ÉLÉMENT ANGLAIS
Puisque nous en sommes à ce sujet, je ne surprendrai personne, en disant que nos compatriotes d'origine anglaise, qui nous accusent de susceptibilité excessive, agissent el écrivent souvent comme si nous n'étions pas capables de ressentir les affronts qu'an veut nous iniliger.
ji est une foule de Canadiens-Anglais qui n'ont jamais vu VEurope, et sur lesquels, Je mot French fait une telle impression, que le fair-play britannique ”dispa-
rait complètement. Par exempte, et j'en
men ae
appelle au bon sens anglais, les injures et insinuations qui ont élé dites et écrites contre los missionnaires français cathuliques, contre la population Canadiennéfrancaise, -contre nos sollats Canadiensfrancais, à l'occusion des troubles pt autres malheurs qui ont éprouvé le pays, tout cela n'est-il pas d'une absurdite qui n'est égalée que par l'injustice qui s'y manifeste ? [n'a faHu rien moins, que les tortures endurées par nos généreux missionnaires, et même l'effusion du sang de deux d'entre :
eux, pour foire tire les caloinnies qu'on léur prodiguaient, en les aceusant d'ètro des lanteurs de rébellion et due déloyaute.
Pourtant on devrait le savoir, ces crimes sont ‘ énergiquement condamnés par Sainte Egliso Catholique, dopuis bientôt vingt siècles, et cela, non-seulement, quand ses enfants ont eomme nous l'avantage de vivre sous la protection de lois sages et ëquitables, mais bien encore, lorsqu'ils | ont élè Jes martyrs de lu cruauté des ty-rans. . ‘+, Quant à notre origine française, elle est assez noble pour que ceux qui ne la partagent pas dussent la respecter. o4 pouvons ‘nous consoler à Ja -pensée, queñ “Ceux.qui nous vilipendent tant, ne nouf !
conhaisseñf poiyt.…..Faisons-nous connaitre, non par Jes crinileries “@l"Irs- chants sédi. ticux dans la rue, mais en forçant Cru mêmes qui ne parlent fas notre langue (malheureusement pour eux et pour nous, ils sont trop nombreux}; à étudier l'histoire
"duc : . = Canada, non-seulement l'époque héroïque
du Régi : ar : :
in Régime Français, mais bien aussi dopuis * nquéte, Notre histoire est toute enri- .
Angles faits honorables pour nous ; aucun Rise ee Jon sens ne peut étudier cuttu
ISEOITE, SANS Voir SC dissiper au moins Une partie des préjugés que lui et los siens caressent avec complaisance.
G est l'étude de cette histoire qui dès 1847, inspirail au London Times la ‘véloxion suivante : . « Qui esbco qui nous à * conservé 18 Canada, jusqu'à ce four ?, Üe “n'est rien de ec qui lui est venu de C6 HAS. « Ce ne sont point Ses ntfinités politiques. Cv “ n'est pas ja similitude de races, Ge n'est “pas la coinmunauté des institutions. Cu & n'est pas à force des armes, é’est à l'oré « gine française du Canada qe nous de- “vons quil soû nôtre. Les habitudes s0- “ cinlos ont prévalues contre les antipa- “ LMics nationales, et son régime pcimitif “ de seigneurs, de Prètres et d'habitants, .
“nous a êté fidèle, à nous leurs récents # conquérants, lorsque note propre chair « et notre propre sang Nous abhorraient ct « nous chassuiont du 801.”
Jeremercie un ami qui d'est pas d'ori-
ine fraises de m'uvoie commainiqué cet article, je prie mes autres amis nou français de vouloir bien î tire.
AUX CANADIENS-FHANGAIS,
RSS nationaux je dirai: ‘Soyons
fidèles à notre histoire.”
Pa
Jä ‘ LA SITUATION
On s'irrite de ce que non content d'avoir pendu Riel en réalité, on a voulu avant ct après lo pendre en ofligie. Jo ne chercherai
ws à pallier cet acte indigne, J'ai ou bien onto, quand à Winnipeg on a fait püsser le Lieutenant-Gouverneur de la Province et le général Middieton sous un échäfaud do fantaisié, ‘dressé à lu placo d'un*are do uiomphe. ‘
Lo regret éprouvé dans cette circonstanco n'a pas dininué celui quo j'ai ressouli, quand j'ai appris qu'en maints endroits de la Province de Québec, on avait dressé des échafauds ot des bûüchors, pour y simuler l'exécution d'hommes’ publics, dont on n'est pas obligé d’upprouver tous les actes, mais auxquels on doit le respect que éomman.
dent les hautes positions qu'ils occupent.
Oh! mos chers compatriotes, veuillez en
. croire à ceux qui parmi nous pensent so.
ricusoment ! Des actes comme ceux que jo viens d'indiquer no peuvent pas grandir un peuple.
Encore une fois, recourez aux moyens constitutionnels tant que vous voudrez, mais n'imprimez pas à notre état social les commotions qni peuvent rendre la vio désagréable pour vous ou pour les autres. Nous sommes catholiques et dans nos reletions sociales, nons devons nous rappeler ce qu’à dit un homme illustre: “que l’Rglise Caiholique est la plus grande école du respect ;”* respect pour l'autorié ét pour ceux qui la représentent, respect pour'tous, mème pour ceux qui ne comprennent pas l’obligalion
. de ce devoir. ‘
PAR MGR ALEKANDRE TAGIÉ, 35
Dans le cercle rétréci d'une fille, où il ÿ u communauté entière d'idées, Vo sentiments, d'intérêts, on trouve hélas! benuconp do divergences. Comment oser ospérorque dans un pays aussi vaste quo le nôtre, où À y a uno si grande dillérenco do nationalités at muiltiplicités de provincos, comment espérer de pouvoir nous harmo:
niser, à moins quo chacun soit prêt à faire la part de sacilice qui peut être exigéo. de lui? Somme toute, nous devons on convenir la Providence nous a fuit un sort plus heureux que nous nr pouvions naturellemerit l'attendre. Nos institutions ont de l'ampleur ‘et do la souplesss; l'atmosphère. que nous respirons, est en général plein de liborté, Sans doute, tout autour de nous, f'est pas perfection, mais rien ne s'oppose à ce que nous travaillions avec énergio à co perfec.
tionnement, pourvu que nous ne dépassions pas les limites circonscrites par lo devoir. Lo .
La majorité n'a aucun droit de nous opprimer, aussi quoique nous ne soyons que la minorité, tout io monde osi frappé do la position que nous avons pu nous faire.
Défionsg-nous des exagérations, déflonsnous d'un isolement qui, à un point de vur, pourrait nous flatter, mais qui certainement peut conduire à des consèquences que les Vrais amis du pays no pourraient que dé- ‘ plorer.
Veuillez croire que ce que je dis ici coule d'une plume tenue par nne main tremblanto d'émation. C'est pour nous, isolés dans
l'oxtrèmo Nord-Ouest, que vous Ittez dans la provinec de Québec; c'est do vous, on maintes circonstances, quo nous avons imploré secours et nppui; c'est encore, au milieu de vous, que se trouve aujourd'hui, mon si vénérnble et si aimé collègue, Mgr Grandin; c'est à vous. qu'il tend In main, en faveur des pauvres ruinés do Ja Saskatchewan, et je sais que votreinain généreuse n'est jamais fermée. C’est vons quim'avez encouragé, honoré, soutenu par vos sympathies quand j'ai eu la douleur de traverser les jours les plus éprouvés do ma carrière.
Jo comprends, que vous auriez peut-être:
raison do me dire, qu’au lieu d'avoir l'air de donner une leçon, je devrais m'estimer trop hourcux ct me contenter de vons remercier. Lo Pardonnez-moi, més anis, si j'ai trop pris les allures d'une vie passée, dans l'extrème Nord-Ouest. JA puis me taire avec écux que je ne connais pas ou dont je me méfie, mais je no puis dissimuler, quand je parle à ceux que j'aime et en qui j'ai confiance.
Puisque vous vous intéressez à Manitoba rt au Nord-Ouest, j'ai la certitude que ce que je viens de dire, au lieu de vous blesser, vous arrivera comme l'écho affaibli, mais
sincère d'une voix autorisée. Fo ‘
, BONNE ENTENTE À MANITOHA. :
s - L'enifée en Confédératiôn de la province de Manitoba s'est faite dans des conditions très-alarmantes pour Ja paix rt le contentement de ses habitants.
Le danger était trop imminent pour que je ne le visso pas, Sccondè par 10 dévonment intelligent de mon clergé, appuyf per les hommes influents du pays et par es amis si distingués qui nous venaient da la province de Québec, nous nous somines .mis à l'œuvre, unie dans une communauté d'idées ct de moyens. Notre action a été comprise, Nous avons fait taire bien des susceptibilités, étouffè bien des ressenti.
ments, fermé les yeux et les oreilles à bien des provocations, et obtenu’ une entente teile que les troubles du. Nord-Ouest, cette année, n'ont pas provoqué au ‘milieu de notre peuple la moindre agitation regrettable, malgré la douleur amère qu'ils nous ont cattsée.
Je dois à la justice d'ajouter que nous n'avons pas été les seuls artisans de ln:
bonne entente. Des hommes influents de nationalité et de croyances différentes des nôtres ont fait comme nous, et avec” nous ont contribué à amener un ordre de choses, * que personne n'avait d'abord pu espérer,
AMNISTIE, Fou
Avant de prendre congë de vous, encgrr un mot, quibien sûr, ira à vos sympathies comme aux miennes. Sans doute qu'il ne nous est pas. passtble de rendre la vie aux morts, mais il nous est.pent-être possible de rendre la tiberté aux prisonniers. Demañdons grâce pour tous les: prisonniers politiques, demandons grâce pour ous les Mé-
tis quo l'insurrection & conduit au péniton-.
tior, àn prison où à l'exil. Demundons
grâçe pour les. pauvres sauvages qui ont
pris part À co mouvemcent insurrectiontiel,
* Sans trémper leurs magiñs dans le sang das
victimes du meurtre ou de l'assassinat.
Je crois pouvoir assurer quo cet acto de clémenge, au lift ‘de provoquer des divergences d'opinions, rencontrera l'assenti- .
ment dés hommés raisonnabtes do toutes”
-les nationalités el do toutes ies”croyances.
+ Acex. Arch. do Sainl-Bonifuce. .
‘Shint-Boniface, 7 Décmnbrè 1883.
esse md Æmprimé aux Atellers du Joumal Le’Hanitoba, n : “ . :
à se