‹ La somnambule, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 20 sur 23 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

FREDERIC, DORMEUIL, tenant parla main CÉCILE, qui est en grande parure de mariée.

FRÉDÉRIC

Allons donc , papa, allons donc.

DORMEUIL

Ce n'est pas ma faute. . . Il y a une demi-heure que j'entre chez Cécile... il faut lui rendre justice , elle était déjà levée ; mais elle s'élait endormie sur une chaise , et il a fallu nous dépêcher... trois femmes-de-chambre... mais aussi j'espère... hein ! comment la trouvez-vous ?

FREDERIC

Ah ! que vous êtes heureux d'avoir des enfans comme ceux-là ! Je ne parle pas de votre gendre ; mais c'est un beau rôle que celui de père... ; les gants blancs..., Faîr respectable... J'aurais aimé à être père , moi... pour marier mes enfans, pour leur dire : Soyez heureux ! je vous unis... Enfin , vrai , si je n'étais pas moi... , je voudrais être vous... mais on ne peut pas cumuler... Ah çà ! les voitures sont-elles prêtes.

DORMEUIL

Pas encore.

FREDERIC

Eh bien ! qu'est-ce que vous faites donc, ça vous regarde ; vous, ma chère Cécile .. Voulez-vous donner vos ordres pour faire servir ici le déjeûner. {Vers le milieu de cette, scène, entrent quelques domestiques qui rangent le paravent et ouvrent toutes les fenêtres. On aperçoit le jardin; il fait grand jour.) Moi, je cours réveiller tout le monde... J'ai tant d'affaires que je ne sais en vérité... {A Cécile.) Ah ! dites-moi donc... une aventure charmante que je vais vous conter... Non, que je vous conterai demain... Vous qui connaissez les toilettes de toutes ces dames... savez-vous à qui appartient cet élégant fichu ?,.,

CÉCILE , le regardant.

C'est à moi.

Comment > c'est à vous ?

CÉCILE

Oui , j'en étais même en peine. Où donc l'avez -vous trouvé ?

FRÉDÉRIC , troublé et balbutiant.

Où je l'ai trouvé. . Mais là-bas dans le salon ; parce que peut-être ne savez-vous pas. . {A part.) Parbleu ! je rirais bien. . Le fait est qu'il n'est pas impossible , moi surtout qui ai toujours eu du malheur.

DORMEUIL

Eh bien ! venez-vous ?

FRÉDÉRIC

Eh ! sans doute.

Air : Mon cœur à V espoir s'abandonne (de Caroline.)

Allons réveiller tout le monde , Parcourons lout du haut en bas ; A ma voix il faut qu'on re'ponde :

Un jour de noce on ne dort pas.

A part.

Examinons avec prudence.

Tout voir et se taire est ma loi, Je suis e'poux ; il faut , je pense ; Remplir les devoirs de l'emploi.

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