‹ La soiree perilleuse Comedie melee de couplets en un acteChapitre 8 sur 28 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

AMÉNAÏDE, évanoiie lU r le divan, MONTFRETIN \

MONTFRETIN, entrant très-effaré par la droite, troisième plan, et regardant

a la cautonade.

Oui!., courez!., cherchez!., galopez!,, (écoutant.) J’espère qu’ils ont perdu ma trace !.. je n'entends plus rien !.. (Descendant la scène.) Ouf! quelle course! quelle aventure! je n’en puis

plus!., (il s’asseoit lourdement sur le divan à côté d'Aménaïde qu’il n’a pas vue.)

AMÉNAÏDE, dans sa crise de Derfs.

Oh!., oh!

MONTFRETIN, se levant vivement.

Heitl !.. une dame !.. (Se plaçant un peu en arrière du divan.) Mille pardons, Madame... ne criez pas !.. n’appelez pas!., je ne suis point un malfaiteur !.. je ne frise en ce moment que la police correctionnelle !..

AMÉNAÏDE, comme crdessus.

’ Oh! oh!..

MOSTFRETIN.

Vous en doutez?., apprenez tout! un mari... un animal... rue Sainte-Apolline... qui arrive tout à coup... comme un obus... (u regardant.) Tiens!., elle dort!., respectons ses pavots !.. (Remontant.) Quel peut-être cet asile inconnu et hospitalier?.. (prêtant l’oreille.) Il me semble qu'on râpe du violon par là... et ces bougies!., un bal!., bravo!., un alibi!., voilà ce qu'il me faut!.. (Retardant la pendule.) Deux tours d’aiguilles à reculons... et je suis ici depuis plus de deux heures !... donc... je n’étais pas... je ne pouvais pas être... rue Sainte-Apolline!..

alibi ! alibi!.. (l.a musique s’interrompt.)

AMÉNAÏDE, jouant des nerfs de plus en plus.

O, o, o, o, o, oh !

MONTFRETIN, sursautant.

Hein?., ah çà, mais... elle ne dort pas!., elle est pâmée !.. totalement pâmée!.. Madame!.. Madame!..

AMÉNAÏDE, d’une vois dolente.

Oà suis-je?..

MONTFRETIN, à part.

Oh!., alibi!.. (Haut.) Dans mes bras... depuis trois grands * A. M. ■'

quarts d’heure!., (lui niellant un flacon sou» le ncr.) Respirez ceci !.. voire corset vous gêne-t-il?..

AMÉNAIDE, se levant tout à coup et marchant à grands pas.

Non ! plus de faiblesse *!.. c’est trop d’honneur pour un Coquelicot !..

MONTFRETIN, ébahi.

Un coquelicot !..

A MES AÏDE.

Je ne veux plus vivre que pour le narguer... pour me venger!..

MONTFRETIN, la suivant.

C’est cela !.. narguons-le ! vengeons-nous !..

AMÉNAÏOE, se retournant eu face de lui.

Hein!., qui êtes-vous, Monsieur?..

MONTFRETIN.

Un danseur... à qui vous avez daigné promettre une valse... depuis cinq quarts d’heure... depuis sept heures trente-cinq.

AMÉNAIDE.

A vous, Monsieur?.. Je ne crois pas avoir l’avantage...

MONTFRETIN.

De me reconnaître?., ce n’est pas étonnant, dans la foule de vos admirateurs!.. .

AMÉNAÏDE

Seriez- vous un ami du marié?

MONTFRETIN, à part.

Du marié? Tiens! je suis à la noce !.. (Haut.) Son plus intime ami !.. (La musique reprend. — - Enlaçant Air, éuaïde.) J’entends la musique!..

AMÉNAÏDE

Valsons, Monsieur, valsons ! (tu valsent.)

SGÈNE VII.

AMÉNAIDE, MONTFRETIN, VÉNÂRD.

VF.NARD, accourant de la gauche une burette à la main.

Voici le vinaigre!., il était en mains **.. (Très-étonné de la voir valser avec uu inconnu et dansant machinalement en les suivant.) Pardon,

belle tante, c’est à moi que vous avez promis...

MONTFRETIN, valsant.

Passez votre chemin, mon cher... je ne vous connais pas...

AMÉNAIDE, le quittant un instant et dansant sur place.

Vous ne le connaissez pas?.. Vcnard... votre ami intime !..

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