‹ La situation financière de la province [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 17 · NOUVEL EMPRUNT A COURTE ECHEANCE · texte numérisé non relu

NOUVEL EMPRUNT A COURTE ECHEANCE

En examinant le passif,l’on voit que le RPM aura à rencontrer les obligations suivantes :

Emprunt tem poraires$1 ,460,000.00 Dépôts en fidéi-com-

Li NE Ten 260,858.52 Dépôts «les compa-

gnies de chemins

D M tree 991,292.78 Mandats impayés... 209,495.96

$2,921,647.26 Subventions aux che- $ mins de fer non en- COTE AGNÉER. 1,052,926.25 $83,974,573.51 Moins argent en caisse au 30 juin 1895....$ 543,033.37 Total de la dette flottante au 30 juin DENT bite vosretes $3,431,540.14

as TES

Pour couvrir cette dette flottante, le gouvernement sera obligé d’avoir recours à un nouvel emprunt d’au moins de $3,000,000.00 s1 non plus, car il lui est moralement impossible de rencontrer cette dette flottante avec les ressources ordinaires dont le montant se trouve absorbé pär les services des dépenses ordinaires.

Comme résumé: la situation financière semble ‘s’aggraver au lieu de s'améliorer. Les dépenses ordinaires suivent une marche ascendante hors de proportion avec les recettes. L'ère des déficits, même avec les nouvelles taxes, nous menacer, la dette est augmentée et nous avons un autre emprunt de $3,000,000.00 en perspective. Tel est le bilan de la

situation financière.

En présence de cette situation, il est moralement impossible au gouvernement s’il veut conjurer le danger qui nous menace, de se

livrer à aucune exploitation, en dehors des services ordinaires, ni d'accorder de nouveaux subsides à des compagnies de chemins de fer, autrement la Province se verra forcé à imposer de nouvelles taxes pour couvrir le surcroît dans les services des intérêts que nécessitera tout déboursé requis pour faire face à de nouvelles obligations.

Dans le cours de ses remarques, l’hon. Premier s'est laissé entrainer, suivant son habitude, à des accusations contre le gouvernement Mercier. Il prétend que ce

guvernement conduisait la Pro-

ince vers l’abîme. Je n'ai pas besoin de refuter ces accusations, ear les chiffres que je viens de soumettre sufliront pour démontrer combien sont peu justifiables ces éternelles redites de la part de cet honorable monsieur. D'ailleurs, il ne s’agit pas de faire le procès du gouvernement Mercier, mais bien de passer en revue les actes de l’administration du jour.

Lorsqu'il s’agit de ses advérsaires, l’honorable premier, excité par l’ardeur de sa vive imagination, est porté à presenter les faits sous des couleursles plus sombres.

N'oublions pas que le Premier, qui appartient à la profession légale et qui a le don de l’éloquence, sait fait valoir ce qu’il favorise d’une manière des plus attrayantes, mais s'agit-il d’un adversaire politique, c’est alors qu'il a des écarts d’imagination que finit par prendre pour des réalités.

Sa déclamation devient foudroyante et l'ampleur de sa voix remplit cette enceinte. Il a un cœur d’or..…..pour ses amis, bien entendu, mais il est inexorable pour ses adversaires ; pessimiste

uand il s’agit de ses ennemis politiques, optimiste pour ses amis, mais que voulez-vous, tel est son caractère.

Ce monsieur qui est d’un rigorisme outré aujourd’hui n’a pas toujours été aussi scrupuleux quil semble l’être depuis qu’il est premier ininistre.

Je me rappelle, et c’est de l’histoire contemporaine, que ce même monsieur, qui condamne aujourd’hui avec leton d’une vertueuse indignation les actes politiques de ses prédecesseurs, ne s’est toujours montré aussi scandalisé des nombreux écarts financiers et.

autres, commis par ses amis.

C’est là malheureusement une de ses faiblesses, car son cœur d’or et sa grande complaisance pour les amis lui font fermer les

eux sur leurs nombreuses défailances. Il était néanmoins membre de la Chambre du temps alors que:

ses amis politiques disposaient des deniers publics avec une largesse royale, et si l’histoire parlementaire ne ment pas, les affaires de la Province étaient conduites avec une désinvolture au point de causer, sur l'avenir de la Province, bica des inquiétudes à la partie la.

plus éclairée des électeurs. Pendent ce temps d’agitation et d’in-

uiétude, a-t-il élevé une seule ois la voix contre ces abus qui régaient en parmanence. Oh, non, toute la force de son éloquence était à la disposition de ses amis dont il prenait la défense avec autant d'énergie qu'il en met à condamner l’admînistration de son prédécesseur.

Lui qui aujourd’ui se formalise si facilement des prétendues défaillances administratives de l’ancien gouvernement ne semblait nullement scandalisé, à cette époque de notre histoire parlementaire, des nombreuses turpitudes de ses amis ; lui qui se vante de

posséder la quintessence des vertus.

politiques, c'était pourtant le temps de déplo er la sincérité des principes qu'il étale avec tant de complaisance envers ses adversaires, en condamnant alors publiquement chez ses amis des actes entachés d’une plus grand extravagance que ceux qu'il met sur le dos du régime Mercier.

Néanmoins,dens le temps on accusait ces déficits entre les recettes et les dépenses ordinaires de 4500, - 000 à 8600,000 annuellement, -des d'fférences d’une moyenne de $2,000,000 par année, dans la dépense totale et une dette qui s’accumulait à vue d’œil,sans compter les nombreuses turpitudes politiques de ses amis Chose incroyable, il était un des plus énergiques défenseurs des extravagances dont se rendait coupab'e l’administration d'alors. Les déficits, l’augmentation de la dette,les embarras financiers, tout cela était a ses yeux des choses légitimes et qu'il fallait sanctionner, car C'était, d’après ce qu'il disait alors, pour le plus grand bien de la Province. On répondait à ceux qui osaient protcster contre ce système d’extravagance, taisez-vous, vous étes de mauvais patriotes, et vous faites tort au crédit de la Province par vos criailleries. Ile n'étaient pas

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si scrupuleux lorsque nous étions au pouvoir, car ils n'ont pas hésité, dans l’opposition, de ruiner le cré:

dit, dont ils se montrent les zélés protecteurs.

Du moment qu'il tombe dans l'opposition tout change ; de prodigue qu'il était le premier ministre devient économe et d’un rigorisme outré.

Que voulez-vous, M. l’Orateur, c'est son cœur d’or qui lui fait commettre ces contradictions : il aime ses amis et est si chagrin de les voir dans l'opposition qu'il en veut à see adversaires, car ceux-ci ne lui sont pas toujours agréables, et, pour cette raison, ils ont le malheur de blesser ses susceptibilités.

L'Honorable Premier devrait agir avec un peu de circonspection dans ses attaques, car depuis qu’il est au pouvoir ses actes politiques et son administration financière n’ont pas toujours été de nature à rencontrer les vues des électeurs.

Malgré tous ses efforts et ceux de ses amis, l'emprunt à 77 pour cent n’a pas été approuvé par la partie la plus influente des contribuables.

Les électeurs ne peuvent comprendre que 77 cents pour une piastre est une opération avantageuse ; ils ont raison, car ce que le

ouvernement venait de vendre à

7 cents, réalisait quelques jours plus tard 84 cents, ce qui était une perte de plusieurs centaines de mille piastres, due à une opération dirigée par une main inhabile.

D'ailleurs, l’ex-Trésorier,. convaincu des désavantages de cette opération, a préféré donner sa dénission plutôt que d’en prendre la responsabilité.

Je crois aussi avoir entendu le même ex-trésorier dire en Chambre qu’une autre raison de sa démission, c’est qu’il ne pouvait s’accorder avec la politique de ses collègues dont la tendance pour la dépense s’accentuait de plus en plus.

Mais que dire d’un premier mi-

failli à la tâche

ta là : à Vel ui us emprun insu de celui s'était prononcé carrément pos Quelle influence devait-il donc subir pour se meitre en contradiction avec son trésorier, sensé être plus en état d'apprécier la valeur

nistre qui, en dépit des objections de son i

‘ réelle d’une transaction de cette

nature, que ne peut l’être le premier mipistre.

de crois, M. l’Orateur, en avoir assez dit, pour prouver qu’il se se entrainer par la passion lorsqu'il s'agit de ses adversaires, mais u’il a un cœur d'or pour ses amis ont il est toujours prêt à prendre lu défense, quelque soit la nature la cause : qu'elle soit bonne ou mauvaise, on est toujours certain de le trouver du côté des amis, qu’il défend envers et contre tous.

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