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aimables et d'un langage choisi, en retour ils leur enseignaient les éléments de la beauté, ils épuraient leur goût, ils élevaient leur idéal. C'était un échange profitable à tous. Les idées, à la fin, se confondaient. Et Ton pourrait dire que l'histoire de l'art est, en même temps, Thistoire de la société.
Cette introduction d'artistes dans les salons, commença dès la Renaissance, après les guerres d'Italie, lorsque Télite de l'aristocratie, qui avait accompagné Charles YIII au delà des monts, revint en France, ramenant à sa suite quelques hommes célèbres. Ces chevaucheurs armés avaient admiré, dans les palais de Florence et de Rome, les œuvres superbes qui les ornaient, et ils rapportèrent le désir d'en posséder d'aussi belles. Les princes voulurent avoir des châteaux magnifiques; et non loin de Paris on vit s'élever le château de Gaillon, le château de Blois, celui de Fontainebleau, celui de Chambord, celui de Chenonceaux, dans lequel vinrent séjourner, pour leurs plaisirs, François I", Diane de Poitiers, Catherine de Médicis. Le cardinal du Bellay fit commencer, à Philibert Delorme S 1^ château des Tuileries ; Henri II, le château d'Anet. Androuet du Cerceau ^ bâtit l'hô-
1. Philibert Delonne, né à Lyon en 1510, mourut à Paris en 1570.
S. Androuet du Cerceau fut Tarchitecte de Henri III, qui lui confia, en
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tel Carnavalet, aidé de Jean Goujon, qui en décora l'extérieur par des sculptiu^es inimitables *.
Artiste génial^ celui-là, le plus grand du xvi* siècle. Supprimez-le ; vous n'aurez pas les belles ornementations que la duchesse d'Etampes lui demanda pour sa chambre de Fontainebleau ; vous n'aurez pas, à Carnavalet, dans la cour de l'hôtel, les bas-reliefs des Quatre saisons, ni audessus de la porte d'entrée, le fameux cartouche où se jouent des Génies, en portant des palmes ; vous n'aurez pas QeXXe fontaine des Innocents, qin fut son chef-d'œuvre ; ces « naïades abandonnées, disait Diderot, molles et fluentes^ symboles qui serpentent, avec autant de grftce, que les eaux qui en découlent »,vous n'aurez pas, enfin, au musée du Louvre, cette salle admirable des cariatides ', ni l'adorable statue de Diane. Il restera Ger-
1578, la conduite du Pont-Neuf, à Paris, pour relier le faubourg Saint-Germain avec les quartiers du Louvre et de Saint-Honoré. Les travaux en furent interrompus par les guerres civiles et le pont ne fut achevé qu'en 1604, sous Henri IV.
1. Jean Goujon, 1515-1572. « Jeune homme à la main ravissante, écrivait Michelet, qui sut imprimer aux pierres la grâce ondoyante, le souffle de la France ; qui sut faire couler le marbre, comme nos eaux indécises, lui don* ner 1 e balancement des herbes éphémères et des flottantes moissons. »
2. Jean Goujon fut le premier qui fit usage de ces supports, c En coupant les bras, écrit Bour nand, il ôte à ses cariatides toute apparence de statues, et surtout de réalité. C'est en ajoutant à ses cariatides, couronnées d'un chapiteau et d'un riche entablement, les socles circulaires sur lesquelles elles posent, que Jean Goujon caractérisa d'une manière sans exemple, jusqu'alors, la statue colonne et donna à ces flgures mutilées, qui peuvent offrir quelque chose de choquant, une puissance imposante, qui en fit des chefs-d'œuvre de la sculpture moderne. »
tf.
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main Pilon S sans doute, Tauteur des tombeaux de Henri II et de Catherine de Médicis, dans réglise de Saint-Denis, Tauteur surtout des Trois Grâces, taillées dans un seul bloc de marbre, pour servir de support à l'urne où devait être enfermé le cœur de Henri II. Quant aux autres, Ligier Richier \ les Jacques, Jean de Bologne ', ce sont artistes fort distingués que Ton cite, mais nullement à la hauteur de Jean Goujon. Celui-là suffit à la gloire d'un siècle.
A côté de ces œuvres éclatantes, celle des peintres demeure effacée. A part les Clouet*, qui furent les peintres de François I" et de ses trois successeurs ; à part Jean Cousin ', à qui l'on doit les remarquables vitraux de la cathédrale de Sens , les autres sont tombés dans l'oubli.
Il en fut autrement du xvir siècle, époque des artistes de génie^ des peintres immortels, tels que