La société historique de Montréal vs Maximilien Bibaud [microforme]
Je croyais que mies ennemis en avaient assez ; mais, coinme les mauvais anges de la tradition; îls prennent Conrage de leur nombre et d’une malhounêteté sans remède, et ils s’animent les uns les antres. Grand émoi pourtant parmi la turbe ignoble, quand parut mon précédent pamphlet ; ils employèreni nn runner pour aller dire de porte en porte que je ne triompherais pas longtemps, car il allait paraître un aom responsable tel,
uw’aussitôt qu’il serait décliné, je devrais m'incliner.
uel était donc ce nom important ? Selon les uns c'était un surintendant, selon d'autres, c'était nn juge’; Toutefois , il était expressément défendu au dit runner de divulguer le nom avant qu'il parût dans la gazette. Bref le dit no;n n’a point parn. Seulement une palinodie misérable parvint à la Minerve à point nommé avec une prétendue réponse au docteur Meilieur, mais non signée. Si cette palinodie n’eût pas été réellement le procès-verbal d’un conciabule, un homme qui se serait Cru ür gentilhomme et qui venait nous conter qu’il regrettait d'avoir exposé à mes attuques des hommes qui n'étaient pas conpubles, atirait,—tout le monde l'a senti, —pris le parti de décliner son nom ou de ne plus reparaître dans la gazette. Bien join d’en agir avec une telle gentillesse on avec une pareille prudence, voici au contraire ce que le folliculaire (en effet ce n’est pas moi qu’on appelle à bun droit fullicalaire, iais bien précisément les zoïles sans nums,) avait dû se dire, si vraiment il était seul : “ Je sens bien que je ne suis pas un geutilhomme et que je n’ai rien à perdre : je r | AN Lefe / à fat 7x
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fais aussi bien d’être menteur.” Aussi a-t-il menti trois fois dans l’article de gazette du 8 Mars : la première fois en disant que j'avais eu tort de me fâcher d’une critique pleine de bienverllance, la seconde, en disant effrontément aux lectéurs de un brochure que, j’avouais que sû critique était exacte quant aux faits ; la troisième, en disant que j'avais parlé des “ élèves de M. Viger ” tandis que J'avais parlé de ses écoliers. (Mes ennemis m’appélent écoliers à leur tour, mais il n’y a là rien de furt Piquant. Quand un petit garçon dit à nn autre petit garçon, tu as menti, tu chniques, celui-ci ne trouve rien de plus neuf à lui dire «s uon, c’est toi qui a menti, c’est
été cité une fois à l'étranger par M. O’Callaghan, et la citation même contient une erreur.” Quel est le but de mes ennemis ? Ils savaient bien que je serais là pour dire que cette erreur est l'erreur de M. Viger qui, de ce que le Chevalier de Longueuil résidait à Tours, en : conclu qu’il était mort: à Tours, ce qui n’est pas vrai, Mais ces misérables guerillas savent qu’ils n’ont rien à perdre, et quant à leur fondateur, ils ne se soucient guëéres de ce qu’en le mettant sans cesse en avant, ils le feront éclabousser : ce n’est pas lui qu’ils aimaient, ce sont ses notes, qu’ils sont parvenus à smogler. Je m'occupe {ort peu de dates selon eux. S'ils me prouvent qu'après avoir été remplacé en Conséquence de la bataille de Walcourt, où il fut battu par le prince de Wald eck et par le comte de Marlboroug, le maréchal d’Humiéres ne resta pas à l’armée de Flandres, ils auront raison sur un point. Je trouve que Monsieur de Longueuil fut aide de, camp du maréchal dans les mêmes sources où le Commandeur a puisé son petit cahier, sources auxque]-
les j'ai eu plus | qu que lui. S’il se trouva aux mas-
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(1) Quant au général Clitherow, sur le nom du quel le commapndeur a fini par mettre u1e barre d’encre, s’il a été député gouverneur, il ne fallait effacer qu’à moitié ;, si le général Rowa:: u été député gouverneur (ce qui pourrait bieu être, quoique l« turbe ne s’en doute guères) il falinit le dire, il fallnit surtout dire que sir James Stuart l’a été. Tout cela aurait considérablement entichi sa fameuse liste à si vaste réputation euro péenne !
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sacre de Lachine, il ne combattit päs en même temps en Flandres, De plus, les Documens de Paris ne sont pour moi une autorité que quand ils n’ont pas tort, et la turbe aurait dû discerner qu’il ne s’est pas écoulé deux ans entre le Massacre de Lachine et le siége de Québec. Assurément si un homme an été faible sur Je chronologie, : c'était bien le Commandeur. Dans ln Bibliothèque Canadienne, il place sous l’année 1766 des Ordonnances du Général Murray, qui n’était plus en Canada à cette époque. A Ja age 30 de sa Liste de Curés, Mgr. Bourget émane ‘nn décret en 1641. Ce laborieux antiquaire et véritable compilateur (mot dont la Société Historique ignore la véritable accéption) (2) m’a beaucoup recherché comme je puis le prouver-par deux de ses lettres. Il m’apporta son petit cahier sur les Le- Moine à la soirée savante que M. Chauveau donnuit à M. Desplaces. Je le lui reportai le lendemain, apres l’avoir montré, en passant à l'Hôtel Donegana, à ce Français distingué, auquel il ne me fut pas possible de faire Concevoir une haute idée du livret en question. Je fis apercevoir au Commandeur qu'il était impossible que M. de Labarre eût recommandé un Le Moine pour un service national particulier avant l’époque où ce service fut rendu ; et dans une autre circonstance, voyant que, dans un autre cahier, il dit que Je premier Salaberry du Canada fut créé chevalier de St. Louis en 1766, je lui
vbservai qu’il n’était pas probable que le roi de France
eût distribué des croix de St. Louis en Canada, sous Ja domination anglaise, et qu’il avait sans doute mis un 6 pour un 5. Le Commandeur à fait faire une faute à M. Chauveau au sujet de Louis de Salaberry, et il aurait pu m'en faire faire deux autres sur le même individu. Ce
Pepe mmment nn treematmmaieena een es
(?) Je conseille à ses membres de lire en commun le traité des preuves de l’Histoire par le R. P. Griffet. S, J. [ly établit la distinction à faire entre un compitateur, qu’il compare à un ouvrier ou manœuvre, et l'écrivain, qu’il compare à l’architecte. Les Foedert de Rymer sont une compilation. Pour être compilateur, il suffit d’amasser des documens et de les assembler ; le commandeur n’était pas même en état d’assembler ceux qu'il
Été d’ou il suit que je l’honvre trop en l’appelant compiateur,
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greeme fut porté au pe Parlement Provincial.
. Viger me disait que les Anglais de la Chambre lui firent objections et qu’il dut se retirer. Sir James Craig dit au contraire qu’il fut de tous les Parlemens jusqu’à sn nomination au Conseil Légisiatif. J'ai écri ue cé gentilhomme fut Colonel de plusieurs bataillons e milice : le Commandeur m'a dit que cela était impossible, et quand je lui mis sous les yeux l’Almanach de Québec pour 1814, il lui fallut prendre ses lunettes et y regarder, longtemps. Le fuit est que M; de Saluberry était Colonel divisionnaire. Si j'ai été sur mes gardes en cette circonstance c’est bien lui qui m’a is que le gouverneur De Bienville était neveu de M. D’iberville : l’abbé Verreau m’a reproché verbalement de ne lui avoir pas tenu compte de cette découverte. Je savais par son cahier que Charles Le Moine avait eu plus de sept fils, et j'ai mentiouné quelque part ses filles, nommément celle qui épousa M. de La Cltsenimne, que le Commandeur a oublié de mettre parmi les Gouverneurs où Curamandaus de Montréal; mais parmi ses fils, je, n’ai dû parler que de ceux qui sont connus duns l’histuire : il n’y a que la mauvaise foi qui puisse faire dire a mes adversaires que ça été là l'intention de Lévun Guérin et que ce n’est la mieane. M. Viger fait mourir à 45 ans le cheva- Ler de Beaujeu, dont le père ne s'était marié qu’en 1712, du moins selon les originaux ; (3) il était donc ? On a vu dans mon. précédent, pamphlet la prétention ineffable du Commundeur touchant le rôle qu’avaient à jouer les Commandaus Généraux de la Colonie. Par un contraste aussi. inénarrable, il a avancé daus la chambre de l’abbé Verreau, en présence de l’abbé, de M. Bellemare et de M. Réguaud, que les titres de Lieutenant-Général de la colonie sous les Français, et de Capitaine-Général, sous les Anglais, ne donnaient
(8) Comme Pêtau et le vhevalter Marsham, quand les dates ne s’acoouplént pas bien, je les cnmhine sans m'occuper de ce que diront les écoliers. J’adoptni 1702 et j’optaiï, pour la mort de M. de Bieuville entre 1765 et 1769, que portent tour-à-tour les originaux, Par mon expédient, le commaudeur ne radotait pas : mais je veux bien faire un pas pour me recoucilier avec sa belle société, et je remets les choses comme avant.
aucun contrôle sur les opérations de guerre. En ce cas, ii est bien singulier que le rôle de l'Admiuistrateur ou du Gouverneur sans commission ou intérimaire fût si difiérent de celui du Gouverneur commissionné. Mais vous. autres, qui aimez qu’on vous cite des originaux, voyez le Procès-Verbal du Conseil relativement aux attributs respectifs des Gounverneurs et des Intendans, vité dan: mes Institutes, et lisez surtout les Instructions de Vaudreuil à Montcalm dans les documens édités par M. O’Callaghan. Du reste, si le Commandeur a été mauvais chronologiste et surtout mauvais p'bliciste, cela ne l’empêchera point d’avoir été un brave homme ou même un homme brave, si la fameuse société historique parvient : nous le prouver. Seulement, ici, il pourra se faire que des originaux ne suffisent pas. S’il eût été aussi amoureux de la vérité que le dit la clique, il n’aurait pas dicté, sur ce point, des éloges de lui-même, et quand il a repreduit dans la Minerve le Rapport du Secrétaire Walker, il n'aurait pas omis le passage qui me concerne, encore moins ajouté que je suis membre correspondant de lu Societé de l’Etat de Michigan, tandis que j’en suis membre honoraire, aussi bien qu’il l’état lui-même. Le Uommandeur ne se possédait point quand on prononcait
devant lui le nom de M. Bois. Puisque la celèbre société compromet sans cesse son patron et se cache derrière lui, voudrait-elle bien aussi nous raconter un petit trait de jalousie qui est échappé au Commandeur à mon égard sur son lit de mort? M. (: ‘’allaghan a cité mon Dictionnaire ! Il a été cité parix:,il a été cité par le-docteur Zenaer, il a été cité par le Secrétaire
Walker, il a été cité par M. H. E, Chevalier, il a été cité à la gloire de M. Viger, à la suite d’une liste de ses œuvres chétives, dans le Catalogue de la Chambre ; il a été cité par tous les journaux qui oni parlé de sa mort, et pour la peine du téméraire plaideur, je condamne la soidisant société historique à relire l’opinivn de la presse qni est à la fin du Dictionnaire. Mon père disait souvent à son ancien condisciple : ‘“ Jacqnes, comment veux-tu
won té prenne en faute, tu ne publies jamais rien.”
our moi, je n’ai plus, pour cette fuis qu'une erreur à reprocher à M. Viger; dans son œuvre infiniment importante qui est une liste des curés de quelqués paroisses,
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il dit qu’il y a à Rigaud une bonne école de garçons di- : rigée par les Frères des Ecoles Chrétiennes, tandis qu’ei- . les est dirigée par les Clercs de St. Viateur. Je ne dirai pas que le Commandeur sadissait du papier, comme |1 4 société le dit de moi: je dirai seulement qu’il écrivait excentriquement des minuties. (4) C’est papier sale, dites- f vous que mes écrits; mais il n’y a que la clique qui le ç dise, et la vérité choque plus que le mensonge. La vé- k rité! je vais vous la die. La Minerve était un papier 2 sale quand feu le Grand Vicaire Paul Loup Archambault d la renvoyait, par lettre imprimée dans l’Ami du Peuple, 1 comme une feuille licencieuse ; la Minerve était un pa- d pier sale quand elle ornait ses colonnes d’annonces de in celle du Semeur, “ journal publié dans les vrais intérêts Le des Canadiens Français ;” la Minerve était un papier sale, sé quand elle insérait une correspondance contre une sen- " tence du juge Bruneau qui déclarait nul un bail pour qi mauvais lieux ; la Minerve était un papier sale quand, bi. durant les élections, elle fosait dire à Mgr. de Montréal 7” des choses qu’il n’a jamais dites, et la Minerve est enco- M re un papier sale à l'heure qu’il est! Pour lu façon de la A es épris ie m:
qu (4) Il est futile en général de discuter sur les circonstances lot s secondaires des faits historiques, à propos des quelles il n’y a c'e jamais deux historiens qui s’accordent complètement. ‘ Selon 1 4 u les Grecs, dit Hérodote, lo a été enlevée comme je viens de le ss LI + raconter ; selon les barbares, au contraire, ce fut comme suit :”° Tout ce qu’on sait, c’est que lo, fille d’Inachus, fut enlevée par par des Phéniciens. On sait aussi que Louis XIV franchit le et | hih, pour pénétrer en Hollande, mais il est curieux de voir comme on s’est mépris sur les circonstance, L’opinion commuue, dit M. Durruy (Histoire de France) était que toute l’armée (5 avait passé ce fleuve à la nage, en présence d’une armée retran- con! " chée et malgré l’artillerie d’ure Éhorèsée imprenable appelée il cesse le Tholus. ‘On ronnait PEpitre de Boileau, et Bossuet s’écrie : 14 para ‘4 Laissons le passage du Rhin, le prodige de notre sièele et de | reau le vie de Louis le Grand.” Mais Bonaparte change un peu de du n ton. “ Le passags du Rhin, dit-il, est une opération militaire LU du quatrième ordre, puisque dans cet endroit le fleuve est d’un guéable, appauvri par le Wahal, et qu’il n’était d’ailleurs défen- ou ‘+ du que par une poignée de milice. Le Toll-Huys n’était, comme äpoc son nom indique, qu’une maison de péage.” 11 paraît donc Ne oi
que l’aigle de Meaux lui-même n’y voyait goutte. ces i
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Correspondance du 24 Mars, on voit que ses auteurs ainsi que ceux de ja Correspondance contre le traité de 5himie, et des anciennes correspondances contre moi, ont autant de goût. pour la ie que pour la botanique. J’oubliais de dire qu’il n’y a pas de fauté à dire que Magdelon de Verchères était terrible comme une armée rangée en bataille, mais qu’il ÿ en a une à dire qu’elle défendit le fort de Cham ly, et uné bien gr lourde à ajouter que Madame de Latour défendit le dit fort de Chambly, comme on le fait dans l’Echo du Cubinet de Lecture. M. Bellemare n’a dit des noms dans la Minerve, il m’en à dit à l'Institut Cavadien-Français et il men a dit en pleine rue St. Vincent : tout le monde dit que ça n’est pas grave pour un Conseiller de ville (City ather), et surtout pour un Directeur du Cabinet de Lecture Paroissial. Il est vrai que, copiste de notes, Inspecteur de licences, avocat après un examen continué (selon l’expression dont se
se servit M. je Solliciteur-Général Rose Pour ne pas :
trop peiner le Candidat,) il cumule les qualités ès quelles il peut bien être gamin. (5) Je n’en veux pas à e jeunes amis que j'ai dans la Société enfantine ; mais ils ne nieront pas la sagesse de l’adage “dis moi qui tu hantes ct je te dirai qui tu es” ni la sagacité du louy de Lafontaine qui dit à l'agneau : “si ce n’est toi, c’est quelqu'un des tiens.” Je termine en citant ce qu'on dit de moi à ’étranger, “ M. Maximilien Bibaud LL, D.a fait un début marquant dans le monde littéraire par ses publications, Nous avons de Mis tase ve os à et le Dictionnaire des 51: mmes Illustres du Canada et
(5) Je dois à M. Bellemare de dire que cet examen ne fut pas continué audelà de Ja Fête-Dieu, et qu’il put figurer à la procession en costume de Palais. C’est dans cet attirail qu’il parait aux séances annuelles de l’illustre société. L'abbé erreau 88 Contente {mais il fait ça avec la plus grande coquetterie du monde] de jeter son manteau romain sur ses épaules. 1] y « un inembre honoraire qui se rend en habit de cour (homme d’une politique fédérale et littérateur de l’école des romantiques Où anticlassique, éditeur d’une histoire de Québec qu'on dit
4pocrvphe. 11 écrit ausei dans la Guépe.] Les autres membres
sent vêtus comme de simples particuliers, ‘Pour né point efface: ces illustrations nationales,
de Amérique. Nous recommandons la lecture de ces ouvrages. ‘Ils montrent de la recherche et des connaissances des lois.de le critque.” M. Walker écrit : “ But it is.pot now too late to.return to you, and sn you to Mr. |Bibaud: the cordial thanks of the Society for the valüable contributions to our historical collection. Unfortunately I am not familiar with your beautitul language, büt qudge Campbell, one of our offeers, and who iseverÿ way compétent to pass upon ne merits of the works, speaks highly of them.” Maigré ces éloges je suis prêt à en passer par ce que dit si sensément Blackstoué dans la! préface de ses Commentaires. “Si mon livre/n’est pas bon, tous les éloges qu’on en écrirait n’en feront:pas un bon livre. Si au contraire il à du prix, tout le mal qu’on en dira n’empêchern pas qu’il soit un bon livre.” :
Cérar #T BOURGLIGNON, ÉMPRIMEURS.
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