‹ La société de Saint-PétersbourgChapitre 49 sur 49 · UN DRRNIER MOT DE POLITIQUE GI^INËHALE · texte numérisé non relu

UN DRRNIER MOT DE POLITIQUE GI^INËHALE

reiiseraent la poIiUqiie <Ui romlc Tolsloï a le tort d'être très large dans ses eonceplioiis et très étroite dans ses applications. Il en résulte un tirailleiDcnt perpétuel, dont le pays souffre, et dont toutes les classes <le la société se plaignent; mais cela ne doit pas aveugler sur la sagesse du programme dont l'Empereur a été l'inspirateur et son ministre l'exécuteur.

Ce programme qui embrasse entre aulreschoses lo relcvemenl de la noblesse, les économies dans l'administration des deniers publics, la lutte contre l'élémentallemand, une tenue énergique dans toutes les questions vitales de l'Empire et le courage en face des revendications des puissances étrangères, est digne d'un grand souverain et d'un habile homme d'État. Par malheur, les aspérités ainsi que les rudesses du romle Tolstoï en ont entravé l'exécution, et le manque d'fi-propos qui le distingue l'a aveuglé sur le moment à choisir pour le faire prévaloir. Il a blessé bien des gens qu'il aurait dû se concilier; il a attiré à l'Empereur des ennemis jusque dans le sein de sa famille en lui

m I.A SOClh'TÈ l)E SAINT-PÉTEHSBOUItC.

ffiisntit sijtner Ip fampux oukase de i'an (iernicr, qui règle d'une façon nouvelle le rang des grwnils- (iiics et restreint leurs apanapes.

Tout cela s'efîacera cependant si le comte Tolstoï parvient à conserver à la Itussie, avec l'aide de M. de Giers. son prestige en Europe. L'avenir du pays est là. En ce moment nous nous trouvons dans la position de la France après Sadowa. Nous sommes l'objectif du prince de Bismarck qui veiil nous forcer à lui faire la guerre. La ferons-nous avec ou sans alliance? Le sort de toute l'Europe dépend de l'issue qu'aura cette lutte, dont l'éclal n'est qu'une affaire de temps, qui peut, si elle nous est favorable, écronler l'empire arrogant des Holienzollern et nous rendre, ainsi qu'à la France, la part de suprématie qui nous appartient à toutes deux.

.l'admire le comie Tolstoï, j'admire encore plus l'empereur Alexandre II, et je suis persuadé que l'un et l'autre seront h la hauteur de la situation ; mais ce n'est qu'a])rès les avoir observés, dans les momenis critiques qui vont survenir incessa mmenl.

UN l>t:RMER MOT l)K POLITItJUK GÉMiRAI-K. M-i

que je leur accorderai ma pleine el entière confiance.

Le vieux monde slave va se ruer sur les hordes teutonnes. Je tremblerais pour le sort de mes frères si je ne savais qu'an-dessus des hommes il y a lajusiice de Dieu, et que, comme nous enseigne l'Ecriture, l'orgueilleux courbera son front dans la poussière. Il sera humilié à son tour. Tout passe ici-bas; le bonheur, les honneurs et la gloire des peuples : l'Ëternel seul est immuable; si son bras se repose parfois, il frappe un jour ou l'autre ceux qui ont méconnu ses lois.

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