Cf. Moniteur, t. XXI, p
ne s'obslinerail pas tant à vouloir une liberté indéfinie. Je demande l'insertion au Journal de la Montagne de la lettre d'envoi et de l'adresse à la Convention nationale.
Cette insertion est arrêtée •.
Une dépuiation de la section du Finistère admire la conduite tenue dans ces moments difficiles par la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité. Elle présente un bon sans-culotte, un brave cavalier, qui réunit toutes les qualités nécessaires à un républicain ; il ne lui manque que celle de Jacobin, que la section demande pour lui.
Le président. — Les Jacobins ont toujours été les grenadiers de la Révolution, et ses plus fermes api)uis. Les tyrans de l'Europe les combattent avec fureur, les apostats de la liberté les calomnient avec délire. Nos armées sont là pour combattre les premiers ; les Jajcobins sont ici pour faire face aux autres, et les repousser. [On applaudit.)
Le président donne l'accolade fraternelle à la députation et au cavalier jacobin.
Une députation de la section de Bon-Conseil vient donner lecture de l'adresse que cette section a faite ce malin à la Convention.
Le président, à la dépuiation. — Les dilapidateurs de la fortune publique sont dans les groupes succursaux des modérés. Ce sont ceux qui veulent ressusciter le côté droit ; ce sont les chefs de nos ennemis. Le modérantisme est le chemin couvert de la royauté, la liberté de la presse est l'arme impie avec laquelle on veut l'obtenir; mais le blasphème que les conspirateurs ont prononcé, lorsqu'ils ont demandé l'anéantissement des Sociétés populaires, est l'extrait mortuaire de cette faction impie.
On demande l'impression et la distribution de cette adresse.
Levasseur réclame Tordre du jour motivé sur ce que la Convention a (jrdonné ce matin l'inserlion de celte adresse au Bulletin et sur ce que ce Bulletin est distribué à toutes les communes et à toutes les Sociétés populaires.
Une députation de la section de la Montagne succède à celle de Bon-Conseil.
L'orateur. — La section de la Montagne a reconnu ses principes et ceux des Jacobins dans les adresses de Dijon et de Grenoble. Hier, dans l'assemblée générale de celle section, on remit sur le bureau un pamphlet cacheté, intitulé : Les Jacobins d'aujourd'hui rappelés à
1. On trouvera un extrait (Je cette adresse et des suivantes dans le procèsverbal de la même séance. Voir plus bas, p. 480 et siiiv.
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l'ordre par un Jacobin fVautrefois, sans autre nom que les lettres initiales L. B. La section de la Montagne, indignée de voir les calomnies atroces adroitement répandues dans cet écrit inlàme contre les Sociétés populaires, pour former la contre-révolution en les perdant dans l'opinion publique, le dévoua sur-le-champ aux llammes.
En même temps l'assemblée générale nous députa vers vous pour fraterniser dans toute la pureté des principes qui nous sont communs.
C'est dans les crises du danger que le bon républicain croit sentir sa force et en user. [On applaudit.) Quiconque aime sa patrie doit défendre les principes que vous publiez et que vous professez. C'est dans votre sein que le fœtus de la République fut conçu au milieu des orages ; il reçut sa première formation dans la Société des Jacobins, qui la fonda et la soutint toujours avec autant de franchise que d'énergie. Nous reconnaissons avec vous que la Convention est le seul centre, et que les Sociétés populaires sont ses appuis nécessaires. [On applaudit.)
Que nous reste-t-il donc ? C'est de ne plus faire qu'un avec les vrais Jacobins, qui sont l'àme de la République, pour la maintenir.
La section de la Montagne croit que tous les patriotes doivent se corporiser d'un bout de la République à Fautre, et tout entreprendre contre ces ennemis audacieux déjà abattus, et qui, dans les vains efforts qu'ils font pour se relever, menacent bien plus de leurs crimes et de leurs trahisons que de la force de leurs armes.
Le président. — La section de la Montagne ne manquera jamais de se trouver avec les Jacobins, car il n'est pas possible que tout ce qui est Montagne ne marche pas avec les Jacobins.
Vous dites que le fœtus de la liberté a pris ici sa première formation ; l'accouchement pourra être laboi-ieux, mais il produira la liberté. [Vifs applaudissements.)
Les Jacobins écraseront tout ce qui lui résistera. Oui, citoyens, la Montagne déroulera sur le Marais. (Ceci doit être pris dans le sens allégorique.) [Applaudissements .)
Une députation de la section de Chalier est admise.
« Les sans-culottes de celte section, dit l'orateur, ont senti que, lorsque les aristocrates de toutes les couleurs osaient attaquer les Jacobins, il était de leur devoir de se réunir à eux, et de ne foimer qu'un faisceau commun pour faire triompher la liberté et l'égalité. »
L'orateur donne ensuite lecture d'un arrêté de l'assemblée générale
de cette section, par lequel elle a déclaré qu'elle adhérait à l'adresse de la Société populaire de Dijon, et ordonné que son adhésion serait communiquée aux Jacobins et aux quarante-sept autres sections; elle a arrêté de plus que ces commissaires porteraient aux Jacobins son vœu unanime de ne jamais se séparer de la Convention et des Jacobins; qu'elle défendra de toute sa force cette société célèbre et toutes les Sociétés populaires contre les manoHivres des aristocrates de toutes les couleurs, et qu'elle ne fera qu'une masse avec les Jacobins, pour comprimer et écraser les contre-révolutionnaires.
La section a ordonné l'impression de cet arrêté au nombre de deux mille exemplaires. [On applaudit.)
L'orateur ajoute que la section de Chalier, pressentant que les nombreux patriotes de la section du Panthéon avaient été égarés par quelques intrigants, lorsqu'ils avaient improuvé l'adresse de Dijon, leur a communiqué son arrêté d'adhésion. A peine cette adresse futelle lue dans la section du Panthéon, qu'elle fut couverte d'applaudissements. Les sans-culottes, rendus à eux-mêmes, ont applaudi avec enthousiasme à l'arrêté de la section de Chalier ; mais quelques échappés de prison, un Mercerot, qui n'avait pas pu obtenir de certificat de civisme et qui était nouvellement sorti de la maison d'arrêt, a demandé la parole contre le commissaire porteur de l'arrêté, l'a calomnié en présence de l'assemblée, et a élevé une cabale pour empêcher que ce commissaire eût la faculté de répondre ; il a été soutenu par un ci-devant prêtre, l'abbé de Cournand, et un ci-devant homme de loi, qui occupait le fauteuil alors, a présenté la demande du commissaire d'une manière astucieuse et l'a empêché d'obtenir la parole.
« Ils out donc triomphé, dit l'orateur; mais ce triomphe ne sera pas long; tous les bons citoyens vont se réunir et les contraindre à s'ensevelir dans la poussière. »
Le président donne l'accolade fraternelle aux membres de la députation, et la Société ordonne l'impression de l'arrêté.
Un membre rappelle que, dans la séance d'hier, l'assemblée générale de la section de la Montagne a adhéré à tous les arrêtés qui lui avaient été envoyés par la Société des Jacobins.
Une députalion de la section du Mont-Blanc est admise. L'orateur raconte que l'aristocratie et le modérantisme avaient trouvé le moyen de glisser hier, parmi les pièces de la correspondance de cette section, une de ces diatribes qui encombrent les boutiques du ci-devant Palais-Royal, d'où elles sortent pour passer dans les boudoirs des courtisanes. Le secrétaire en ayant commencé la lecture, on crut
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devoir la laisser continuer, afin que les citoyens, .qui ne lisent pas ces sortes de productions, pussent juger de la faiblesse des moyens des antagonistes, et en second lieu pour que chacun pût émettre son vœu sur la Société des Jacobins. A peine cette lecture fut-elle finie, que la section déclara que jamais les Jacobins n'avaient démérité dans son esprit, et bientôt le pampblet fut lacéré et traîné dans la boue. Le peuple a vu le piège, il a dit : Si les Jacobins faisaient à la patrie le mal qu'on leur impute, l'aristocratie ne demanderait pas leur destruction. (On applaudit.) Et le peuple raisonne juste, car l'aristocratie n'a pas provoqué la dissolution des Feuillants ni de la Sainte-Cbapelle {nouveaux applaudissements), parce que ces Clubs marcbaient de front avec les conspirateurs. Elle crie aujourd'bui contre les Jacobins, parce qu'ils n'ont pas vu sans frémir les miasmes pestilentiels sortis des prisons pour infecter la Révolution. Eh bien, qu'ils tremblent, les scélérats ! La France se prononce, les Sociétés d'Aix, de Marseille, de Grenoble, de Dijon, de Saint-Quentin, ont parlé : encore un moment, et les scélérats seront réduits à l'heureuse impuissance de nuire à la patrie. Continuez, Jacobins : le peuple, toujours confiant dans la Convention, ne vous sépare pas plus d'elle que vous ne vous en séparez vous-mêmes.
La section du Mont-Blanc jure respect et soumission à ses décrets, amitié, fraternité aux Jacobins, haine éternelle aux intrigants, aux modérés et à tous les ennemis du [)euple.
L'orateur termine en annonçant que la section du Mont-Blanc a adhéré à l'unanimité à l'adresse de la Société populaire de Dijon. [Applaudissements.)
La Société arrête l'impression et l'affiche de l'adresse de la section du Mcmt-Blanc,
Une députalion de la section des Tuileries est admise. L'orateur annonce que celte section a adhéré aux adresses de Dijon, de Grenoble, et aux arrêtés pris par la Société.
N... — La Société m'avait chargé de distribuer, dans différentes sections de Paris, les adresses envoyées à la Convention nationale par les Sociétés populaires de Dijon et de Grenoble : elles ont été reçues avec le plus vif enthousiasme; la section de la Fontaine-de- Grenelle en a ordonné l'impression et la distribution aux aristocrates pour les faire trembler, et aux patriotes pour les éclairer sur les ailapidateurs de la fortune publicjue.
Fayau. — Les vérités qui ont été dites dans cette séance doivent être connues de tous les républicains ; c'est en imprimant le procèsverbal de cette séance que vous ferez connaître quels sentiments fiers
et énergiques sont à l'ordre du jour parmi les Jacobins et parmi les sections de Paris, animées du même zèle qu'eux.
L'opinion publique a été un moment vacillante ; mais elle est fixe à présent, puisque la Convention, les Jacobins-et les sections de Paris ne font qu'un.
Une vérité bien frappante vient d'être dite à cette tribune ; c'est que « les aristocrates n'attaqueraient pas les Jacobins, si les Jacobins voulaient favoriser l'aristocratie ». Tant que Guadet et Yergniaud ont défendu la cause de la liberté, ils ont été attaqués par les aristocrates; dès l'instant qu'ils eurent abandonné cette belle cause, les ennemis de la liberté s'empressèrent de les flagorner.
Bientôt la lumière dissipera les ténèbres ; bientôt l'œil des patriotes pénétrera les replis tortueux des consciences, découvrira toutes les manœuvres obliques, toutes les friponneries des dilapidateurs, de tous ces êtres immoraux vendus au démon de l'argent : une fois connus, leur prompt supplice effraiera toirs ceux qui seraient lentés de les imiter.
Gomment ont-ils. pu se persuader un instant, ces conspirateurs modernes, qu'ils parviendraient à vous abattre ? Comment ont-ils pu s'imaginer que les habitants de Paris les seconderaient dans leur infâme projet? Ils se sont lourdement trompés, les insensés; mais ils ne savaient pas qu'il est contre nature qu'une mère enfonce le poignard dans le sein de son enfant. Paris fut le berceau de la Révolution; non, Paris ne sera point son tombeau. (On applaudit.)
Les patriotes, les Jacobins (et tous les hommes de bonne foi sont Jacobins) maintiendront la liberté. Que les scélérats tremblent! Le moment où la liberté et l'égalité doivent sortir de l'abîme où les traîtres les avaient précipitées est arrivé. Encore une fois, tremblez, aristocrates : les hommes purs resteront : vous seuls, ennemis jurés du bonheur public, vous seuls, vous serez anéantis ! Je conclus à l'impression du procès-verbal de cette séance, et j'en demande l'envoi aux Sociétés affiliées et aux quarante-huit sections de Paris. [Adopté.)
Le président fait lecture du résultat du scrutin pour le renouvellement du bureau. Les suffrages appellent à la présidence le citoyen Bassal, à la vice-présidence le citoyen Bouin. Les secrétaires sont les citoyens Duhem, député, Gleizal, député, Dubosq, Chambellan, Eynaud, Loys.
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