SCENE III
Les Mêmes, BRIGITTE, MAD. GAILLARD.
BRIGITTE. J'en étais sûre, encore ensemble!
JACQUELINE, à part. Dieu ! ma marraine.
LELEU, de même. Diable! la bourgeoise!
BRIGITTE, à Jacqueline. Ne vous avais-je pas défendu de sortir? ne savez vous pas que M. Thomas et moi, nous sommes in vités de la noce d'André, qui se fait cbez madame Gaillard?
MAD. GAILLARD, à Leleu. Pourquoi n'êtes-vous pas à votre cuisine? ne voyez-vous pas que l'heure s'écoule, et que rien ne sera prêt ?
BRIGITTE, d Jacqueline. Il faut que vous ayez bien peu de honte, causer toute seule avec un homme!..
MAD. GAILLARD. Voyez s'ils répondront!
LELEU. Pardié! j'erois ben, vous parlez si tant et si vite, toutes les deux, qu'il n'y a pas seulement moyen rfplacer un pauvre mot.
JACQUELINE. On no peut pas même se justicier.
BRIGITTE, iapoussant cers la porU du presbytère. Allez , allez , el taisez-vous, petite répondeuse !..
MAD. GAILLARD, à Leleu. Et vous, marchez à vos fourneaux, paresseux !..
LELEU. Paresseux!.. Ah hen , c'est bon je n'ai peut-être pas assez d'ouvrage pour aujourd'hui, n'est-ce pas? à deux heures faut que je tambourine une proclamation du maire; à trois, c'est le dîner à servir; à quatre, c'est les vêpres à sonner; à cinq, j'ai un baptême, et faut encore avec ça que je fasse danser les mariés!., croyez-vous pas que je sois déjà tant à la noce? j' n'ai pas encore seulement pris le temps de déjeuner!..
MAD. GAILLARD. Le nigaud! risquer de s'abîmer l'estomac!.. (Plus bas.) va prendre un bouillon, un verre de vin; est-ce que je te refuse quelque chose, mauvais sujet?
Elle le pince.
LELEU, à part. Hein! l'astutieuse, comme elle me cajole!
BRIGITTE. Eh bien! voisine, ce drôle ne vous obéit pas mieux que ça? Voyez, moi , je n'ai eu qu'un mot à dire. . (Apercevant Jacqueline qui est rentrée doucement en scène) Comment, petite effrontée, vous êtes encore là?., voulez-vous bien rentrer tout de suite...
JACQUELINE, à part. C'est que j'ai peur qu'il ne bavarde, il est si malicieux, ce petit rouget -là!..