‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 78 sur 300 · LIE BARON, JULIE · texte numérisé non relu

LIE BARON, JULIE

LE BAnoN , à part.

C'est que je n'ai jamais rencontré de minois plus séduisant! {Haut.) Approchez donc, mon enfant.

JULIE , s'approchant.

Zé n'ose pas, moussu lé baron.

LE BAnoN.

Est-ce que je vous fais peur?

JULIE, jouant r embarras.

Un peu , moussu lé baron.

Ain : Agnès la joiwenrt'lle (de Fra Diavolo), Axi sortir du village , Fillette de mon âge,

jManque un peu deco»ra(;e, Et tremble à cJiaque pas.

Prends ganl', s'dit-elle tout Ijas, Le niond' te guette, liclas!

Prends gard', s'dit-elle tout bas, Car du moindre l'aux pas, Bien souvent la ])lus sage Ne se relève pas.

LE BARON, iVun air aimable.

Voilà pourquoi il lui faut un ^juidc , un conseil I que n'ai-je devine que vous étiez ici ? je serais venu plutôt tenir conipa.;5uie à cette chère petite ! Vous devez bien vous ennuyer dans ce vieux château? seule avec votre père ?.. et puis , nous avons laissé peut-être quelque bon ami, là bas, dans la Provence?

Un bon ami?., oh! point du tout.

LE BARON

Est-il possible !

JULIE

Zé suis diflicile , moi.

LE BARON

Oui dà.

JULIE

Beaucoup me faisaient la cour... et des rissards encore... zé les ai pas écoutés.

LE BARON

Et pourquoi ?

JULIE

Pourquoi? je suis pas affamée d'arzent... et puis j'aime pas tout lé monde , voyez-vous.

LE BAKON.

Parbleu , je le crois bein.

JULIE

Z'ai compris que les hommes souvent ils ne voulaient que rive, zé me suis dit : Prends-y garde, Marie , tu seras attrapée, si tu les écoutes... pécaïrc^ tu n'as pas dé malice, toi.

LE BARON

Cette chère enfant I c'est qu'elle a une raison au-dessus de son âge.

DUO

Air : Fragment d'un duo des artistes par occasion (de Catel).

JULIE

L'un mê parlait de sa richesse , Et m'offrait le plus beau destin j L'autre, pour gag' de ma tendresse.

Voulait un baiser... mais soudain, .le répondais à (•ha(|n' blondiii :

Vous repasserez l'an prochain.

LE BARON

Que fie f;ràce et de gentillesse !

Mais à votre âge, mon enfant , Pour mieux conserver sa sagesse, 11 faut aimer quelqu'un pourtant.

JULIE

Lé choix est Lien embarrassant.

LE EAROr*.

15 vous f.-»udrait un homme aimaMe, Mais pas trop jeune.

JULIE

Oh ! je le croi.

LE EARON.

Un homme miir... et raisonnable, Enfin un homme... comme moi.

JULIE

Vous voulez vous moquer de moi.

LE BAROS.

Non vraiment, je me donne au diable, Ce doux regard, cette candeur.

Pour jamais enchaînent mon cœur.

JULIE

Voilà les discours qu'au village, On me tenait soir et matin j Mais je n' crains pas ce beau langage Qui cbang' du jour au lendemain. .. .

Et comm' aux aulr's j'vous dis enfin : Moussu, repassez l'an prochain.

ENSEMBLE

LE KAUON. JULIE, h fait.

De toi mon bonheur dépendra. Je le sens au fond de l'âme,

Que m'importe que l'on me blâme, IMon projet réussira.

Mon projet réussira. A ses regards je vois déjà

A ses regards je vois déjà Que mon projet réussira.

Que mon projet réussira.

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