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A LA SOCIÉTÉ DES AJIIS DE LA CONSTITUTION

Frères et Amis,

Vous voyez au milieu de vous des enfants dociles et reconnaissants, qui viennent offrir à leur Société-mère le juste tribut d'hommage et de respect qu'elle mérite de la part de tous les Français. Grâce à votre sagesse, à vos talents, à votre constance, l'Europe entière voit avec étonnement s'élever le majestueux édifice d'une constitution qui a régénéré le plus bel empire du monde ; qui assure à nos descendants le bonheur inestimable d'une existence libre, et à nos augustes législateurs les bénédictions des siècles à venir. C'est de votre sanctuaire qu'est parti ce cri effrayant pour le despotisme : Vivre libre ou

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mourir! cri de ralliement général qui, se communiquant de ville en ville avec la rapidité de l'éclair, a électrisé toutes les âmes et les a pénétrées du saint amour de la liberté.

De là ces associations nécessaires qui se sont multipliées à l'envi dans tous les départements, et qui, guidées par vos sages conseils, animées par votre zèle patriotique , encouragées par vos héroïques exemples, sont devenues les colonnes de l'édifice dont vous êtes l'inébranlable base. La Société de Toulouse, à laquelle nous avons le bonheur d'appartenir, se fera toujours gloire de marcher sur vos traces. Fidèle au serment solennel qui la lie à notre constitution sainte, ni les criminels complots de l'aristocratie expirante, ni les agitations meurtrières du barbare fanatisme, ni les menaces, ni les dangers, ni la mort, rien ne serait capable d'ébranler sa constante résolution.

Yigilance, force, union, voilà notre devise; modération, soumission à la loi, respect pour les propriétés, voilà notre morale, celle que nous avons toujours prèchée à nos concitoyens. Si cette conduite mérite votre approbation, nous serons glorieusement dédommagés des peines, des sollicitudes et des travaux auxquels, jusqu'à ce moment, nous n'avons cessé d'être en butte. Les suffrages des héros de la Révolution sont la plus flatteuse récompense à laquelle puissent aspirer des citoyens animés du désir d'être utiles à la patrie. Pour moi, si je n'avais consulté que l'insuffisance de mes moyens, jamais ma faible voix n'eût osé se faire entendre dans cet auguste sanctuaire de la liberté, de l'éloquence et du génie. Aussi n'est-ce pas comme orateur que j'ai demandé la parole, c'est comme ami de la constitution, comme admirateur du plus beau chef-d'œuvre qu'ait pu produire l'esprit humain; et, à ce titre, je crois avoir quelque droit à votre affection et à votre indulgence.

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