SCENE V
Les PrécÉdens, SAINT-RAMBERT, OLIVIER, en uniforme de trompette de Mou.':quetaires.
« Bravo , mon camarade , dit Saint-Rambert à Edmond , ne vous dérangez pas. Voilà un gaillard bien heureux.
Edmond est étonné de la familiarité de l'étranger. « Que demande monsieur? — Le chemin du château. » Edmond lui montrant le poteau à gauche : « Par ici. — Y a-t-il bien loin ? — Deux lieues-
— Je n'irai jamais jusque là j je n'en peux plus cîe fatigue. »
— «Monsieur, dit Edmond, je serai trop heureux de vous offrir l'hospitalité, quoique j'aie beaucoup de monde, car c'est demain que je me marie. — Quoi! celle-ci est votre femme? — Oui, monsieur.
— Et celle-là?» (en montrant madame Gertrude.) Gertrude fait éclater son dépit , tandis que Saint- Bambert dit à Edmond : « Je ne veux pas vous déranger; voici une auberge, je m'y arrêterai. — C'est bien de l'honneur pour moi , » répond sèchement madame Gertrude. Olivier prend son maître à part, et lui fait observer qu'on l'attendra au château. « Peu m'importe, j'irai demain. Je suis fatigué, j'ai besoin de me reposer. D'ailleurs il y a de jolies femmes, je reste. — Mais, monsieur, dit Olivier, on sera inquiet. — Eh! bien, tu iras les prévenir. — Si encore je m'étais rafraîchi! — N est-ce que cela ? dit Edrnond, entre à la ferme ; on y aime les braves, on te donnera du vin. » Olivier accepte, et se promet, en regardant la servante de l'auberge , de lui conter fleurette. Marceline, qui a déjà fort bien accueilli les œillades et les complimens d'Olivier, témoigne de la joie de le voir rester. Il voudrait entrer à l'auberge , mais son maître lui liiit observer que c'est à la ferme qu'il est invité. Olivier , en portant le revers de la main à son bonnet, semble lui dire :« Suffit,.
mon colonel. » Saint - Ram])ert lui fait signe de 4>arder le silence, et de ne pas le faire connaître.