De la Vérité, de Québec, du 3 juin
la nouvelle que M. l'abbé Cluse, accompagné de Mgr Janssen, arriverait dans la soirée pour prendre posses ion de l’église et du presbytère. De là des assemblées, auxquelles on résolut de placer les gardes dont il est question plus haut.
» On dit que sur les 80 paroisses du diocèse de Belleville, 75 sont desservies par des prêtres allcmands. »
« Saint-Louis, Mo., 22 mai 1899. -. On apprend que Mgr Martinelli, le délégué apostolique, a recommandé à Mgr Janssen d'éviter un scandale dans le choix du curé de la paroisse de Saint-Patrice. L'église de Saint-Patrice, à East Saint-Louis, est constamment sous la garde de paroissiens irlandais, afin que l'abbé Cluse, le nouveau curé allemand, n'y puisse pénétrer. Les chefs de l'opposition à la nomination de celui-ci, disent que la nouvelle venant de Washington est pour leurs amis un gage de victoire. Les paroissiens sont plus décidés que jamais à ne pas laisser le vicairegénéral Cluse entrer dans l'église. Le nombre des gardes a été augmenté. Ils sont payés par les paroissiens. »
Tout cela est loin d'être régulier, et nous ne citons pas cette conduite comme exemplaire. Mais ces faits montrent combien la question des nationalités est grave et délicate aux États-Unis.
Les Irlando-américains, en général, blâment sévèrement les Canadiens-français des États-Unis qui réclament, parfois un peu bruyamment, des prêtres de leur nationalité. A les entendre, on ne devrait pas s'occuper de la nationalité d’un prêtre nommé par l'évèque pour desservir une paroisse.
Évidemment, cette théorie n’est valable que lorsqu'il
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APPENDICE. 287 s’agit de curés irlandais chargés de paroisses canadiennes. Lorsqu'un curé d'origine allemande est assigné à une paroisse irlandaise, ce n’est plus cela du tout.
L'affaire d’East Saint-Louis (4)
D'après une lettre de Mgr Janssen adressée aux fidèles de Saint-Patrice, à East Saint-Louis, Mgr Martinelli a approuvé la nomination de M. le Chanoine Cluse à la cure de cette paroisse.
Voici les termes mêmes de Mgr Janssen :
« Vous en avez appelé à Monseigneur le Délégué » Apostolique, dans le but de l’engager à me faire » révoquer la nomination que j'ai signée. Je dois » maintenant vous annoncer que Son Excellence » Mgr Martinelli à ratifié la nomination de M. le » vicäire-général Cluse en qualité de pasteur de l'église » Saint-Patrice, à East Saint-Louis (Illinois). »
D'autre part, la Review dit que la cure d’East Saint- Louis a été d'abord offerte à tous les prêtres irlandais disponibles du diocèse de Belleville, mais qu'aucun d'eux n’a voulu l’accepter.
De plus, M. le vicaire-général Cluse aurait abandonné l’une des plus belles paroisses du diocèse pour se rendre aux vœux de son évêque et aller desservir celle de Saint-Patrice, qui est pauvre, et où les esprits sont en fermentation continuelle.
Si tel est le cas, on ne peut que se ranger du côté des autorités ecclésiastiques ei condamner éner-
1. De l'ndépendant,de Fall River, Massachussetts, 6 juin 1899.
giquement l'attitude des catholiques d'East Saint- Louis.
Une question (4)
Le Western Walchman, un organe irlando-américain publié dans les intérêts des catholiques de l'Ouest, dit ce qui suit en parlant du différend religieux d'East Saint-Louis :
« Les paroissiens de l'église Saint-Patrice ont les » sympathies de tous les gens bien pensants. L'indé- » cence est parfois pire que le crime. »
Vraiment ?
Nous est-il permis de demander à M. l'abbé Phelan, qui rédige le Watchman, si les catholiques canadoaméricains desservis par des prêtres étrangers à leur race, ont aussi droit aux sympa'‘hies des gens bien pensants ?.…
IL est sarcastique (2)
Parlant de l'affaire d'East Saint-Louis, le Western Watchman de M. l'abbé Phelan dit ce qui suit :
« Dans le diocèse de Belleville, il y a 94 prêtres, » dont 87 sont allemands. Il y avait autrefois, dans » cette partie de l'Illinois,20.000 catholiques irlandais » de naissance ou d'origine ; mais il faut croire qu'ils » sont tous morts ou partis pour des plages étran- » geres. »
1. De l'Indépendant, 7 juin 189% 2. De l'Indépendant, 8 juin 1899.
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Si nous voulions imiter M. l'abbé Phelan, nous pourrions aussi faire un peu de sarcasme au sujet de certains diocèses dirigés par des évêques irlandoaméricains, où les prêtres canadiens-français sont extrêmement rares, bien que les catholiques de notre origine s’y trouvent en très grand nombre, lorsqu'ils n'y constituent pas la majorité des fidèles.
Si le révérenid rédacteur du Watchman veut des faits et des chiffres, il n’a qu’à le dire, et il sera servi à souhait.
L'affaire d'East Saint-Louis Nous lisons dans l'/Zndépendant, de Fall River :
« Saint-Louis, Mo., 10 août 1899. — Le décret d’excommunication lancé par Mgr Janssen, évêque de Belleville, contre les paroissiens irlandais d'East Saint- Louis, qui s'opposent à la nomination d'un curé allemand (M. l'abbé Cluse) à la desserte de leur paroisse, est entré en vigueur hier midi, lorsque les rebelles se réunirent en assemblée.
» Environ 600 personnes se trouvent frappées d'excommunication.
» Les paroissiens ont hissé autour de l'église le drapeau américain et la bannière irlandaise. Tout à côté, il y à des caisses d'œufs plus que mûrs pour recevoir l'évêque ou toute autre personne qui voudra prendre possession des biens paroissiaux.
» Attachée à la barrière se trouvait une boite de cigares portant l'inscription suivante : « Excommunication money. »
» Cette boîte a été mise là pour recevoir les contributions destinées à maintenir la lutte contre Mgr Jan-
sen. »
Situation grave (1)
La question des nationalités aux États-Unis commence à causer des troubles graves au sein de l'Église catholique.
On le sait, l'évêque du diocèse de Belleville, Hinois, vient d’excommunier les paroissiens irlandais réfractaires d'East Saint-Louis, qui refusent de recevoir un curé d’origine allemande.
Voici maintenant, d'après une dépêche que publie l'Indépendant, de Fall River, en date du 19 août, ce qui se passe parmi les Canadiens-français de North Brookfield.
Bien entendu, nous ne reproduisons cette dépêche que pour montrer la gravité de la situation. Loin de nous la pensée d'approuver ou même d'excuser une conduite aussi irrégulière. Ceux qui luttent pour le maintien de la langue française ne doivent pas sortir un instant de l'ordre et de la soumission aux autorités régulièrement constituées.
Voici cette dépêche :
« North-Brookfleld, Mass., 19 août: — Les catholiques de langue française, qui sont en désaccord avec Mgr Beaven, évêque de Springfield, à cause de leur séparation d'avec la paroisse de Saint-Joseph, ont maintenant un prêtre, qui a élu domicile chez M. Alexandre Millet.
» Qui est-il? D'où vient-il? Qui l’a envoyé là ? nulne le sait. Il ne tient sa mission ni de Mgr Beaven, l’évéque diocésain, ni du Pape, ni de Mgr Martinelli, délégué apostolique. Mais les Canadiens en sont contents.