‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 80 sur 187 · C'était Bernard de Saintes · texte numérisé non relu

C'était Bernard de Saintes

cratie ; elle qui a vaincu toutes les factions, elle qui a abattu toutes les tyrannies, elle ne sera pas arrêtée par les clameurs de quelques aristocrates qui voudraient lever une tête impudente ; elle est décidée à maintenir d'une main vigoureuse le gouvernement révolutionnaire, et elle voit avec plaisir les vrais républicains venir réclamer l'exécution des lois. Forte de l'opinion publique, elle marchera toujours d'après les principes avec les défenseurs de la liberté. Elle s'occupera de l'objet de votre demande, et vous accorde les honneurs de la séance.

La députation entre * au milieu des plus vifs applaudissements.

MoYSE Bayle. — Je demande l'insertion de cette adresse au Bulletin et l'envoi aux Sociétés populaires.

L'insertion est décrétée.

Merlin (de Thionville). — Je demande le renvoi de cette adresse aux deux Comités qui doivent faire un rapport sur la situation de la République.

La Convention décrète le renvoi -.

SÉANCE DU 25 FRUCTIDOR AN II (11 SEPTEMBRE 1794) ^ présidence de delmas

[La Société de Périgucux envoie copie d'une adresse anti-jacobine de la Société de Tonneins-Ia-Montagne et la réponse flétrissante qu'elle y a faite. Les Jacobins, sur la motion Laplanche, suspendent leur correspondance avec la Société de Tonneins*. — Vue Société annonce qu'elle a ouvert une souscription [)0ur donner à la République un vaisseau. — Monestier annonce à ce propos que la commune ci-devant Saint-Esprit', appelée par lui et par ses collègues commune de J.-J.- Rousseau, a recueilli, depuis le mois de messidor, 720,000 livres pour construire une frégate.]

1. (l'esl-à-dirc passe de la barre aux bancs réservés aux pétitionnaires admis aux honneurs de la séance.

2. Le Procès verbal de la Convention (t. XLV, p. 208) relate ainsi ce décret : <• La Convention nationale décrète la mention honorable, l'insertion au Bulletin, et le renvoi aux Comités de salut public, de sûreté générale et de législation, et l'impression et l'envoi aux Sociétés populaires. »

3. Nous donnons cette séance d'après \c Journal de la Montagne.

^. Nous résumons cet incident d'après les Annales patriotiques, p. 3008. 5. Saint-Esprit, qui fait aujourd'hui partie de la commune de Bayonnc, était alors un chef-Ueu de canton du district de Dax (Landes).

452 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [H sKrrKMUuK 1794]

On fait lecture d'une ariresse de la Société de Grenoble lue à la Convention dans la séance d'aujourd'hui •. Elle est souvent interrompue par (les applaudissements et par d'autres marques très vives d'un assentiment général *.

Levasseur. — Cette ailresse a été lue à la tribune de la Convention. Elle y a été universellement applaudie. Quand on est arrivé au passage où il est dit que « Von veut détruire tes Jacobins pour arriver à la destruction de la République entière ». les applaudissements ont recommencé et le lecteur a été obligé de répéter. On eût dit que cette adresse était arrivée tout exprès pour servir de réponse aux motions absurdes et scanrlaleuses qu'on avait entendues hier, avec plus d'indignation encore que d'effroi, sur la destruction des Sociétés populaires. Sans doute, leur dissolution entraînerait infailliblement la perte de la République. Si des motions aussi liberticides pouvaient jamais triompher, bientôt on proposerait de détruire la gendarmerie et d'éteindre les réverbères ; car les aristocrates, ainsi que les voleurs, ne veulent pas plus et de l'une et des autres qu'ils ne veulent des Sociétés populaires. Au surplus, cette adresse a tellement électrisé les esprits, que CoUot d'Herbois a prononcé à l'improviste un des discours les plus énergiques qu'on ait encore entendus à la Convention'. C'était un véritable républicain qui tonnait du haut de la tribune ; il a fait voir les dangers que courent maintenant les patriotes et sentir la nécessité de faire une guerre vigoureuse aux eimemis du patriotisme ; dans l'instant, nous nous sommes tous écriés : « Ce sera une guerre à mort ! » [Le même mouvement se manifeste dans la Société. « Oui/ Oui! » s'écrient tous les membres en se levant. Ces cris ont été répétés à trois reprises différentes.) Aujourd'hui l'aristocratie a vu son arrêt de mort prononcé. Cette

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