LA RENAISSANCE ET LE DIX-SEPTIEME SIECLE
La robuste habileté, l'esprit inventif, la féconde ingé niosité des serruriers du Moyen Age avaient été surexci tés, nous l'avons dit, par les inquiétudes sans cesse renaissantes, par les transes perpétuelles dans lesquelles on vivait alors. Avec la Renaissance les temps se firent meilleurs; la société acheva de se fixer; la sécurité publique et privée devint plus grande. Comme conséquence, l'art et les mœurs se transformèrent. Cette transformation, ajoutée aux progrès matériels réalisés par d'autres industries, rendit plus rares les occasions que les ouvriers du fer avaient de déployer leurs talents. Cependant il n'en faudrait pas conclure, comme l'ont fait certains archéologues, qu'à partir du règne de Louis XII, il se produisit dans l'art qui nous occupe une regrettable décadence. L'activité de ceux qui l'exerçaient se ralentit peut-être, mais l'exécution ne perdit rien de ses qualités magistrales. La production, en s'engageant dans d'autres voies, changea simplement de caractère.
Depuis cinquante ans déjà, nous l'avons expliqué dans ce livre et ailleurs*, les menuisiers, devenus plus habiles, étaient parvenus à se passer des services du serrurier. Désormais, n'employant plus que de menushois, ils exécutaient leurs portes, leurs coffres, leurs armoires, à l'aide de cadres remplis par des panneaux embrévés, et leurs assemblages présentaient une solidité suffisante pour que l'adjonction de pentures compliquées fût jugée superflue. En fait de menus ouvrages, les serruriers eurent donc infiniment moins à faire. Pour ce qui est des grandes clôtures, l'intervention de l'artillerie, en transformant la tacti-