ST RS ST DIET
RÉ She
Es
de re Re
autres peuples nous valent comme nous valons les autres peuples, seulement nous SOMMES aussi incapables de faire leur bonheur qu'eux le nôtre. Aussi bien, du reste qu'aucun individu n'est capable” de faire le bonheur de qui que ce S it malgré lui. NOUS pouvons nous prêter la main pour nous débarrasser de ceux qui nous font du mal; nous devons nous considérer comme des égalix qui peuvent et doivent se rendre service à l'occasion, voilà le véritable4n wernationalisme, mais méfions-nous de cet internationalisme, à fleur de peau qui de l'æil droit regarde amoureusement nos Ireres de l'autre côté de la fronuière et fait riseue du gauche à « notre brave armee nationale ».
Français, Allemands, Italiens, Anglais ou Russes, nous sommes exploités de la mème façon. C est une minorité de parasites qui nous gruge et qui nous mène. Comme l'âne de La Fontaine, mettons-Nnous bien dans la tête que « noire ennemi, Cest notre maître » ei alors iln y aura plus de haines nationales. En France, comme ei Allemagne, en Angleterre où en lulie, ceux qui nous exploitent ne s'occupent guère de la nationalité de ceux qu'ils tondent. Leurs préférences, s'ils en om, seront Four celui qui se laissera tondre Île plus bénévolement, -— L'humanité ne se divise donc qu'en <eux classes : les exploieurs et les exploités. Que les déshérités de tous pa}s
en fassent leur profit.
Du reste, ici, encore, la marche des événements est encore la meilleure éducatrice des individus, en les forçant à s'accomimoder aux circonstances qu'elle leur présente. Et notre cpoque saura bien forcer les
LASSOCIÉTÉ FUTURI 63
individus à considérer l'humanité comme leur seule et unique patrie,
L'internationalisme, s'il n'est pas entré dans les esprits est entré dans les faits, ce qui vaut mieux. A l'heure actuelle, tout est international. Il n'y a pas une nation qui pourrait s'isoler et senfermer chez elle, et nos protectionnistes les plus enragés, ne peuvent nous « protéger » aussi « fortement » qu'ils le voudraient, forcés qu'ils sont, de tenir compte de certaines réciprocités.
Le télégraphe,. les postes, les chemins de fer sont iMernationaux, Les relations commerciales sont tellement enchevêtrées que certaines maisons semblent n'avoir plus de nationalité. Des maisons de banque, certaines usines sont dans ce cas.
La fabrication des armes de guerre, industrie qui, dans la logique patriote, devrait être éminemment et exclusivement nationale, est une de celles qui, peut-être, est des plus cosmopolites, Les maisons françaises fournissent de canons et d'obus des nations qui, à un moment donné, peuvent être appelées à s'en servir contre la France; des maisons italienrres, allemandes et anglaises agissent absolument de même. Certains députés sorit à la tête de quelques-unes de
ces maisons !
Cela semble tellement naturel que personne plus ne s'en étonne. à
Toutes les branches de l'activité humaine sont occupées journellement, à organiser des congrès intérnationaux, ne pouvant plus opérer isolément chacune chez elles: les relations individuelles, ellesmêmes, par ce vaste mouvement, éprouvent aussi le besoin de sortir de leurs frontiéres.