‹ La Sibérie orientale et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 3 sur 38 · D) LA SIBÉRIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

D) LA SIBÉRIE ORIENTALE

pany », laquelle se mit immédiatement en mesure de mener à fin l’entreprise.

IL s'agissait d’abord d'étudier la route qui devait relier Victoria, à l'embouchure dela rivière Fraser, dans la Colombie anglaise, avec la ville russe de Nicolavefsk, à l’embouchure du fleuve Amour en Asie, à travers le détroit de Behring, et pour cela explorer plusieurs milliers de kilomètres de territoires inconnus sur les deux rives du détroit, se concilier des tribus-sauvages et braver durant de longs mois, durant des années peut-être, les rigueurs extrèmes de température de ces climats septentrionaux.

Une expédition fut rapidement organisée, À sa tête fut placé le colonel Charles Bulkley. Le travail fut ainsi réparti : le major Robert Kennicott, directeur de l’Académie des sciences naturelles de Chicago, voyageur expérimenté, que nous retrouverons plus loin, fut choisi comme commandant de la fraction destinée à être déposée sur la côte américaine du détroit de Bchring pour se lancer à l’est à travers l'Amérique russe et'rejoindre une autre troupe d'explorateurs mise sous les ordres du major Frank Pope et qui, après avoir été déposée à la rivière Fraser, devait pousser vers le nord à travers la Golombie anglaise.

Le lieutenant Macrae, avecun petit nombre d'hommes, devait être laissé à l'embouchure de l’'Anadyr, sur la côte sibérienne du détroit de Behring, pour remonter ce fleuve jusqu’à un ancien petit poste russe nommé Anadyrsk, et de là, si c'était possible, gagner par le sud un campement indigène nommé Kamenoi, à l’extrémité nord de la mer d’Okhotsk. Là, il y avait à présumer qu'il serait rejoint par quelque autre groupe de l’expédition.

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Le reste des explorations sibériennes, plus de 5,000 kilomètres, était confié au major Abasa et à quatre autres personnes : un ingénieur russe avec la direction supérieure de toute la division asiatique de la ligne, les capitaines J. Mahood et G. Kennan, et M. Richard Bush.

La relation que ce dernier a écrite de son voyage forme un compacte in-8°": ces le journal d’un séjour de près de trois années dans des régions désolées, mais non dépourvues d'intérêt, que personne avant lui n’avait encore décrites, et dont la plus grande étendue n'avait encore été jusque-là visitée par aucun homme blanc. Nous nous proposons, dans la première partie de notre travail, d’emprunter à ce curieux volume quelques-unes de ses informations les plus intéressantes. Nous nous attacherons ensuile aux pas de Kennicot et de ses compagnons à travers l’Amérique russe et nous en profiterons pour relier aux données de l'exploration américaine les renseignements fournis par les diverses expéditions russes antérieures sur la géographie, l'ethnographie, l’histoire naturelle, ete. , de ce coin nord-ouest extrème, de cetteespéce d’ « Ultima Thule, » du continent américain,

! Reindeer, Dogs and Snow-Shoes : A journal of Siberian travels and

exploralions. By Richard J. Bush, late of the Russo-American, telegraph expedition.

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C’estle 5 juillet 1865, que le brick Olga, remorqué par le vapeur George Wright, quitta le port de San Fran::isco pour le Kamtchatka, avec M. Bush et ses compagnons, faisant route tout droit sur la baie d'Avatcha, au fond de laquelle est bâtie la petite ville de Pétropaulovski ou Pétropaulausk. En entrant dans le port, le premier objet qui frappa nos Américains, ce furent les restes de divers travaux de terre qui, pendant la guerre de Crimée, aidèrent à la défense de la place contre la flotte alliée. Car, bien quesituée sur l’extrême frontière de la civilisation, cette petite colonie kamtchadale, dont la capture cependant ne devait pas influer beaucoup sur le succès définitil de la campagne, dut, elle aussi, prendre part à la lutte ; disons qu’elle s'en acquitta noblement en forçant ses adversaires, grâce aux avantages naturels de sa position, à se contenter d’un assez vif bombardement, auquel elle riposta de ses batteries de côte et des canons de deux bâtiments de guerre à l’ancre dans le petit port.

Pétropaulovski ne compte pas aujourd'hui plus de lrois cents habitants, indigènes compris; mais alors la ville avait bien plus d'importance, étant le principal établissement russe sur le Pacifique. À époque de Pengagement en question, la population pouvait s'élever à un millier d’âmes; malheureusement pour elle, l'année suivante, le port de Nicolavefsk ayant été fondé, Pétropaulovski, par ordre venu de Saint-Pétersbourg, fut abandonné et Ja garnison, les approvisionnements et une grande partie des habitants transférés à Nicolavefsk. Cette mesure futexécutée juste à temps pour faire éehapper tout ce monde à une nouvelle attaque ; l'escadre alliée ne tarda pas, en effet, à reparaitre pour reprendre sa revanche. Les canons anglo-français rasèrent cette fois toutes les batteries et brülèrent la plupart des édifices. Depuis lors la pauvre petite colonie ne s’est pas relevée beaucoup.

L'histoire de Pétropaulovski date de l’année 1740, époque à laquelle des magasins furent établis sur son site par un certain Felagin, que Behring avait envoyé visiter la baie d'Avatcha préalablement à ses explorations sur la côte nord-ouest de Amérique, Son nom lui vient de deux navires, le Saint-Pierre et le Saint-Paul, construits dans les chantiers de la ville d'Okhotsk, sur la mer d’Okhotsk, en 1759, et dont Behring se servit pour ses voyages. À partir de cette date, Pétropaulovski grandit petit à petit en population et en importance jusqu'à l'ouverture (4 hostilités mentionnées plus haut.

On aurait tort de croire que l'existence est absolument dépourvue de confort dans ce petit coin perdu de l'Asie septentrionale, La petite société qui vit là se réunit, danse, joue et festoie de son mieux. Un caractère com-

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