacinthe !...

Ma petite cousine !

Est-ce bien vous ?

JACINTHE

CHRISTINE

JACINTHE

Vous en doutez! ( Il l'embrasse. )

CHBISTINEi

. Non, non... j'en suis sûre à présent. Ah! que je suis heureuse!... et votre papa?

JACINTHE

Il est resté ià-bas... il m'avait consigné... mais vous aviez réclamé la première contredanse, on me l'a dit, et je suis accouru.

CHRISTINE

Et comment êtes-vous venu ?

JACINTHE

Je n'en sais rien... à travers choux.

CHRISTINE

Quelle preuve d'amour!

JACINTHE, se frottant les bras.

Oui , c'est une preuve d'amour, je puis le dire.

CHRISTINE

Que c'est aimable !... ce cher cousin!... vous ête.'i peut-être fatigué?

JACINTHE

Un peu.

CHRISTINE

Mais ça ne vous empêchera pas de danser?

JACIHTBE.

Au contraire.

CHRISTINE

Il est charmant!... mais j'y pense, vous ne pouvez pas paraître avec ce costume.

JACINTHE, se regardant.

Vous croyez?... Ah! oui, j'aurais l'air de l'homme des champs... dame !... je n'ai pas d'autre habit que ma veste.

CHRISTiNE.

Attendez donc !...

JACINTHE

Est-ce que vous pourriez m'en prêter un , cousine?

CHBISTINE.

Justement!... [viontrant la porte à droite.) Tenez, au fond de ce cabinet, la chambre de mon frère l'officier, qui est à sa garnison... vous y trouverez tout ce qu'il vous faut.

JACINTHE

Idée sublime I... l'habit d'un brave !... croyez-vous qu'il m' ira?

CHRISTINE

Certainement.

JACINTHE

Ah! c'est que je vas vous dire, cousine; mon pèic ii'enlend pas de celte oreille-là.

Air : yaudevtlle de l'Anonyme.

Vous ignorez que de moi l'on veut faire Un bolanisle, un simple jardinier.

Je m'attends bien au courroux de mon père ; Il ne veut pas que je sois officier.

Si j'ai quitté ses douces violettes, Si J'ai laissé ses artichauts épars, Il oubliera que j'ai des épauleltes, Quand il verra des graines d'épinards.

CHRISTINE

Et tandis que vous vous habillerez, je préparerai maman à vous recevoir... car elle est furieuse... Eh! mou Dieu!... c'est elle!... vite à votre toilette.

JACiNTHE.

Ah ! diable !.. dites donc, cousine, tûchezde m'en voyer quelque chose... une misère... un biscuit... une volaille; je n'ai rien pris depuis mon dernier repas.

( // se jette dam le cabinet à droite et ferme la porte. )

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