V. LE COCON
Les chrysalides enfermées dans le cocon se transforment assez rapidement en papillons, qui percent leur enveloppe soyeuse ; de ce fait le cocon ne peut plus se dévider, il perd beaucoup de sa valeur : au lieu d'être la matière première normale du fil de soie, il devient un déchet, d'où l'on ne peut plus retirer qu'une quantité de soie moins considérable et d'une moindre valeur.
Il est donc fort important de choisir, parmi les cocons, ceux qui doivent être afi'ectés à la production de la graine et de réserver les autres, en vue delà production de la soie grège.
En étudiant les papillons, nous examinerons quel traitement doivent subir les cocons destinés au grainage.
Quant aux autres, qui forment d'ordinaire la masse principale des récoltes, on les soumet à l'action d'une température élevée, pour tuer les chrysalides, avant qu'elles aient eu le temps de se transformer en papillons. Cette opération porte le nom diétouffage. Pour la pratiquer, on étale les cocons dans des corbeilles plates, et on les soumet à l'action d'une chaleur de 70 à 80^\ dans une étuve à air chaud.
;y\ L'ŒUF, LE VER A SOIE ET LE COCON
I)ix minutes suffisent pour amener la mort des chrysalides mais il faut en réalité chauffer les cocons pendant deux heures, pour que les chrysalides atteignent la température indiquée. Dans certains cas, Tétuve est chauffée au moyen de la vapeur d'eau : on peut ainsi atteindre beaucoup plus ra[)idement la température de 70 à S0'\ mais les coques se ramollissent et elles ont l'inconvénient de donner plus de déchets que lorsqu'elles sont chauffées dans l'air sec.
Certains praticiens ont proposé d'étouffer les chrysalides [)av l'action de gaz toxiques tels que l'acide sulfureux, l'hydrogène sulfuré, les vapeurs de sulfure de carbone, le gaz ammoniac. Mais M. Francezon a découvert que les cocons traités i)ar ces procédés, fournissaient une soie moins abondante, et d'un rendement moindre : cet expérimentateur, a constaté que l'oxyde de carbone, l'acide carbonique, l'hydrogène, le protoxyde d'azote ne faisaient pas périr les chrysalides.
L'étouffage par l'élévation de température paraît donc être, jusqu'à présent, le seul qui doive être mis en œuvre ; mais avant de soumettre les cocons à ce traitement, ils subissent un certain nombre d'opérations préliminaires qui vont êtres énumérées rapidement.
Tout d'abord, on enlève les matières étrangères, les débris ayant pu s'attacher à leur surface; puis on ébourre le cocon, en enlevant les premiers fils que le ver a jetés sur la bruyère pour fixer l'emplacement qu'il a choisi : cette première enveloppe connue sous le non blaze, forme un déchet qui est utilisé.
Les cocons écrasés et les cocons fondus sont mis à part; on élimine également les cocons doubles, formés de deux cocons accolés, mais ne comprenant qu'une cavité intérieure qui renferme les deux chrysalides. Ils ont moins de valeur que les cocons ordinaires, et ne peuvent se dévider comme eux. Toutefois, un usage en tolère une proportion de 4 à 5 pour 100 dans les races indigènes.