L'Art du serrurier, publié pour la première fois en
sans se gercer, et plier à froid sans se casser, a le grain homogène et moyen.
Ainsi, de l'aveu même des hommes les plus compétents-, tous les fers anciens, préparés exclusivement au marteau», étaient loin de posséder cet ensemble de qualités supérieures que les écrivains de notre temps leur attribuent. Ajoutons qu'à cette époque, comme de nos jours, le forgeron habile arrivait à remédier par son travail aux défectuosités plus ou moins graves du métal employé par lui. a II est certain, ajoute Duhamel du Monceau, que par la façon de battre le fer sous le marteau on lui donne le nerf ou on lui ôte cette qualité s'il l'avait. En terme de serrurier, on le corrompt. »
Une fois forgé au martinet et corroyé au laminoir, le fer est livré, sous une des trois formes que nous venons d'indiquer, au serrurier qui le met en œuvre. Le fer se travaille à chaud et à froid. A chaud s'exécutent les soudures, l'étampage et, d'une façon générale, tous les grands ouvrages qui exigent l'emploi de verges ou de barres épaisses. C'est à chaud qu'on donne à ces barres la forme qui leur convient, qu'on les équarrit, qu'on les dresse, qu'on les dégauchit, qu'on les courbe, qu'on forme ces enroulements gracieux qui jouent un rôle si considérable dans l'ordonnance élégante ou majestueuse, suivant le cas, des balcons et des grilles. Tous les travaux d'achèvement à la lime, de même que ceux de découpage, de relevage, de ciselure qui s'exécutent ordinairement sur des parties de métal relativement très minces, ont lieu, au contraire, à froid. Il en est de même de la prise dans la masse, très usitée autrefois, presque abandonnée aujourd'hui et qui ne convient, du reste, qu'aux ouvrages de dimensions très réduites. De toutes ces manières de travailler le fer, le façonnage à chaud sur l'enclume est assurément la plus caractéristique. C'est de lui que nous allons parler tout d'abord.
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