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D'après les relevés officiels, ce n’est done pas $1,685,936.45 comme il le prétend, qu'il reste à payer sur les articles énumérés, mais seulement $1,092,037.30, Il se trompe donc d'une bagatelle de $593,894.15 sur ce point.
I ne tient aucun compte que sur cette balance, nous avons été obligés de payer en plus sur les obligations énumérées dans le dit préambule la somimne de $#400,000 et au-delà, eu chiffres ronds ; obligations dont ils sont responsables, ce qui réduit la balance de l'emprunt d'autant. Ces dépenses ont été occasionnées par leur incurie dans la rédaction des contrats, qui avaient laissé la porte ouverte à des contestations et des réclamations d’extras reconnus comme légitimes par l'ingénieur et les officiers du département des Travaux publics, et que nous avons été forcés de régler. Ni maintenant on tient compte de l'argent en caisse et de l'actif, cette balance de $1,092.017.50 s'explique de suite.
L'honorable député n’est certainement pas sérieux, lorsqu'il vient nous faire de telles questions, ou, s’il l’est, il parle sur un sujet qu'il ne comprend pas. Il est inutile d'en dire davantage sur ce point, car la Chambre et le pays doivent *avoir à quoi s’en tenir maintenant sur la véracité des accusations de cet honorable monsieur.
L'EMPRUNT DE LA PROVINCE ET CELUI DE MONTRÉAL Voici ce que dit le député de Montmorency de notre dernier emprunt :
“ J'ai aussi critiqué, l’année dernière, la manière dont le gouvernement avait négocié et fait son emprunt.
“ Appuyé sur les documents mis officiellement devant la Chambre, j'ai démontré tout ce qu’il y avait d’humiliant pour la province, et de dangereux pour son crédit, dans le fiasco des négociations ouvertes imprudemment, et conduites avec tant de témérité, à New-York. J'ai aussi prouvé que par la transaction que le ministère avait été obligé de conclure, avec précipitation, avec le Crédit Lyonnais, après sa triste aventure New- Yorkaise, la province avait perdu un montant considérable que j'ai alors calculé au plus bas, en le limitant à $175,000. J'ai reproché au ministère d'avoir vendu les titres de cet emprunt à prix fixe, au lieu de les avoir offerts sur le marché monétaire à la compétition des gens à la recherche de placements sûrs et avantageux, ce qui a fait perdre à la province les avantages certains qu'elle pouvait retirer de cette compétition.
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‘Quand je parlais ainsi, je ne pensais pas qu'avant six mois un évènement important viendräit me donner complètement raison, et détruire toutes les prétentions du gouvernement à un succès dans l'opération financière de son emprunt. La cité de Montréal a négocié un emprun de plusieurs millions à Londres, l'automne dernier. La corporation a délégué à Londres le maire de la cité, l'honorable M. Abbott, et M. Jacques Grenier, le président du comité des finances, l’un des partisans les plus dévoués du gouvernement actuel, et, je crois aussi, le trésorier de la cité. Les délégués de Montréal ont offert l'emprunt de la cité à la compétition. L'intérêt était de trois pour cent, et l'emprunt a été lancé au minimum de 824 Ila réalise une moyenne de 83 et une fraction. Les offres, pour un montant assez considérable, ont même atteint 854. Par le seul effet de la compétition, la corporation de Montréal à réalisé plus de vingt-cinq mille piastres.
“ Comparons cet emprunt de Montréal avec celui négocié par le minis”* tère pour le compte de la province.
e L + » . 0 “ “ Le gouvernement a obtenu du Crédit Lyonnais 99 pour cent, moins
les frais, pour des titres de la province à 4 pour cent d'intérêt.
‘“ La corporation de Montréal a obtenu 83, moins les frais, pour des titres de la cité à 3 pour cent d’intérèt.
“ Le produit de 83, pour des titres à 8 pour cent, équivaut à 110 pour des titres à 4 pour cent. Or, le gouvernement n’a obtenu que 99 au lieu de 110 ; c’est-à-dire, que les conditions de l'emprunt de Montréal sont de 11 pour cent plus avantageuses que celles de l’eraprunt de la province, négocié par le gouvernement. La différence, en moins, de 11 pour cent pour la province, représente, pour les $3,500,000 de l'emprunt provincial, une perte de $385,000. C’est déjà beaucoup trop, mais c’est loin d'être tout. A pari la perte du capital, il y a la perte dans l'intérêt annuel à payer. L'intérêt réel que la province pose, pour son dernier emprunt, est de 4.18 pour cent. Celui de la cité de Montréal n’est que de, 60 pour cent : différence en faveur de Montréal, 0.58 pour cent. La différence de 0.58 pour cent dans l'intérêt réel sur $3,500,000 s'élève à $20,800 par année, et, pendant quatre ans la durée des débentures du dernier emprunt de la province, la perte sera de $812,000.
Additionnons :
“ Perte de 11 pour cent sur le capital... $ 885.000 Perte de 0.58 dans l'intérêt, annuel de $3,500,000 ; $20,300 par année, et pendant 40 ans... 4. 812,000
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“ Ainsi, comparées aux conditions obtenues par la cité de Montréal, celles de notre emprunt représentent, pour la province, une perte certaine, incontestable de $1,197,000. Le ministère n'a évidemment pas raisou de se vanter de ce succès.”
Dans mon discours sur le budget l’année dernière, j'ai donné toutes les explications possibles sur la nature des démarches que nous &vions faites à New-York pour le placement de notre emprunt ; il est donc inutile de revenir sur ces détails qui n’ont plus d'actualité aujourd'hui. Je me permettrai simplement de répéter, comme je le disais alors, que nos démarches à New-York eussent été couronnées de succès, sans un accident qu’il était im possible de contrôler et qui, en définitive, a été la seule cause de notre insuccès sur ce marché. Dans tous les cas, la province n’y a rien perdu car c’est à la suite de ces démarches que nous avons pu nous mettre en rapport avec le crédit Lyonnais, l’une des plus importantes institutions financières de France, et que &’est par son entremise qye nous avons pu négocier l’un des emprunts les plus avantageux que la Province ait jamais faits. C’est grâce à cette institution que nous avons eu la plus value pour nos titres, car il ne faut pas oublier un fait bien important, c'est que nos banques en cette province ne semblaient pas vouloir prendre beaucoup d'intérêt à notre affaire et que les offres que nous avions reçues de certaine” maisons de banque anglaises n'étaient pas de nature à nous encourager à continuer des négociations avec celles-ci. Nous étions informés dans le temps de source certaine qu'il y avait à Londres toute une organisation pour nous empêcher de réussir en nous imposant des conditions des plus
onéreuses.
Le député de Montmorency devrait être le dernier à nous reprocher de ne pas avoir osé offrir notre emprunt à la compétition publique. Il sait tout aussi bien que moi, sans doute, que certains de ses amis politiques: voyaient d’un mauvais œil la négociation d’un emprunt à des termes plus avantageux que ceux antérietrement placés ; :" eux.
D'ailleurs l'honorable député a bien tort de donner à entendre que nos démarches se sont limitées au marché de New-York, lorsqu'il est à sa connaissance que nous étions aussi en correspondance avec des maisons de banque anglaises ; mais les offres qui nous furent faites de ce côté n'étaient pas de nature à nous encourager à mettre notre emprunt à la compétition sur un marché ou il y avait une combinaison pour déprécier la valeur de nos titres. On ne doit pas oublier que le meilleur offre qui nous fut fait était
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de 924 à 94, ce qui était bien inférieur au prix ferme du crédit Lyonnais. De quelle grâce l'honorable député vient-il aujourd'hui nous critiquer dans de pareilles circonstances de ne pas avoir mis la vente de nos titres à la compétition publique ? 11 n’agit pas avec franchise ni loyauté lorsqu'il parle ainsi ; il faut tenir compte de la valeur de nos titres portant 5 oo d'intéiêt, dont la cote sur le marché de Londres était de 109 à 111, ce qui en moyenne équivalait à 44 oo. De plus nos correspondants anglais nous faisaient comprendre que dans le cas où l’on se déciderait à mettre nos titres à la compétition, il ne fallait pas songer à fixer le minimum à plus de 95 oo. Vu l’état du crédit de Ia province sur ce marché, où nos prédécesseurs n’avalent jamais pu obtenir le pair pour nos titres portant 5 ojo—, était-il prudent de les mettre à la compétition publique sur un marché qui nous était aussi défavorable ?
L'honorable député n'est donc pas sérieux dans sa critique. Il semble oublier sciemment ou non que nos prédécesseurs n'avaient jamais osé braver la compétition publique et qu'ils s'étaient toujours contentés d'ac. cepter un prix ferme pour des titres à 5 070 au-dessous du pair. Lui qui n à pas eu un mot de blâme contre le gouvernement qu'il supportait, lorsque celui-ci vendait à la Banque de Montréal à prix ferme au pair des titres à 5 070, et que celle-ci vendait quelque jours après à 7 de prime les mêmes titres qu'elle venait d'acheter au pair, de quelle grâce peut-il aujourd’hui nous blâmer ? Pourquoi n’a-t-il pas alors critiqué ce gouver. nement pour ne pas avoir mis ces titres sur le marché et pour, avoir fait perdre à la province le profit de 7 070 réalisé par la Banque de Montréal ? À peine deux ans sont-ils écoulés, que nous venons sur le même marché et que nous obtenons un prix aussi élévé pour nos 4 070 que nos prédécesseurs avaient eu pour leur 5 0/0. On peut juger par là ce que valent les critiques de l’hanorable député. Toujours deux poids et deux mesures.
L'honorable député n'est pas de bonne foi non plus lorsqu'il dit que nous avons fait perdre à la province une somme considérable en vendant à prix fixe au lieu d'offrir nos titres sur le marché monétaire à la compétition des gens à la recherche de placements surs et certains. Il semble oublier une chose importante. C’est que ce marché nous avait été rendu impossible à la suite de la mauvaise administration financière de ses amis,
L'honorable député parle en termes élogieux de l'emprunt récent fait par la ville de Montréal sur le marché de Londres, emprunt qui avait
l’appui de tout le crédit dont jouit le gouvernement fédéral sur ce marché, ille compare avec le nôtre et en tire les conclusions les plus fausses, comme je vais le démontrer.
Le prix réel obtenu pour les titres de Montréal n'est pas de 83 et une fraction comme il le prétend, mais, d’après mes renseignements qui sont officiels, environ 82? ou une fraction de plus, soit 82 4 non compris les frais de timbres qui s'élèvent à + o7o, de sorte que la moyenne n’a pas dépassé 827.
Or, 824 oo à 3 o7o d'intérêt équivaut pour du 4 à................... $103.00 Nous avons obtenu pour nos quatre... 99.00
Différence en faveur de ville de Montréal... $4.00
Et non 11 o7o pour cent comme le prétend l'honorable député. Premiere erreur de 7 070, ce qui est déjà un écart assez considérable.
99 piastres pour cent piastres pour des titres à 4 oo portent l'intérêt annuel à 4 5, tendis que 82f @ 8 oo d'intérêt pour cent piastres équivaut à $3.85 d'intérêt par année ; la différence entre 405 et 8.85 est de #% pour cent et non ; pour cent, comme il le prétend ; autre erreur grave à noter.
Mais continuons à examiner ses autres calculs.
La différence, dit-il, en moins de 11 070, pour la province, représente pour les $3,500,000 de l'emprunt provincial, une
PATUO ON rt amener nee css NTI tte $385,000
Or comme la diifésénes n'est que 4 070 au lieu de 11 070, 4 070 st FOOD DO ÉQULVARE ess coscssse cotes éénoitétes 140,000 $245,000
je qui fait une erreur de la part de l'honorable député de $245,000 dans ses calculs.
“ A part de la perte du capital, ajoute-t-il, il y a la perte dans l'intérêt annuel à payer. L'intérêt réel que la province paie, pour son dernier emprunt, est de 418 pour cent; celui de la cité de Montréal n'est que de $3.69 pour cent ; diflérence en faveur de Montréal 0.58 pour cent. La dif: férence de 0.58 pour cent dans l'intérêt réel sur $8,500,000 s'élève à $20,300 par année, et pendant quarante ans, la durée des débentures du dernier emprunt de la province, la perte sera de $812,000 ”
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Comme la perte n’est pas de 0.58, mais de 0.20, or à 0.20 de perte par année pour quarante ans, la perte ne sera que de $280,000. Résumons maintenant ces calculs et voyons quelle est la véritable différenceentre ces deux emprunts.
Perte de 11 c/o sur le capital Sd M. Desjardins... st Perte de 0.58 dans l'intérêt annuel sur $3,500,000 ; $20,300 par année pendant 40 ans, soit...............,,........ té es 812,000
Perte totale $1,197,000
* Ainsi, dit-il, comparées aux conditions obtenues par la cité de Montréal, celles de notre emprunt représentent pour la province, une perte certaine, incontestable de $1,197,000. Le ministère n’a ét idemment pas raison de se vanter de ce succès. ”
Tel est le langage de l'honorable député qui déclare avec assurance une perle certaine, incontestable de $1,197,000. Or la perte réelle et certaine en capital et intérêt n’est que de $420,000 pour les quarante années, ce qui fait une erreur dans ses calculs de $777,000 ou-une somme d’au-dessus de trois quarts de million de moins que tel qu'il calcule. Ceci est encore un
échantillon des calculs vrais et incontestables de l'honorable député.
Il est vrai qu'en finance il a l'esprit fort élastique et qu'il est très entreprenant avec l’arithmétique ; les millions ne lui coûtent rien quand il s'agit de les porter à la charge de ses adversaires ; veut-il frapper sur un parti politique qui n’est pas le sien, rien ne l’arrête ; il dénature les faits avec un aplomb superbe, fait semblant de faire des additions et des soustractions et pose au-dessous les chiffres qui lui passent par la tête, comme on vient de le voir dans sa fameuse comparaison des emprunts de la province et de Montréal, qui n'est d'un bout à l’autre qu'un tissu d'erreurs, groësièrement fabriqué pour en imposer à la crédulité publique. Voilà l'homme qui m'accuse d'être pessimiste dans l'opposition et optimiste au gouvernement.
Mais il y a encore plus pour confondre l'honorable député. Lui, l'oracle de la finance, l'organe autorisé de l'opposition, lui en qui celle-ci a mis toute sa confiance, comme étant le seul homme véridique en ces matières, il semble avoir oublié, sciemment ou non, de nous dire que l'emprunt de Montré:1 est un emprunt perpétuel, parconséquent non rachetable, c'est-à-dire qu’il oblige la cité à Montréal de payer à perpétuité 8.85 pour cent d'intérêts par année, tandis que le nôtre est terminable en 40 ans et rachetable
Maintenant c’est à mon tour de faire mes calculs. Si la ville de Montréal peut aujourd’hui emprunter à 824 à 8 o/o d'intérêt pour cent piastres, il est plus que probable que dans quaraute ans le gouvernement de la province pourra lui, à son tour, lorsqu'il s'agira de racheter ses titres, emprunter de nouveau pour un terme de 40 ans à 3 0/0 pour cent, mais au pair: Or, la différence entre 823 et le pair est de 174.
17} pour cent sur $3,500,000 est égal à............., .,,.,,,,..., ? $603,750 85 oo de perte par année, entre le pair à 3 oo et 3.85 que la cité de Montréal est obligée de payer à perpétuité, soit $29,750 par année pendant 40 ans s'élève à... 1,190,000 Gain pour la province... $1,793.750 La perte de la province pendant les 40 premières années par son emprunt à 4.05 au lieu de 3.85 qne paye aujour-
d'hui la cité de Montréal s'élèvera à... 5: 420,000 Gain pour la province de Québec... $1,378,750
Ainsi done, tout considéré, autant l'honorable député a mis notre emprunt au-dessous de Mon‘réal, autant il lui est en réalité supérieur. Il n’est vraiment pas pardonnable pour un homme politique qui pose pour la précision mathématique et l’érudition financière de comparer sérieuse-
ment un emprunt perpétuel à un emprunt à terme, £t de cacher soigneusement à ceux qui l’écoutent des détails aussi importants, pour aboutir à cette misérable et ridicule conclusion, que du 4 070 à 40 ans vaut moins que du 3 o7o non rachetable. De pareils calculs dénotent une ignorance tellement de nature à humilier l'honorable député dans l'opinion de ses amis, que j'aime vraiment mieux croire à de la mauvaise foi de sa part, comme du reste il en a mis dans toute sa critique de mon administration
financière.
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