CONCLUSIONS
1° Le shock ne peut être invoqué pour expliquer la mort qui survient après le premier jour.
Quand un malade meurt après laparotomie et qu’il ne succombe ni à l’hémorrhagie, ni à une complication viscérale ou autre, ni à l’évolution naturelle de l'affection, l'échec opératoire doit être attribué à la septicémie péritonéale.
2° L'examen de la sérosité péritonéale, recueillie immédiatement après la mort, démontre toujours la présence de microbes pathogènes, remarquables par leur vitalité. Le streptocoque est le plus fréquent et se retrouve parfois dans le sang.
3° La septicémie péritonéale s'accompagne de lésions d’autant moins accentuées que l'infection est plus aiguë ; la production du pus indique la réaction de l’organisme et doit être considérée comme une tendance vers la guérison.
4° La marche des accidents dépend : a) de la virulence de l'agent infectieux ; 4) de la résistance de l’opéré.
5° L'étude étiologique des cas d'infection démontre qu'ils sont dus à l'introduction dans le péritoine soit de microbes extrèmement virulents, soit de microbes de virulence moyenne ou presque nulle. Les premiers déterminent fréquemment la septicémie, quel que soit l’état du péritoine (irrité cu sain). Les seconds ne donnent naissance à des accidents, que s’il existe du liquide stagnant dans le péritoine dont l’état d'irritation entre aussi en ligne de compte.
6° Les germes sont, en l’état actuel de la chirurgie, généralement apportés par les mains des opérateurs.
7° Les mains doivent être, en conséquence, d’une propreté méticuleuse. Toute plaie infectée à leur surface, tout foyer de suppuration à leur niveau, si faible soit-il, doit être regardé comme une contre-indication absolue à la pratique des laparotomies.
8° Quand éclatent des accidents d'infection dans un service de chirurgie, toute opération aussi grave que l'ouverture du péritoine, doit être remise, à moins d'urgence extrême. Dans ce dernier cas, on redoublera de précautions.
9° Le voisinage de suppurants est fâcheux quand on praque des laparotomies. Beaucoup de désastres chirurgicaux seraient évités, si le même chirurgien n'était pas chargé d'ouvrir des phlegmons et des péritoines.
10° La septicémie péritonéale peut être déterminée par l'ouverture au cours de l’opération de foyers de suppuration contenant des germes virulents.
41° Pour rendre responsable d’une infection péritonéale le pus d’une collection quelconque, il est indispensable d’en avoir pratiqué l'examen bactériologique. Le pus est si fréquemment stérile, en particulier dans les suppurations pelviennes chroniques, qu’il ne faut pas l’incriminer toujours en cas d'échec.
Néanmoins, même le pus amicrobien peut être considéré comme un irritant, et, par suite, 1l faut toujours en éviter l'irruption dans le péritoine ; s’il ne détermine pas la péritonite, il peut assurément en favoriser l’éclosion.
11° La septicémie d’origine intestinale, provoquée par le passage des microorganismes à travers les parois de l’intestin simplement paralysé et dilaté, doit être fortement mise en doute. La paralysie, la dilatation et la vascularisation intestinales, loin d’être la cause de la péritonite, paraissent en être les effets immédiats.
12° La symptomatologie de la péritonite est des plus variables. Le signe le meilleur est la rapidité du pouls (125 et au-dessus). .
13° La température, quand elle est basse, donne souvent une sécurité trompeuse.
14° La septicémie péritonéale se lermine le plus souvent par la mort.
La terminaison fatale peut survenir dès le deuxième jour, le plus souvent le troisième et le quatrième, parfois plus tard.
45° Le traitement des formes suraiguës reste à trouver : lPinjection du sérum antitoxique pourrait seule peut-être arrêter les accidents.
Dans les formes aiguës on rouvrira le ventre, bien que les chances de guérison soient faibles.
Dans les cas subaigus, où la suppuration s’est produite, la laparotomie secondaire permettra quelquefois de sauver l'opéré.
46° Il faut favoriser l'élimination des toxines par les purgaüfs et les diurétiques.
AT Les symptômes fonctionnels (douleurs abdominales, vomissements, soif) doivent être calmés dans la mesure du possible. Il est inutile et inhumain de proscrire, de parti pris, toute boisson, et de n’avoir jamais recours à la morphine.
Vu par le Président de Thèse,