JACQUES IV, CHARLES
Charles , s'agenouillant. Sire, j’attends mon châtiment !
Jacques. Relevez-vous monsieur , et répondez-moi !... (Charles te relève. ) Quel sentiment vous a donc fait insulter non pas un roi, mais un homme?
Charles. Celui qu’il serait inutile de vouloir vous cacher, la jalousie.
JACQUES. La jalousie!...
CHARLES. .Mantenant , sire, condamnez !. . .
Tous les coups des hommes ne seront rien auprès de celui dont le malheur m'a frappé !
Cette femme, cause de l’injure que je vous ai faite, je l’aimais plus que la vie... plus que la gloire... et c’est la déception, mon roi, qui m’a rendu coupable ; mais vous êtes vengé, car j’ai reçu le coup mortel, en voyant se ternir tout à coup sous la honte et sous l’odieux mensonge l’idole blanche et radieuse que j’avais divinisée.
Jacques, après un mouvement. Ainsi tu aimais Henriette ?
Charles. Oui. pauvre fou !
JACQUES. Mais Henriette t’aime-t-elle?
CHARLES. Elle!... plus fausse encore nue belle!... pleurait de ma tristesse ou s’elTollait de ma joie!...
JACQUES. Qu'espérais-tu donc?
Charles. La faire ma femme un jour...
JACQUES. Et quitcl'a donc révélée coupable?
CHARLES. Tout ! maintenant que le bandeau se déchire, sa vie, son opulence, son mystère...
Jacques. Mais si tu étais dans l’erreur?
Charles. Sire... j’ai mérité votre colère, ne parlons plus de Henriette... punissez... je crains votre pardon...
Jacques. Mais, enfant, tu te trompes.
Charles. Je ne me trompe pas, sire... je sais ce qu’Ilenriette est pour vous.
JACQUES. Elle est ma protégée !
chari.es. Puis, autre chose encore.
Jacques. Quoi donc?
CHARLES. Vous êtes le roi.
Jacques. Qu’importe; dis...
Charles. Jamais!...
Jacques. Je le veux!... qu’est-elle?
CHARLES. Votre maîtresse, sire!
JACQUES. Tu mens!... elle est ma fille!
Charles. Henriette?...
JACQUES. Silence !
Charles. Henriette est pure!... oh! sire..
(Tombant à genoux. ) Pardon... pitié!...
Jacques, le relevant. Et si je m’entoure de tant de mystère, c'est que sa naissance se rapporte h une époque qui me défend de l'a-
vouer... Et tu ne sais pas qui fut sa mère?....
Charles. Je le devine, sire... et je sais que Henriette n’est pas responsable eu crime de Catherine Patrick.
Jacques, avec douleur. Catherine!... (Lui tendant la main.) Tu as un noble cœur, ami... L'âge vient [tour Henriette où l’âme souffre alors qu’on l'isole; je dois lui trouver pour époux un jeune homme discret, hardi, généreux, digne d’elle, et peut-être pourrastu le devenir un jour.
Charles. Sire... tout mon sang roulerait |S)tir sécher une de ses larmes.
JACQUES. Maintenant, retourne au palais; je ne veux pas que tu la revoies ici, tu pourrais commettre quelque imprudence.
Charles. Oui, sire... car la joie me donne le délire. Je pars !
H ra du càtd du lazaret.
Jacques, l'arrêtant. Ce n’est pas lâ le chemin... par ici!...
Charles. Oui... mais...
JACQUES, le conduisant. Quoi?
CHARLES. Soyez béni !
Jacques. Je serai béni.
Charles. Si vous saviez...
JACQUES, le poussant. Je sais tout... vat’en !
CHARLES. Dieu vous protège !
Il sort par le fond.
Jacques. Merci...
Il le suit des reuv.
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