‹ La séparation; comédie en trois actes et en proseChapitre 91 sur 300 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FEUILLETÉ, ^e«/.

Du vin! à Vasselonne! ah ben oui!., heureusement que le père Houblon, qui est brasseur de son état, m'a promis trois paniers de sa cave... ça n' sera pas de la petite bière !.. C'est-il heureux pourtant , que j'aie trouvé à me marier! je ne savais plus où donner de la tête... la pâtisserie ne va pas ici, ces Alsaciens ne veulent pas y mordre.

Aia : yaudeville de l'anonyme.

Je ne vends pas un gâteau d' la semaine j

Ceux qui sont là vont me rester, c'est sûr...

C'est d'puis un mois toujours la mêm' douzaine 5

Depuis un mois, ma foi, c'est un peu dur.

Comra* pâtissier, j' peux obtenir un' place ,

Et je n' sais pas pourquoi t'iiant à c' pays ,

J' m'ostine à fair' d'ia galette en Alsace,

Quand j* pourrais fair' des brioches à Paris.

Avec ça qu'on en fait par là... ah ! dam !.. ah ! les coquins , en font-ils!.. Ah ça! récapitulons un peu : nous disons qu'il n'y a que le mariage qui puisse me tirer de l'abîme où je suis enfoncé... mon

propriétaire, M. Balthazar, le notaire du lieu, est pire qu'un avoué... toujours des assignations, des exploits ; cependant je ne lui dois guère que quatre termes de l'année courante , trois de l'année passée, les portes et fenêtres , le balayage, les impositions; eh bien . il est toujours sur mes épaules avec des jugemens, des saisies... il m'avait même menacé pour aujourd'hui... heureusement, la dot va lui fermer la bouche .. le père Houblon me croit un vrai coq en pâte... tâchons que rien ne le désabuse... Justement le voici : dissimulons notre débine sous des dehors trompeurs.

( Il fredonne. )

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