‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme] Octave SachotChapitre 3 sur 45 · FA POELE · texte numérisé non relu

FA POELE

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C'est le 3 juillet 1865 que le brick O{ga, remorqué par le vapeur George Wright, quitta le port de San Francisco pour le Kamtchatka, avec M. Bush et ses compagnons, faisant route tout droit sur la baie d’Avatcha, au fond de laquelle est bâtie la petite ville de Pétropaulovski ou Pétropaulausk.

En entrant dans le port, le premier objet qui frappa nos Américains, ce furent les restes de divers travaux de terre qui, pendant la guerre de Crimée, aidèrent à la défense de la place contre la flotte alliée. Car, bien que située sur l'extrême frontière de la civilisation, cette petite colonie kamtchadale, — dont la capture cependant ne devait pas influer beaucoup sur le succès définitif de la campagne, — dut, elle aussi, prendre part à la lutte: disons qu'elle s’en acquitta noblement en forçant ses adversaires, grâce aux avantages naturels de sa position, à se contenter d’un assez vif bombardement, auquel elle riposta de ses batteries de côte et des canons de deux bâtiments de guerre à l'ancre dans le petit port.

Pétropaulovski ne compte pas aujourd'hui plus de trois cents habitants, indigènes compris; mais alors la ville avait bien plus d'importance, étant le principal

établissement russe sur le Pacifique. A l’époque de l'engagement en question, la population pouvait s'élever à un millier d'âmes; malheureusement pour elle, l'année suivante, le port de Nicolayefsk ayant été fondé, Pétropaulovski, par ordre venu de Saint-Pétershbourg, fut abandonné et la garnison, les approvisionnements et une grande partie des habitants transférés à Nicolayefsk. Cette mesure fut exécutée juste à temps pour faire échapper tout ce monde à une nouvelle attaque. L’escadre alliée ne tarda pas, en effet, à reparaître pour prendre sa revanche. Les canons anglo-français rasèrent cette fois toutes les batteries et détruisirent la plupart des édifices. Depuis lors, la pauvre petite colonie ne s’est pas relevée beaucoup.

L'histoire de Pétropaulovski date de l’année 1740, époque à laquelle des magasins furent établis sur son site par un certain Felagin, que Behring avait envoyé visiter la baie d'Avatcha préalablement à ses explorations sur la côte nord-ouest de l'Amérique. Son nom lui vient de deux navires, le Saint-Pierre et le Saint- Paul, construits dansles chantiers de la ville d'Okhotsk, en 1739, et dont Behring se servit pour ses voyages. A partir de cette date, Pétropaulovski grandit petit à petit en population et en importance jusqu’à l'ouverture des hostilités mentionnées plus haut,

On aurait tort de croire que l'existence est absolument dépourvue de confort dans ce petit coin perdu de l'Asie septentrionale. La petite société qui vit là se réunit, danse, joue et festoie de son mieux.

Un caractère commun à toutes les maisons, c’est le « peachka » ou grand poêle de briques, destiné à chauffer les différents appartements ; il est d'ordinaire construit au centre de la maison. Cet appareil ressemble fort à un four de boulanger ; mais avant que la chaleur et la fumée

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