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ROLE HUMANITAIRE DE L'ORTHODOXIE SERBE

Cernaev, Pobjedonoscev, Nil Popov, Durnov et avec de nombreux dignitaires de l’Églisse russe. C’est par son intermédiaire qu’arrivaient en Serbie maints envois et secours en espèces ou en nature destinés aux insurgés. Popovié évalue à plusieurs millions de dinars les sommes ainsi expédiées à la Métropolie de Belgrade. Celle-ci transmettait les plus gros mandats au Ministère des Finances qui se chargeait de les répartir en secours aux Serbes émigrés de Bosnie et d’Herzégovine ! et en aide aux usta$i de Bosnie. Parfois cependant le Comité Slave chargeait nommément le Métropolite de procéder lui-même à la répartition : « Tout l’argent qu’on vous envoie, sans instructions déterminées relativement à sa répartition, doit être employé à des buts de bienfaisance et les besoins rentrant dans cette catégorie vous sont davantage et mieux connus qu’ils ne le sont ici par nous ? ». De même le Métropolite entretenait des relations directes avec les comités révolutionnaires bosniaques, comme en témoigne la correspondance échangée entre les chefs du Comité central pour la libération en Bosnie, Jovo Bilbija et Spasoje Babié. 40.000 insurgés s’étaient réfugiés sur le territoire autrichien à Stara Gradiska. Le Gouvernement autrichien les avait répartis par villages, mais ils n'avaient pas tardé à souffrir d’une profonde misère. Le Métropolite avait chargé un de ses prêtres, le célèbre Jovan Jovanovié, d’enquêter sur la situation de ces malheureux que l’Église orthodoxe serbe, même avec les secours russes, était incapable d’aider. Le rapport du futur évêque de Sabac révéla à la Serbie la situation lamentable des émigrés. Il peignit le désespoir de ces

la Garde impériale, puis fonctionnaire au Ministère des Affaires étrangères et enfin correspondant à Londres de journaux russes, un des organisateurs du « Comité International de secours pour les femmes et les enfants de Bosnie-Herzégovine », raconte lui-même comment il songea au Métropolite Mihailo pour présider le Comité : « À la tête d’une œuvre charitable il serait préférable de mettre un prince de l’Église. Oh ! Mgr Michel, archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie serait le président idéal ! Lui qui m’engageait à coopérer aux plans du Prince Michel, ne serait-il pas encore disposé à me seconder.?.…» Et en effet, selon le prince, le Métropolite aurait répondu au télégramme de Wesselickij de la façon la plus chaleureuse : « J'accepte la présidence du Comité et vous bénis pour votre initiative. Venez dans mes bras, mon cher fils, nous chercherons ensemble les moyens d'exécuter cette œuvre sainte et charitable... » G. de Wesselickij Bozidarovié, Dix mois de ma vie 1875-1876, Paris, 1929, p. 7-8.

1 Les plus nombreux (environ 15.500) d’entre eux se trouvaient dans le district d’Uïice (Popovié (M. I.), Istorijska uloga Srpske Crkve, p. 227).

2 Cf. la lettre du Comité Slave au Métropolite, signée par Nil Popov et en date du 17 sept. 1876 (Popovié (M. L.), op. cit., p. 227, et Ristié, op. cit., p. 156-8).

Autres ouvrages consultés : Prorokovié (T. R.), Buna 1874 i ustanak u Hercegovini 1875 godine, Belgrade, 1902 ; Pavlovié (S. I.), Gradja za istoriju ustanka 1 ratova 1875-1878 godine, Belgrade, 1911 ; Sobajié (M.), Nevesinjski ustanak, Nikëié, 1925.

306 LA « croIsADE » DE 1875-1878

familles serbes résolues à retourner dans leurs foyers, même au risque d’être massacrées par les Turcs, plutôt que de « crever de froid et de faim » 1. «

De tous les côtés les réfugiés bosniaques se tournaient vers Mihaïlo comme vers leur protecteur naturel. Le Métropolite recevait des télégrammes de Split, de Sinj, de Knin, sollicitant des secours. Même au Monténégro, par l’intermédiaire du Métropolite Hilarion, il envoyait en décembre 1876 une somme de 60.000 groë. Au cours de l’année 1875 et de l’hiver 1875-1876 la Serbie, largement aidée au reste par le Comité Slave,avait dépensé près de 110.000 ducats pour les réfugiés de Bosnie et d’Herzégovine. C’est la somme fixée par le Ministre des Affaires étrangères Jovan Ristié, dans une lettre en date du 9 octobre 1876, adressée au Métropolite qu’il priait de transmettre ces chiffres au Comité Slave.

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