De YIndépendant, 8 juin
APPENDICE
Si nous voulions imiter M. l'abbé Phelan, nous pourrions aussi faire un peu de sarcasme au sujet de certains diocèses dirigés par des évêques irlandoaméricains, où les prêtres canadiens-français sont extrêmement rares, bien que les catholiques de notre origine s'y trouvent en très grand nombre, lorsqu'ils n'y constituent pas la majorité des fidèles.
Si le révérend rédacteur du Walchman veut des faits et des chiffres, il n'a qu'à le dire, et il sera servi à souhait.
L'affaire d'East Saint-Louis Nous lisons dans Y Indépendant., de Fall River :
« Saint-Louis, Mo., 10 août 1899. — Le décret d'excommunication lancé par Mgr Janssen, évêque de Belleville, contre les paroissiens irlandais d'East Saint- Louis, qui s'opposent à la nomination d'un curé allemand (M. l'abbé Cluse) à la desserte de leur paroisse, est entré en vigueur hier midi, lorsque les rebelles se réunirent en assemblée.
» Environ 600 personnes se trouvent frappées d'excommunication.
» Les paroissiens ont hissé autour de l'église le drapeau américain et la bannière irlandaise. Tout à côté, il y a des caisses d'œufs plus que mûrs pour recevoir Févèque ou toute autre personne qui voudra prendre possession des biens paroissiaux.
» Attachée à la barrière se trouvait une boîte de cigares portant l'inscription suivante : « Excommunication money. »
» Cette boîte a été mise là pour recevoir les contributions destinées à maintenir la lutte contre Mgr Jansen. »
Situation grave (1)
La question des nationalités aux États-Unis commence à causer des troubles graves au sein de l'Église catholique.
On le sait, l'évêque du diocèse de Belleville, Illinois, vient d'excommunier les paroissiens irlandais réfractaires d'East Saint-Louis, qui refusent de recevoir un curé d'origine allemande.
Voici maintenant, d'après une dépêche que publie Y Indépendant, de Fall River, en date du 19 août, ce qui se passe parmi les Canadiens-français de North Brookfield.
Bien entendu, nous ne reproduisons cette dépêche que pour montrer la gravité de la situation. Loin de nous la pensée d'approuver ou même d'excuser une conduite aussi irrégulière. Ceux qui luttent pour le maintien de la langue française ne doivent pas sortir un instant de l'ordre et de la soumission aux autorités régulièrement constituées.
Voici cette dépêche :
« North-Brookfleld, Mass., 19 août : — Les catholiques de langue française, qui sont en désaccord avec Mgr Beaven, évêque de Springfîeld, à cause de leur séparation d'avec la paroisse de Saint-Joseph, ont maintenant un prêtre," qui a élu domicile chez M. Alexandre Millet.
» Qui est-il? D'où vient-il? Qui l'a envoyé là ? nul ne le sait. Il ne tient sa mission ni de Mgr Beaven, l'évêque diocésain, ni du Pape, ni de Mgr Martinelli, délégué apostolique. Mais les Canadiens en sont contents.