‹ La soie au point de vue scientifique et industrielChapitre 30 sur 151 · LE PAPILLON · texte numérisé non relu

LE PAPILLON

introduction : si Ton compare, dans son ensemble, Torganisme du papillon à celui du ver, on remarque que les organes de la digestion et de la production des soies ont presque disparu ; ils n'ont plus qu'une importance très faible, tandis que les organes reproducteurs qui n'existaient pas chez le ver, sont les plus développés chez le papillon.

Les fonctions physiologiques du papillon ne sont pas exactement connues : Tanimal respire, exhale de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, mais il ne prend aucune nourriture. Sa vie est fort courte, elle varie beaucoup avec les circonstances atmosphériques; ralentie par le froid et l'humidité elle s'accélère par l'action d'un air chaud et sec. Le papillon vit en moyenne une douzaine de jours, mais suivant sa force de résistance, et l'action des influences extérieures il peut périr au bout de vingt-quatre heures ou prolonger au contraire son existence jusqu'à trente jours.

C'est d'ordinaire le matin entre cinq heures et huit heures que le papillonnage des cocons s'effectue. A peine sortis de leurs cocons, les papillons mâles s'approchent des femelles et l'accouplement a lieu. Sa durée est fort variable : il dure parfois une demi- heure, et se prolonge souvent dix heures et même davantage. On a reconnu que pour être fécond, sa durée devait dépendre de la température : un accouplement d'une heure suffît à 20 Réaumur. A 16 Réaumur il devrait se prolonger cinq ou six heures. En général on le limite à cette durée.

Les croisements entre les diverses races se font sans difficultés : cette particularité permet de modifier, dans une certaine mesure, les races productrices; on l'a utilisée pour l'élevage d'espèces résistant à la flaclierie.

Les phénomènes de la fécondation des femelles ont été étudié en détail par Gornalia et Balbiani, nous renvoyons à ces deux savants ceux de nos lecteurs qui seraient tentés d'approfondir l'étude de cette question.

Peu de temps après l'accouplement, la ponte des œufs com-

mence. Malpighi a montré que la fécondation s'opère par le passage des œufs dans Toviducte. On reconnaît facilement les œufs fécondés qui ciiangent de couleur au bout de cinq ou six jours et passent de la nuance jaune clair au gris cendré ou au jaune terreux : les œufs non fécondés restent jaune clair et se dessèchent bientôt.

La i)onte et la fécondation sont en rai)port étroit avec l'état de santé des papillons générateurs : or, les papillons sont sujets à la plupart des maladies qui ont été étudiées à propus du ver.

Maladies du papillon. — Une chrysalide muscardinéo meurt sans donner de papillon : mais un papillon sain peut contracter la muscardine : exposé à l'action des spores du Boirylis hastiana, il meurt en m^oins de trois jours : on trouve tout l'organisme rempli de filaments caractéristiques de la muscardine.

Fréquemment, les papillons sont malades de la pébrine, et renferment des corpuscules : ces papillons proviennent de vers pébrinés. Si le mal est aigu, les papillons se montrent débiles, leurs lianes sont noirâtr-es ; presque tous les œufs contiennent des corpuscules. Quand la maladie est peu avancée, les papillons présentent tous les signes extérieurs de la santé ; mais si on les examine au microscope, on découvre un grand nombre de corpuscules. La plupart des œufs pondus sont corpusculeux : soumis à réclosion,ces œufs donneraient naissance à des vers destinés à p.'rir presque sûrement de la pébrine.

Gornalia signala le premier la présence des corpuscules dans les papillons. Gantani eut même l'idée de sélectionner les papi.lons et d'afTecter au grainage ceux qui se montraient à l'examen microscopique exempts de corpuscules; mais ces essais ne donnèrent que de médiocres résultats. . I^asteur, sans connaître les recherches de Gantani, étudiai l'action des corpuscules : il établit scientifiquement qu'ils

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