S. Luc, ii
l'esprit du siècle.
Notre-Seigneur, du reste, nous Ta dit : « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui ; mais parce que vous n'êtes point du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, c'est pour cela que le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite. Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi (1). »
Or ce monde dont parle Notre-Seigneur, ce monde voué au culte de la richesse, du pouvoir, des jouissances, de tout ce qui brille et qui passe, de tout ce qui enivre l'homme pendant la vie et qu'il lui faut abandonner misérablement aux portes du tombeau ; ce monde plongé dans la matière, qui ne vit que pour la terre et qui ne songe pas au ciel ; ce monde maudit par le Christ, où trouve-t-il plus de fervents adeptes qu'aux États-Unis de l'Amérique du Nord ? Nulle part ailleurs l'esprit de ce monde n'est plus puissant, plus universellement répandu, plus dominateur des idées et des mœurs. Nulle part l'opinion publique, les lois, les institutions, les usages ne se modèlent plus fidèlement sur cet esprit ennemi de l'esprit de Dieu.
Les autres peuples civilisés se sont formés sous l'inspiration du christianisme. L'Église a veillé sur leur berceau ; les a nourris de sa doctrine ; leur a donné de fortes institutions, des traditions glorieuses. Les eaux de la Révolution satanique ont, en bien des endroits, recouvert d'une épaisse couche de limon ces belles assises de la civilisation chrétienne ; mais les