‹ La servante du curé, tableau-vaudeville en un acteChapitre 15 sur 20 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les Mêmes, M, THOMAS, puis BRIGITTE, puis encore LELEU, qui a quitté son uniforme.

M. THOMAS, à tout le monde qui se presse au devant de Lui. Bonjour, mes amis, bonjour... salut madame Robert... à vous aussi voisin et voisine Girard...

UN ENFANT. Bonjour M. Thomas.

M. THOMAS. Ah! ahl tu es aussi de la fête toi?.. [Le prenant à part.) Hum! petit coquin, tu n'y resterais pas, si j'instruisais ta mère, du tour que tu m'as joué hier soir... plein sa casquette de hannetons, qu'il s'amusait à faire envoler pendant le catéchisme.

l'enfant. Ah! vous qu'êtes si bon, ne le dites pas, m'sieur le curé; je ne le ferai plus.

M. THOMAS, lui tapant doucement sur la joue. A la bonne heure. ^adressant au père de ta mariée qui vient à lui.) Eh bien ! mon bon père Simon , voilà qui , j'en suis sûr, vous rajeunit de vingt ans : C'est un si beau jour que celui ou l'on marie sa fille!., cette bonne petite Rose, c'est pourtant moi qui lui ai troin ré i e mari-là.

UNE JEUNE FILLE. Ali! trouvez m'en un aussi M. Thomas?

plusieurs autres, ensemble. Moi aussi! moi aussi M. Thomas!

M. THOMAS. Ali! écoutez donc...

Air .- Si ça t arrive encore.

Vous. vonle/. toutes des maria .

Mes on fa ne . c'est allei btai \ itu '

Le mariage , à mon avis, Est un prix de bonne conduite.

Rose avait gagné ce prix-là , Elle est l'orgueil de nos villages ; Attendez , votre tour viendra... Si vous êtes bien sages.

TOUS. A table! à table!

LE MARIÉ. Et de la joie, morbleu !

Tandis qu'on place M. Thomas et que tous les invités se mettent à table , Erigitte entre en scène et va se placer aussi.

MAD. GAILLARD, à part et en la désignant. Dine bien, je te le conseille; tu ne t'attends pas au dessert que je te prépare.

lblbd, entrant avec un violon.

Air: Gai, gai, mariez-vous.

Plac', plac', qui veut danser, Via îa danse Qui commence; Plac', plac', qui veut danser, La dause va commencer.

S' adressant à tous ceux qui ne sont pas à table. Tandis qu'eux autres, là-bas, S'amus' à jouer des assiettes , J'vas vous fair' jouer des fourchettes A vous autr' qui n' mangea pas.

tocs.

Plac', plac', qui veut danser., etc.

Tout le monde s'est placé à l'invitation de Lele<. Après la première contredanse.

UN CONVIVE, se levant. A la santé des mariés!

LE MARIÉ. Et puis maintenant, à M. Thomas la chanson de noce.

TOUS. C'est ça, c'est ça, à M. Thomas!

M. THOMAS. Alors, je réclame un peu de silence, car je n'ai plus la voix bien forte, mes pauvres enfans.

ERIGITTE, à M. Thomas. Comment vous allez chanter?vous ?

M, THOMAS. Eh bien, quel mal y a-t-il à cela?

BRIGITTE, avec humeur. Ah! ah! sainte Vierge!..

Elle se lève de table et quitte la seène.

TOUS. Silence! silence!

M. [THOMAS. Attention; le refrain se reprend en chœur.

Air : La treille de sincérité

Dieu lui-même

Ordonne qu'on aime, Suivez donc ce précepte-là, Et le bon Dieu vous bénira.

Reprise en chœur.

m. thomas, continuant.

O vous, dont le bonheur commence, Prêtez l'oreille à mes discours, Rendez grâce à la providence Qui vous accorde son secours, El vient de bénir vos amours.

Pour que la raison qui m'éclaire , Ne vous guide pas à demi, Ma voix sera celle d'un père, Et mes conseils, ceux d'un ami.

Dieu lui-même, etc.

Soyez attentifs à vous plaire, Sans cesse étudiez vos goûis :

Waycz ni froideur ni colère, Encor moins de soupçons jaloux, Il faut s'en passer entre époux.

11 est dans le meilleur ménage, Souvent des heures de regrets, Mais ce sont des instans d'orage Et le beau temps revient après.

Dieu lui-même, etc.

Ne convoitez pas l'opulence, L'or ne donne pas le bonheur, On peut défier l'indigence Lorsque l'on s'aime avec ardeur, Et qu'on a le calme du cœur.

Rendez votre chaîne légère, Aimez-vous bien, ô mes amis!

Un bon ménage, sur la teire Est l'image du paradis!

Dieu lui-même

Ordonne qu'on aime, Suivez donc ce précepte-là Et le bon Dieu vous bénira.

TOUS. Bravo î bravo ! vive les mariés! Yive M. Thomas !

Leleu monté sur un tonneau , va donner le signal d'une nouvelle contredanse, lorsque des paysans groupé au fond du théâtre, tirent en l'air quelques coups de fusil.

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