‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 57 sur 141 · Voir Moniteur, t. XVI. p. -i-ii · texte numérisé non relu

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224 SOCIKTK DES JACOBINS [2 juin 1793]

Legendre voulait que la suspension ne fût que de trois heures. Nous avons quitté la Convention à onze heures et demie ; aujourd'hui le peuple occupe les avenues de la Convention, et il obtiendra le décret, ou il l'exécutera lui-même. [Applaudi)

IIa'cIui'c de la coiTcspoiulancc. Leolurc d'une IcUrc adressée par la Soeiélé (rAuxeiTO à celle de Marseille ; c'est un plaidoyer en faveur de la Montagne. Lecture d'une circulaire dans huiuelle la Société de Cliàlons invite les Sociétés affdiées à s'occuper de régler le mode de l'emprunt forcé et de chasser les suspects des assemblées primaires. — Un membre fait riiistoriquc de ce qui s'est passé à la Convenlioii. IMusieurs autres membres ajoutent diiïérents détails à son récit. L'un d'eux s'exprime ainsi : <. Il parait (jue le Comité de salut public a fait une espèce de transaction avec les conspirateurs : il les u engagés à se démettre '. "]

C... — Je connais un moyen de nous assurer des intrigants qui sont dans la Convention ; qu'on ne leur fasse aucun mal, mais qu'on les arrête tous : je réponds sur ma tête que ce sont des conspirateurs. Le bataillon de la Corrèze est nul ; cela m'a fait saigner le cœur.

Le citoyen Boissel annonce que le décret de la Convention est rendu.

L'assemblée et les tribunes expriment leur allégresse par des bravos et des applaudissements réitérés.

« Les commissaires du département, ajoute Boissel, ont lu leur pétition. Le Président, après leur avoir adressé un discours oratoire et insignifiant, les a invités aux honneurs de la séance. On a d'abord renvoyé celte pétition au Comité de salut public. Bientôt on a sonné le tocsin, et le peuple s'est levé tout entier.

« Barère a fait un rapport tendant à exhorter les membres suspects à faire le sacrilice de leur amour-propre, à se suspendre d'euxmêmes, que la patrie leur en tiendrait bon compte, et que leur démission satisferait le peuple.

« Barère a dit que le mouvement du peuple ne pouvait tenir qu'à une cause contre-révolutionnaire, qu'il y avait un Espagnol qui paraissait payé pour susciter des troubles, et qu'il fallait que la Convention parût en masse devant le peuple. Cela s'est exécuté -.

« Après la rentrée des députés, Couthon a donné la liste des députés suspects. Le président était comme une statue; on a demandé qu'on exceptât deux membres. On y a substitué Le Brun et Clavière, et le décret a passé tout de suite. J'ai annoncé cette nouvelle à la force

1. Vdlr Recueil des actes du Comité de salut jniljlic, t. IV, p. il.'J.

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