‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 299 sur 300 · SCENE XVll · texte numérisé non relu

SCENE XVll

LES MÊMES, CARAWBOLI, suite.

CARAMBOLi, accourant.

Arrêtez.

TOUS

Ciel!

CARAMBOLI.

Où alliez-vous donc, mon ser ?

LE BARON, avec dignité.

Ça ne vous regarde pas, monsieur. Jouissez de votre triomphe; contemplez une famille malheureuse, victime d'une politique tortueuse, je pourrais même dire boiteuse, [avec dignité. ) Voilà mon épée.

CARAMBOLI.

Qu'est-ce que vous voulez que z'en fasse ?

LE BARON

Et moi donc? Mais, puisque je suis votre prisonnier,... c'est la règle.

CAR\MBOLI.

Ati! çà, qu'est-ce que vis avez, mio amico ! Tout est arranzé, et c'est à votre couraze que lou prince il doit enfin son bonheur!

TOOS.

A son courage ?

LE BAfiON.

A mon courage ? c'est étonnant !

CARAMBOLI.

Ce que vis avez dit au prince lui a fait prendre un parti désespéré; il a couru chez l'empereur son frère, qui venait d'arriver, et là, il atout avoué.

tE BARON.

Tout?

JACINTHE. N

Quoi?

CARAMBOLI.

Son mariaze secret avec la princesse Frédérika de Souède.

La princesse...

LE BARON

La princesse Frédérika!... Ah! je commence à comprendre. Oui, oui, le prince était marié avec la Suède, et l'ambitieux autocrate aurait voulu... 31ais dame! avec la meilleure volonté du monde nous ne pouvons pas épouser toutes les puissances.

CARAMBOLI.

C'est ce que l'empeieur a pensé aussi : il pardonne, il ratiûe lou mariaze, et lou prince il a été si houroux de votre dévoûment, qu'en mé voyant il m'a sauté au cou. LE BARON, d'un air satisfait.

Vraiment ?

CARAMBOLI.

Il me rend sa confiance et ma place.

LE BARON

Et moi?

CARAMBOLI.

Avec oune pension de trois mille florins.

JACINTHE

Et papa?

CARAMBOLI, s' essayant les yeux.

Et lou grand cordon de ses ordres.

LE BARON

Ah! çà, et moi?

CARAMBOLI.

Vis, mon ser, il n'a pas encore ou le temps, ma il ne vous oubliera pas. D'abord, ces zeunes zens peuvent se marier, rien ne s'y oppose.

JACINTHE et CHRISTINE.

Quel bonheur!

lE BARON.

Voilà votre affaire, mes enfans.

CARAMBOtl.

Madame la comtesse sera dame d'honneur quandelle voudra , ça ne dépend que d'elle.

lA COMTESSE.

Est-il possible!

CARAMBOLi, d'un air d'intelligence , au baron. Quant à voi , baron , il me semble que si vis alliez à Vienne , vis feriez là un voyaze fort agréable.

LE BARON

Je vous entends, (d part.) Ils veulent me présenter à l'empereur. Chaut. ) Monsieur le chevalier, je n'irai pas par quatre chemins, je me rendrai à Vieime, et je prendrai tout ce qu'on me donnera. Voilà comme j'entends le patriotisme! JACINTHE, au baron.

Eh bien! mon papa, ce qui me fait le plus de plaisir dans tout ça, c'est devoir que vous n'avez plus la Saxe dans les mains. On a beau dire, c'était une fière charge!

Air : Chœur du bal d'ouwii'ers.

Célébrons la clémence D'un prince généreux, Qui vient par sa présence De combler tous nos vœux.

LE BARON

Air du Pot de Fleur.

En dépit de la politique Me voilà sorti d'embarras.

Mais à ce bal diplomatique Je puis encor redouter un faux pas.

JACINTHE

Pour des couplets tels que les nôtres.

Ne soyez pas, messieurs, trop inhumains, Mon père avait la Saxe dans ses mains.

Notre succès est dans les vôtres.

( Reprise du chœur. )

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