SCÈNE XIII
EMILIE , à droite , debout sur le fauteuil , causant par la lucarne avec Augustin , qui lui baise la main; BRÉMONT, tenant une chaise à gauche ; M""= GUICHARD , entrant par le fond, en se disputant aK>ec 71/. Guichard. )
GUICHARD
Comment ! le nouveau locataire est déjà installé ?
M™' GUICHARD
Le voilà • . . ( Regardant.') Qu^est-ce que je vois !
EMILIE
C'est ta mère. {^Brémont va s'asseoir auprès de la table, et lit tout bas les lettres qu'Emilie lui a remises.)
Mme GUICHARD, qui a été prendre Emilie par la mairt , et qui Fa fait descendre du fauteuil.
Qu'est-ce que vous faites là, mademoiselle, et qu'est-ce que c'est? que signifie une conduite pareille ?. . . (Pendant ce tems , Guichard va ouvrir la porte à Augustin . ) Regarder ainsi dans la chambre d'un jeune homme. . . causer avec lui en secret. . . à l'insu de vos parens. . . et dans une maison comme la mienne ! . . . Sont-ce là les exemples qu'on vous a donnés ?
BREMONT, ouvrant une lettre qu^il a sous ta main , et la lisant à voix haute.
« Ma mère me défend de te voir , mais je m'en moque ; » et dès qu'elle sera sortie, cher Emile, je t'en avertirai, » en laissant la fenêtre ouverte. »
o ciel :
GUICHARD , sortant de la chambre avec Augustin.
Comment , monsieur. . .
AUGUSTIN *
Mais mon père . . .
M"' GUICHARD
Taisez-vous. . . Vous êtes aussi coupable; n'avez -vous
pas de honte d'un tel oubli de toutes les convenances ?
causer un tel scandale... escalader des portes, des fenêtres!
BREMOîsT, toujours assis près de la table et lisant une autre lettre.
« Prends garde, cher Emile; ton audace méfait toujours » trembler. . . et si les voisins te voyaient passer sur cette " planche ÇGuichard passe auprès de Madame Guichard.) >' de ta maison dans la nôtre.. . comme tu l'as fait hier. .. »
M""" GUICHARD **
Ah ! mon Dieu!
GUICHARD, écoutant , et à Madame Guichard.
Qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que lit ce monsieur?
BRÉMONT, sans se lever.
Un roman par lettres , que je me propose de publier avec le nom des personnages.
M""" GUICHARD
Monsieur! . .
Cela dépendra des circonstances. . . et d'un consentement que j'attends.
* Augustin, Guichard, Emilie, M^e Guichard, Brémont. ** Augustin, Emilie, Guichard, Mme Guichard, Bre'mont.
GUICIIARD.
Le consentement de l'auteur?
BRÉMONT
Justement.
GUICHARD
Ce doit être curieux. ( Voulant prendre les lettres.^ Voyons donc ?
Mme GUICHARD, le retenant.
Y pensez-vous ? Quelle indiscrétion !
GUICHARD
Elle ne veut pas que je lise , parce que c'est un roman... Ma femme est d'une rigidité de principes. . . Elle ne peut pas souffrir les romans.
BRÉMONT, se levant.
Je crois qu'elle a tort. . . Les premiers chapitres sont si
amusans Quelquefois les derniers sont bien
tristes. . • mais il y a toujours . quand on le veut bien, une leçon morale à en tirer. ( A Mad. Guichard, lui donnant la
lettre. ) Tenez , madame , lisez vous-même Je vous
la confie.
Mme GUICHARD, troublée et voulant cacher la lettre.
Monsieur ...
Ne craignez rien . . . J'en ai bien d'autres.
GUICHARD , à sa femme.
Lis donc , lis donc , ma bonne.
Mme GUICHARD, lisant avec émotion.
« Mon bien-aimé . . . Mon cher ...»
BRÉMONT
Je vous prie, par exemple, de passer les noms propres...
GUICHARD
C'est juste . . . Mon cher. . . trois étoiles.
BRÉMONT
Air: Mon père , je viens devant vous.
( A demi-voix , a Mad. Guichard, qui achève délire la lettre tout bas. ) Du roman <3e nos premiers ans Relisez la première page :
( A hduk voix, à cause de Giiichard , qui s'approche. ) Et puisqu'enfm dans les romans Tout Unit par un mariage...