SCENE PREMIERE
ROSE seule , tenant un liore à la main et assise auprès] de la table , sur laquelle on voit pêle-mêle des livres et des ouvrages de broderie.
ROSE , Usant.
« Quelle surprise pour la pauvre Anaïs! c'est son amant » qui se jette à ses pieds!...» i^S' interrompant.') Là I j'étais sûre qu'il reviendrait, celui-là. . . Ils reviennent toujours . . . dans les romans! . . . j'en suis bien aise . . . Elle est gentille, cette petite Anaïs ! . . . et puis c'est drôle , comme sa position ressemble à la mienne.. . Seule avec sa mère. . . vivant de son travail. . . refusant tous les partis, pour rester fidèle à quelqu'un qui est allé bien loin {^avec émotion^ pour faire fortune. . . (Soupirant.) Quel dommage qu'ils soient si longs à faire fortune ! . . . (Lisant.) « C'est son amant qui se » jette à ses pieds. . . O ma céleste amie, lui dit-il, je puis » enfin t'offrir ces richesses que je n'ai désirées que pour » toi... ce titre de comtesse.. . » (S'interrompant.) ha voilà comtesse . . . est-elle heureuse !
Air de Turenne.
Epouser celui que l'on aime , De l'or, des bijoux , un grand nom , Dans tous les romans c'est de même.
Si c'était le mien .' . . . Pourquoi non ? Eh! mais, après tout , pourquoi non?
Ça commence par de la peine, Ça commence par un amant ; J'ai de'jà le commencement, Faudra bien que le reste vienne.
Mon Dieu ! j'entends quelqu'un ... si c'était maman ! . . . ( Elle cache bien cite son roman , et reprend son ouvrage.) Non, c'est Angélique , notre voisine , et ma meilleure amie.