I. Ssiot-Orâgaire-de-Toura. en partant de Clovis, II
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met. Alors ce torrent contenu quelque temps se ilêchalnerait, il ae répandrait sur l'Europe ; le Bits-Empire était incapable de l'arrêter, ses princes abâtardis étaient impuissants à relever leur trône ébranlé. Les rois serbes manquèrent d'audace : eui à Constantin opie, l'empire d'Orient se régénérait, puisait dans la domination d'une race neuve la jeunesse qui lui avait toujoors manqué. Telle devait être la politique des successeurs d'Etienne; an lieu de s'affaiblir eux-mêmes par des luttes sans cause et sans but, ils devaient tenter de se substituer à ces grecs dégénérés. Ils ne le firent pas! ils laisseront tomber Canstantinople aux mains des infidèles, et la bataille de Kossovo sera la suite naturelle et logique de la cbute du Bas. En) pire.
Dans la longue série des rois de sa dynastie, senl Etienne Némania a filé l'attention de l'histoire, seul dans les pesmas il a été célébré sur les bords de la Save. Lui mort et ses trois fils ayant fait trois parts de son héritage, la tradition se perd, de nouvelles ténèbres enveloppent pendant deux siècles l'histoire de la Serbie ; à peine si d'arides chroniques relatent quelques noms de guerriers ou de champs de bataille. Un homme cependant a laissé an souvenir vivant enetire aujourd'hui; c'est Rastéo, le troisième fils d'Etienne, qui, embrassant la vie monacale dans le couvent de Chilandar, devint, sous le nom de Sabbas, lepèrede TÉglise nationale, assura an clergé serbe une entière indépendance en obtenant du patriarche de Constantinople la création de l'arcbevâcbé d'Ucbilzé.
tt LA SERBIE ET LE MONTÉNÉGRO'
Hais sur ua fond d'obscures légeodas dont les historien) byzaDtios ont pËniblement fiië quelques traits, ce nom . seul se détache avec quelque éclat. Que ce fût cootre le Bas- Empire, contre la Hongrie ou les Bulgares, les Serbes allaient à la guerre, comme ils allaient à la chasse, tantôt fictorieuE, tantôt vaincus, jamais assujettis. Quels furent alors lears chefs, les princes de la dynastie uémaniertne? il est bien difQcile d'en retracer la série &vec quelque exactitude depuis Ëtiennell, le premier couronné, qui descendit du trône et, simple moine, alla mourir dans un couvent sous le nom de Simon; et à travers les xiLi* et xiv> siècles avec Etienne Radi!>lav, qui triompha des zoupans de Itassie et de Bosnie ; avec Vladislas de Zinila, qui fut l'allié de Raguse; avec Ourosch, surnommé le Grand, parce qu'il protégea le clei^é et construisit quelques monastères; avec Dragouline, roi trés-chrétien, qui combattit l'hérésie manichéenne; avec Hiloutine, qai gouverna par les prêtres; avec Onrosch, qui s'appelait pompeusement roi de Rassie, de Dioclétie, d'Albanie, de Bulgarie et de tout le littoral adriatique jusqu'au Danube. De toas ces rois le peuple serbe lui-même a perdu la mémoire. Un seul a laissé un éternel souvenir et les pesmas le chanteront toujours, tandb que les princes n'auront toujours qu'un rêve : reconstruire l'èdiQce qu'il avait entrepris d'élever. Cet homme, c'est le Grand Empereur, c'est le Cbarlemague de la Seriùe, le czar Etienne Douchan.
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lOUCHAN. — LA BATAILLE DE KOSSt
ione Némania, Is politique àea rois I à conclare des traités d'alliance ave la cour de Constanlinople qui faisi 1 plas violente opposition. C'est aiu!
'aient soutenu tour à tour Andronicu idoine, Sphranze de Béotie. Telle fut ique d'Ourosch IH. A,ndronieus Paie ipereur d'Orient. Or il arriva qne le lel, beau-frère d'Ourosch, s'éprit d'u our la priacesse grecque, Thëodora.
lière femme, Nëda, et engager le isser le Danube, tout cela n'arrêta | itieus bulgare. Une guerre sanglante 1 d'Etienne Ourosch, commandait I ide comme les héros chantés par les p ce s'élance à la tét« de ses troupes, in l'insolent Michel, et rétablit l'auto
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Néda. Le gouvernement de la Zinta fut la récompense de
cette victoire.
ne vive inquiétude régnait à Constautinople. Les es commençaient à devenir menaçants en Asie, Doun suppliait son père de lui donner une armée pour lir, dans les murs mêmes à» sa capitale, l'allié de bel. Hais Androaicus rassura ses courtisans ; au lien ]e armée, le meurtrier înceslueui de Manuel Paléolose borna à envoyer vers Etienne une belle grecque, cba, • princesse par son rang, courtisane par sa vie '. ■ 1 suffit : le faible prince ne sut pas résister aux séduc- 3 du dangereuï prisent que lui faisait Androniciis; il usa Sinicha et en .eut un fils, auquel il donna le nom la nouvelle reine. Bieulôt toute l'affection d'Etienne «ncentra sur le fils de la belle grecque, et Douchaa relégué dans la Ziata. Le rude soldai était inhabile à idre. * Il De sera pas dit, s'écria-t-il, que le royaume N'émania est tombé en quenouille! > et il se souleva tre son père. L'armée aimait Douchan, elle se souvel de ses exploits, un premier échec ne découragea pas ^une prince; il surprit son père dans les environs de orleresse de Pétrik ', le fit prisonnier et l'envoya irir dans la citadelle de Zvelchan, 1336. e simple titre de kral ne suffisait pas à l'ambition de ichan. Hais pour pouvoir prendre celui decîar, il lui ût d'autres lauriers que ceux d'une guerre civile.
. Giljbon, V. VII., p. 88.
. H. ThierB.I«!.oit..p.49.
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ETIENNE DOUGIIAN ET ROSSOTO. 15
C'est alors que le jeane priace puisa dans son génie une grande pensée. Les Ottomans venaient de s'emparer de Brousse, en Asie-Mineure, et ils menaçaient l'Europe. « Je renouvellerai l'empire d'Orient, s'écria Douchan, je ferai de Constantinopla ma capitale, j'opposerai aux Turcs de vraies troupes et un vrai peuple. ■ Peut-être était-il trop tard pour tenter cette entreprise, au moment même où les Turcs s'apprêtaient à passer le Bosphore. Mais la conception du kral n'en était pas moins belle et hardie ; ce que Charles- Martel fit ï^oitiers, ce que Sobieski fern à Vienne, Douchan voulut l'essayera Byzance. Il échoua dans celte tentative, ou plutôt la mort ne lut laissa pas le temps de la réaliser; le peuple serbe fut juste: le souvenir de l'homme qui a voulu fonder un Empire Serbe- Bjzantin vivra toujours.
A peine monté sur le trône, Douchan entreprit contre le misérable Andronicus une guerre qui ne ressemblait en riec aux expéditions de pillage dé ses prédécessears. Lalnlteduratrois années(l341-1344). La vaste province de Macédoine, jusqu'à Négrepont et Salonique, fut définitivement conquise ; l'empereur trembla à Constantinople et demanda la pais. Douchan ne consentit qu'à nue trêve. Andronicus mourut; son successeur était un enfant de neuf ans, Jean Paléologue, que son tuteur, l'ambiUeux Cantacuzéne, se bâta de renverser pour revêtir lui-même à Dèmolica la pourpre impériale : < Sois mon allié, dit-il s au kral serbe, travaillonsensembleàfortifler nos peuples, « à consolider nos provinces, à nous secourir l'un l'autre,
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iO LA SBRBIB ET LE UONTËNËGRO-
> comme deux frères, comme deux pobratimes '. ■ — Douchan repoussa ses offres, et, l'àme pleine de ses grandes pensées, recommença la guerre. L'Albanie et l'Épire, l'Acarnanie et la Tbessalie, Costotir et JaDina, Stronitza et Sérès, se soumirent tour à tourà l'audacieni conquérant. Eu même temps, les Turcs occupaient l'Asie- Mioeure toat entière : a Hélas, dit Cantacuzène, ce n'est B pas de la guerre ottomane que je me plains; elle est u semblable à ces chaleurs de l'été toujours supportables,
> souvent utiles. Hais la guerre de Douchaa causera la V ruine de mon Empire; c'est la funeste chaleur de la » flêTe qui consume îans remède tons les organes de la
> vie ' I » Ces poétiques paroles ne pouvaient sauver Constaulinople ; l'empereur mendia le secours des Otto' mans contre les Serbes.
De jour eu jour, la puissance et la gloire du kral Douchan aug&ientaient, le peuple voyait en lui le dàfenseur de la chrélieulé, le successeur des béros des croisades. Partout son génie militaire, joiat à l'enthousiasme qu'il savait inspirer à ses troupes, lui rendait la victoire facile. Pendant que Jean Cantacuzène * était en Thrace, il poursuivait avec énergie ses conquêtes en Macédoine, s'emparait de Phéra et de Berrhoé. Les Byzantins, qui supportaient toujours aisément leurs défaites, quand