Voir plus haut, p
3. Le littérateur Alexandre Pieyre, auteur de diverses comédies (voir son article dans Quérard), fut attaché à la maison du duc de Chartres de 1787 à 1792.
4. Le département de la Marne était divisé en six districts : Reims, Sainte- Menehould, Vitry-le-François, Sézanne, Epernay, Chàlons-sur-Marnc. — Sézanne, Tieille petite ville de la IJassc-Brie, rattachée au comté de Champagne, peuplée d'environ !j,000 àuics lI liiisant le commerce des vins. Sous l'ancien régime, elle était célèbre par sa fidélité au roi. {Dict. de Robert de Hesseln.)
[16 JANv. 1791] DISCOURS DU MAIRE DE SÉZANNE 7
Le tribunal de notre district est en exercice; déjà il a reçu des causes d'appel.
Notre bureau de paix s'occupe avec un zèle ardent de ses fonctions.
Nos juges de paix terminent en deux heures les différends qui, jadis, auraient ruiné des familles; et le peuple, en respectant leurs décisions, bénit cette sage et salutaire institution.
Le décret sur le serment des ecclésiastiques n'est pas encore parvenu à Sézanne; cependant nos ecclésiastiques fonctionnaires publics, chanoines, clercs tonsurés et autres, ont demandé à prêter leur serment civique. Ayant l'honneur d'être maire de Sézanne, j'ai cru devoir répondre à leur empressement, et j'ai reçu leur sei'ment dimanche dernier.
La commune a été édifiée des sentiments patriotiques qu'ils ont manifestés : leur zèle les a même portés h désirer que leur amour pour la constitution soit consacré sur les registres de la municipalité, et une députation de leur part a été envoyée à l'Assemblée nationale. Un seul ecclésiastique, ci-devant grand vicaire, a osé distribuer aux ecclésiastiques de Sézanne des brefs à l'usage du diocèse de Troyes, tandis que nous sommes soumis à la juridiction spirituelle de l'évêque de Reims; mais la municipalité de Sézanne, l'ayant fait paraître devant elle, lui a ordonné d'obéir à la loi et lui a, en conséquence, défendu d'exercer dans son enceinte son prétendu pouvoir de grand vicaire de l'évêque de Troyes, sous peine d'être dénoncé au tribunal comme perturbateur de l'ordre public. Et le tribunal de Sézanne, aimant et respectant la loi, juste et sévère dans son application, ne laisse. Messieurs, dans nos contrées aucune ressource aux coupables.
Le directoire du district surveille, d'ailleurs, cet ecclésiastique égaré ; il pourvoit de desservants les paroisses qui manquent de pasteurs : en sorte que, par une heureuse concordance, toutes les parties de l'administration veillent au bonheur public. Notre club entretient des correspondances dans l'arrondissement de notre district; il se fait un devoir d'instruire ses concitoyens.
Il nous a chargés, Messieurs, de vous faire ces détails, persuadé qu'ils seront agréables aux amis de la liberté et que vous serez bien aises d'apprendre que vos sentiments patriotiques sont propagés.
En vous témoignant. Messieurs, notre admiration sur les heureux effets de l'organisation judiciaire, nous devons vous dire que nous attendons avec une sorte d'inquiétude la décision de cette grande question sur la procédure écrite dés jurés.
L'honneur que nous avons de vous être affiliés nous autorise à vous présenter notre opinion.
8 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [16 janv. 1791]
Proscrivons, Messieurs, ces longues écritures qui maîtrisent la raison par des formes, La science des jurés sera dans leur conscience.
Nous n'ajouterons rien aux excellentes raisons qui ont démontré que l'institution des jurés ne pouvait exister avec la procédure écrite. Nous vous prions seulement d'observer que l'égalité, cette base respectable de notre constitution, sera méconnue tant que nous ne serons pas jugés par nos pairs, et nos pairs sont aujourd'hui les concitoyens simples et vertueux.
Notre club a désiré d'être afTdié à cette assemblée célèbre, foyer du patriotisme et de la lumière salutaire qui guide les amis du bonheur public. Vous avez bien voulu répondre à nos vœux. Je vous prie, Messieurs, de recevoir, avec nos remerciements, les assurances de notre fidèle attachement.
Prieur,
Maire de Sézaune.