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de force, et celte insignifiante amélioration fut cause en partie d’une illusion de nos sens, qui, en s'évanouissant, nous laissa dans un désappointement cruel. Sans nous en douter, nous approchions encore de la mer, quand tout à coup nous crûmes avoir devant nous un groupe d’yaranga que nous saluâmes avec transport, Chose étrange, les chiens manifestaient également de joyeux symptômes de reconnaissance, et nous n'eùmes pas besoin de les exciter beaucoup pour leur faire presser leur allure. Hélas ! nous aurions pu épargner nos hourrabhs d’allégresse. Ce que nous avions pris pour des yaranga n'étaient que les profils de falaises et de rochers abruptes qui, quand nous les apppochâmes, semblèren! nous grimacer un rire moqueur.
« L'immense quantité de neige tombée avait rendu la marche excessivement difficile surtout avec des traineaux aussi chargés qu'étaient les nôtres. Les chiens pouvaient à peine se dégager, et nous étions obligés à chaque instant de relever un véhicule ou l’autre. Dans notre état d'épuisement, ces continuels efforts étaient excessivement pénibles, et l'extrême faiblesse de M. Moore, qui souffrait toujours de son indisposition, ajoutait encore à nos fatigues.
« Dans l'impossibilité matérielle d'aller plus loin, nous nous arrêtâmes enfin à l'entrée d'un petit canal bordé de rivages escarpés. Nous passâmes là une nuit de misère et d'inquiétude infiniment plus terrible qu'aucune des précédentes. Le vent, qui s’engouffrait avec violence dans ce défilé, nous enterrait sous des tourbillons de neige et nous gelait jusqu’à la moelle des os, la température ayant de nouveau baissé considérablement.
« Cette nuit restera à tout jamais gravée dans ma mémoire. Je ne me rappelle pas de fois ses heures si lentes sans frissonner à la pensée de l'état où nous devions