‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 61 sur 300 · EMILIE, BRÉMONT · texte numérisé non relu

EMILIE, BRÉMONT

EMILIE, pleurant.

Ah ! mon Dieu!. . . mon Dieu, je n'y survivrai pas.

BRÉMONT

Qu'est-ce donc ?

EMILIE

• M. l'abbé Doucin vient me chercher pour me conduire aujourd'hui même chez les dames de la rue de Varennes.

BRpiONT.

Pauvre enfant! ... Et je conçois que ce lieu-là, ce n'est pas gai.

EMILIE

Fût-ce un désert ... un cachot . . . cela m'est bien égal . . . Ce n'est pas cela qui me désole ... "

BRÉMONT

Et qu'est-ce donc ?

EMILIE , sanglotant.

C'est que je serai loin de lui. . . et que j'en mourrai de chagrin . . .

BRÉMONT

Est-il possible?. . . Ah î que vous me faites de plaisir.

EMILIE

Eh bien ! par exemple . . . vous que je croyais si bon.

BREMONT

C'est justement pour ça. . . En voilà donc une qui aime encore. . . comme de mon tems. . . du tems du consulat... {A Emilie.') Il faut dire que vous ne voulez pas. . . et moi , je serai là. . . je vous soutiendrai.

EMILIE

Et le moyen de résister à M"^ Guichard . . . qui m'a élevée.. . Car j'étais une pauvre orpheline. .. la fille d'une de ses anciennes amies. . . Angélique Gervaise.

6o JEUNE ET VIEILLE,

BRÉMONT

Ah! mon Dieu! cette petite Angélique si bonne, si gentille . . . qui avait toujours des bonnets à la Marengo ?

Je ne sais pas.

C'est juste.

EMILIE

BRÉMONT

EMILIE

Maïs ce que je sais, c'est qu'elle vous regardait comme

son meilleur ami et qu'elle ne désirait qu'une chose :

c'était de vous voir avant de mourir.

BRÉMONT

Pauvre Angélique I

EMILIE, lui donnant un paquet cacheté qi^ elle apportait, en entrant.

Pour vous remettre ce dépôt qui vous appartenait , et qu'autrefois, disait-elle, on lui avait confié.

BRÉMONT

Donnez , donnez, mon enfant... Mes lettres et celles de Rose, qui, lors de mon départ, étaient restées entre ses mains . . . Pauvre Angélique ! celle-là était une amie véritable. . . Aveugle que j'étais. . . Le bonheur était près de moi, sur le même ^aWïer . .. (^Ptegardant Emilie (wcc émotion^ C'aurait pu être là ma fille !. . . Ah ! que j'étais insensé !... 11 paraît que maintenant on est plus raisonnable. (// reste près de la table , oiwrant plusieurs de ces lettres , qu'il regarde d'un air mélancolique.)

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