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La situation au Nord-Ouest

Voici venir la fin de 1885; cette année a été grosse d’événements ponr toute la Puissance du Canada et en particulier pour le Nord-Ouest Canadien. Les complications ont été si graves, les conséquences si multiples que, malgré les nombreuses prières qui m’ont été faites avec instances, de faire part au public de mes idées, j’ai cru devoir garder silence jusqu’à ce jour. A différentes reprises, des journaux ont prétendu me faire parler, mais leurs assertions n’ont jamais été autorisés et par conséquent ne sont pas de moi.

Ce silence, j’aurais peut-être continué à le garder, si mon nom n’avait pas été mêlé, d’une manière aussi injuste que déloyale, au débat qui a été provoqué par l’attitude prise récemment dans la Province de Québec. Malgré mon désir sincère de me tenir à l’écart des luttes et de l’agitation, je me vois forcé de dire ce que je pense, puisqu’on s’obstine à me prêter des idées que je n’ai jamais eues, des sentiments que je répudie.

Je ne suis point homme de parti, je n’ai aucun désir de flatter, ni d’humilier qui que ce soit, mais j’aime mon pays et je veux

apporter à sa prospérité et à sou bonheur, tout le concours dont je suis capable; puis, pour l'accomplissement de ce devoir, je sais que s’il y a un temps pour se taire, il y a aussi un temps pour parler, c’est le désir du bien qui me porte à rompre le silence.

Quant à parler, tout le monde convient facilement que c’est la vérité qu’il faut dire : la vérité sans tergiversation, sans faux fuyants: c’est cette vérité telle qu’elle m’apparaît, que je veux affirmer. Je prévois que, pour arriver à ce but, je cours le risque de froisser bien des susceptibilités, provoquer peut-être des colères, j’accepte à l’avance Ces tristes responsabilités, mais à la condition qu’on n'en fera peser les conséquences que sur moi personnellement.

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